Auteur : clarus.news Source : clarus.news

Mode rédactionnel : CLARUS_ANALYSIS Recommandation d'index : INDEX Langue/Rôle : FULL_ANALYSIS Date de vérification des faits : 2026-03-09

Résumé

La compagnie aérienne suisse Swiss enregistre un quart de bénéfice en moins par rapport à l'année précédente malgré des chiffres record de passagers. Les raisons en sont les marchés volatiles, les coûts croissants et une situation sécuritaire tendue au Moyen-Orient, qui force l'annulation des vols vers Dubaï et Tel-Aviv. Le PDG Jens Fehlinger énumère des facteurs concrets : les tarifs douaniers américains réduisent la demande, les prix du kérosène augmentent, et la compagnie aérienne ne peut pas utiliser tous les avions achetés – faute de moteurs ou de pilotes disponibles. Parallèlement, Swiss est considérée comme le moteur de profit du groupe Lufthansa et investit massivement dans les services premium et les technologies durables.

Personnes

Thèmes

  • Risques géopolitiques – Moyen-Orient
  • Performance financière et profitabilité
  • Négociations salariales et conditions de travail
  • Objectifs climatiques et carburants durables
  • Tarifs douaniers américains et volatilité du marché

Clarus Lead

Swiss est sous pression : bien que 2025 ait enregistré des chiffres record de passagers, le bénéfice a chuté de 25 % à près de 500 millions de francs. Le PDG Fehlinger l'attribue à un environnement de marché volatil, à des coûts d'exploitation qui explosent et à la nouvelle situation de guerre au Moyen-Orient. Conséquence immédiate : les vols vers Dubaï (prévus à partir du 11 mars) et Tel-Aviv (au plus tôt le 22 mars) sont annulés. Pour les décideurs : la crise révèle la vulnérabilité structurelle de l'aviation européenne face aux chocs géopolitiques – et les limites des gains d'efficacité face aux augmentations de coûts.

Résumé détaillé

Situation de guerre et conséquences opérationnelles

La nouvelle escalade au Moyen-Orient force Swiss à réduire drastiquement son réseau de routes. Fehlinger insiste sur le fait que la sécurité est prioritaire : pour les vols vers Dubaï, il faut un aéroport stable, un contrôle aérien fonctionnel et – idéalement – un cessez-le-feu. Le 6 mars, date de l'interview, une reprise le 11 mars était « probablement pas un scénario réaliste ». Tel-Aviv reste fermée au moins jusqu'au 22 mars. Parallèlement, Swiss a dû organiser une mission d'évacuation : 211 Suisses ont été ramenés de Dubaï via Oman à Zurich – une équipe de 40 personnes a travaillé sans relâche. Un autre vol-cargo via Edelweiss a suivi le week-end. Sur un total estimé de 5000 Suisses bloqués, seule une fraction a pu être évacuée.

Impacts financiers et jeux de coûts

Le résultat de l'année précédente (690 millions de francs) n'est pas atteint. Fehlinger cite un ensemble de raisons : (1) Marché américain : les réservations ont été beaucoup plus courtes terme, la demande a baissé. (2) Concurrence des compagnies low-cost : les compagnies aériennes européennes à bas coût font baisser les prix. (3) Frais croissants : les frais de contrôle aérien ont augmenté de manière massive. (4) Coûts environnementaux : ils doublent chaque année. (5) Défaillances d'avions : les moteurs en révision et la pénurie de pilotes laissent les capacités au sol. (6) Carburant : bien qu'il y ait eu un allègement en 2024 grâce aux prix du pétrole plus bas, les prix augmentent maintenant à nouveau. Swiss couvre partiellement le risque par des achats anticipés de carburant (couverture carburant), mais ne peut pas compenser complètement les coûts croissants.

Conflit avec les pilotes et négociations salariales

Le problème central : les pilotes ont dénoncé la convention collective de travail fin 2025, car les améliorations promises n'ont pas été tenues – en particulier concernant la planification de la vie privée. Fehlinger reconnaît qu'on avait « trop d'espoir » dans les modèles de travail à temps partiel et les possibilités d'influence sur les horaires, qui n'étaient pas techniquement réalisables. Les négociations commencent en avril. Plus de 50 % de l'équipage du cockpit ne travaille actuellement pas à 100 %. Fehlinger souhaite plus de pilotes à temps plein pour mettre les avions en l'air – cela reste néanmoins une « décision individuelle ». Le groupe Lufthansa en tant que maison mère en profite : Swiss est la vache à lait et a dernièrement contribué pour un quart aux bénéfices du groupe.

Carburants durables et objectifs climatiques

Swiss s'engage à réduire de moitié les émissions d'ici 2030 (par rapport à la base 2019). Mesures concrètes : les nouveaux avions (Airbus 350) réduisent le CO₂ de 25 %, les trajets de vol efficaces, l'optimisation de l'altitude/vitesse. L'année dernière, Swiss a été la première compagnie aérienne à introduire un réservoir de carburant synthétique (avec Sinhilion). Mais la montée en puissance stagne : le carburant d'aviation durable (SAF) coûte 3 à 10 fois plus que le kérosène, les clients ne paient pas volontairement les suppléments, et en 2026, seul un mélange SAF de 2 % est réglementairement prescrit. Un petit plus : les films de surface en forme d'écailles de requin (technologie Lufthansa) économisent jusqu'à 1 % de traînée aérodynamique par vol long-courrier.

Déclarations clés

  • Bénéfice en baisse de 25 % malgré des chiffres record de passagers – un signe que le volume ne garantit pas la profitabilité
  • Les chocs géopolitiques sont immédiatement opérationnels : la guerre du Moyen-Orient ferme les itinéraires clés, force les routes alternatives et augmente les coûts de carburant
  • Crise structurelle des coûts : frais de contrôle aérien, exigences environnementales et prix volatiles du kérosène éclipsent les gains d'efficacité
  • La pénurie de pilotes est opérationnellement critique : plus de la moitié de l'équipage du cockpit à temps partiel ; les négociations salariales à partir d'avril sont décisives
  • Les carburants durables ne sont pas encore scalables : le SAF reste 3 à 10 fois plus cher ; l'obligation de mélange de 2 % ne suffit pas pour les objectifs climatiques
  • Swiss comme machine à profits du groupe : a contribué pour un quart aux bénéfices de Lufthansa, malgré une rentabilité décroissante

Questions critiques

  1. Qualité des preuves/données : Fehlinger mentionne « plus de 5000 Suisses bloqués » à Oman, mais n'en a évacué que 211 à la première mission. Sur quelle source se base le chiffre de 5000, et comment est-il mis à jour régulièrement ? S'agit-il de demandes enregistrées auprès du DFAE ou simplement d'estimations ?

  2. Conflits d'intérêts : Swiss est détenue à 51 % par le groupe Lufthansa. Dans quelle mesure les directives du groupe (par exemple en matière de rentabilité ou d'investissements) influencent-elles les décisions de Fehlinger indépendamment des intérêts suisses – par exemple en ce qui concerne la priorité des segments premium ?

  3. Causalité – baisse des bénéfices : Fehlinger attribue le résultat de -25 % à un « environnement de marché volatil » et à des « coûts croissants ». Quel pourcentage de la baisse est attribuable aux activités du marché américain, quel pourcentage à la concurrence européenne, et quel pourcentage aux coûts du personnel ? Une quantification rendrait l'affirmation vérifiable.

  4. Réalisabilité des objectifs climatiques : L'objectif est une réduction des émissions de moitié d'ici 2030. Actuellement, Swiss utilise 2 % de SAF (imposé réglementairement), les carburants synthétiques coûtent 3 à 10 fois plus cher. Quelles mesures concrètes (prix, politique, technologie) doivent intervenir pour que 2030 entraîne effectivement 50 % de réduction de CO₂ par kilomètre de vol ?

  5. Planification des ressources humaines sous pression : Plus de 50 % des pilotes sont à temps partiel. Fehlinger dit que ce sont des « décisions individuelles », mais négocie avec le syndicat pour créer plus de postes à temps plein. Les modèles de travail à temps partiel sont-ils vraiment volontaires, ou une pression a-t-elle été exercée pour réduire les coûts ?

  6. Durabilité vs modèle commercial : Swiss commercialise les vols Zurich-Barcelone pour 100 francs, bien que le train soit plus durable. Fehlinger argue du temps de trajet (3,5 h de train vs 2 h de vol incluant les correspondances). Une analyse de la vérité des coûts (incluant les externalités du CO₂) a-t-elle été effectuée, à partir de quel prix de billet le train serait-il compétitif ?

  7. Modèles de risque géopolitique : Fehlinger travaille avec une cellule de crise et le groupe Lufthansa. Quels indicateurs précoces auraient justifié une interdiction de réservation anticipée vers Dubaï/Tel-Aviv – et pourquoi ce risque n'a-t-il pas été communiqué aux clients avant l'escalade de la crise ?

  8. Croissance vs efficacité : Fehlinger promet une « croissance rentable » pour 2026/2027, pour voler davantage de vols elle-même (au lieu de via des partenaires Wetleys). Comment cette croissance sera-t-elle réalisée (nouvelles routes, fréquences plus élevées, avions plus grands), si en même temps il existe des goulots d'étranglement de pilotes et que des moteurs sont en révision ?


Autres informations

  • Évacuation au Moyen-Orient : Edelweiss et Swiss coordonnent les vols de retour ; environ 5000 Suisses encore bloqués à l'étranger.
  • Goulots d'étranglement de routage : en dehors de la route du Pôle Nord et du couloir Turquie-Azerbaïdjan, seul le chemin de l'Arabie Saoudite vers l'Asie ; les attaques de drones azerbaïdjanais pourraient rendre celui-ci encore plus étroit.

Répertoire des sources

Source primaire :

Tagesgespraech radio – Jens Fehlinger (PDG Swiss) en interviewSRF Radio (enregistrement 7 mars 2026, diffusion 8 mars 2026)

Statut de vérification : ✓ 2026-03-09


Ce texte a été créé avec l'aide d'un modèle d'IA.
Responsabilité éditoriale : clarus.news | Vérification des faits : 2026-03-09