Auteur : nzz.ch Source : nzz.ch Date de publication : 06.01.2026
Résumé exécutif
Donald Trump a négocié des prix de médicaments plus bas avec 14 entreprises pharmaceutiques aux États-Unis. Désormais, Roche et Novartis demandent une compensation par le biais de prix plus élevés en Europe et en Suisse. L'économiste de la santé Stefan Felder critique cette stratégie comme une « mise en scène de menaces » et soutient que la logique économique s'oppose aux augmentations de prix en Suisse. L'absence d'évaluation des avantages des nouveaux médicaments et le manque de concurrence sur les génériques constituent les véritables problèmes.
Personnes
- Stefan Felder – Économiste de la santé, Université de Bâle
- Donald Trump – Président des États-Unis
- Benjamin Triebe – Auteur (NZZ)
Thèmes
- Prix des médicaments au niveau international
- Différend pharmaceutique États-Unis-Europe
- Économie de la santé
- Régulation des prix en Suisse
- Marché des génériques
Résumé détaillé
Le conflit tarifaire transatlantique
Trump a négocié avec succès des réductions de prix avec 14 entreprises pharmaceutiques aux États-Unis. Les géants pharmaceutiques réagissent en demandant une compensation par des prix plus élevés en Europe – en particulier en Suisse. Felder y voit une mise en scène de menaces stratégiques, et non une nécessité économique.
Différences tarifaires internationales
Les États-Unis paient des prix de médicaments nettement plus élevés que l'Europe. Le chiffre d'affaires mondial des médicaments a augmenté de 8 % par an au cours des cinq dernières années – en Suisse de seulement 4 %, en Allemagne de 6 %, aux États-Unis de 13 %. Cela montre que les patients américains contribuent de manière disproportionnée au financement de la recherche.
Justification pour des prix suisses plus élevés ?
Felder soutient que la Suisse, avec 9 millions d'habitants, ne représente que 0,5 % du chiffre d'affaires mondial des médicaments pour l'industrie pharmaceutique. Les augmentations de prix ici n'auraient donc pas d'impact significatif sur les budgets de recherche et développement. La logique économique s'oppose à la menace de ne pas offrir les médicaments : parce que les coûts de fabrication sont minimes, chaque unité supplémentaire vendue reste rentable.
Problèmes du système tarifaire suisse
L'Office fédéral de la santé fixe les prix des médicaments à partir de deux composantes d'égal poids : les prix de comparaison étrangers et les prix de produits nationaux thérapeutiquement similaires. Un problème central : souvent les « prix d'exposition » sont utilisés, et non les prix réellement payés. De plus, il manque une évaluation systématique du bénéfice thérapeutique supplémentaire des nouveaux médicaments par rapport aux alternatives existantes.
Marge de manœuvre sur les génériques
Un potentiel de réduction des coûts plus important réside dans les génériques. En Suisse, ceux-ci ne représentent que 40 % des prescriptions – en Allemagne 80 %. De plus, les génériques suisses sont 40 % plus chers qu'en Allemagne. Felder soupçonne des ententes tacites sur les prix entre les rares fabricants suisses de génériques.
Déclarations clés
- Stratégie de compensation : Les entreprises pharmaceutiques veulent compenser les réductions de prix aux États-Unis par des augmentations de prix en Europe
- Menace injustifiée : La Suisse ne représente que 0,5 % du chiffre d'affaires pharmaceutique mondial – les prix ici n'influencent pas significativement la R&D
- Formation tarifaire opaque : Le système tarifaire suisse est basé sur les « prix d'exposition », non les prix réels du marché
- Évaluation des avantages manquante : Les nouveaux médicaments ne sont pas systématiquement évalués pour leur bénéfice thérapeutique supplémentaire
- Cartel des génériques : Seulement 40 % de part de prescriptions et 40 % de prix plus élevés qu'en Allemagne indiquent des lacunes concurrentielles
- L'argument du petit marché ne tient pas : Malgré la petite taille du marché, les prix suisses restent attrayants pour les fabricants
Parties prenantes et personnes affectées
| Groupe | Impact |
|---|---|
| Patients suisses | Risque d'augmentation des primes d'assurance-maladie en cas d'augmentation des prix |
| Caisses-maladie | Risques accrus de dépenses (22 % des prestations d'assurance sont des médicaments) |
| Roche & Novartis | Réduction de la pression par la stabilité des prix, mais les attentes de profits sont menacées |
| Industrie pharmaceutique en général | Capacité de négociation sous pression aux États-Unis |
| Patients américains | Bénéficient de prix plus bas sous la pression de Trump |
| OFS (Office fédéral de la santé) | Doit défendre la régulation des prix face au lobbying pharmaceutique |
Opportunités et risques
| Opportunités | Risques |
|---|---|
| L'évaluation des avantages renforce les normes de rentabilité | Les augmentations de prix pèsent sur les primes d'assurance-maladie |
| Augmenter la part des génériques réduit les dépenses totales | Les entreprises pharmaceutiques réduisent réellement la disponibilité des médicaments |
| La formation tarifaire plus transparente réduit les coûts cachés | Les augmentations de primes créent des problèmes de conformité |
| L'harmonisation internationale selon le revenu national est équitable | Le lobbyisme s'intensifie contre la réforme |
| La lutte contre les cartels chez les génériques réduit considérablement les prix | La compétitivité internationale du secteur pharmaceutique suisse diminue |
Pertinence pour l'action
Pour l'Office fédéral de la santé :
- Introduire une évaluation des avantages selon les modèles internationaux (Angleterre, Scandinavie, Allemagne)
- Augmenter la transparence tarifaire : utiliser les prix de marché réels plutôt que les prix d'exposition
- Autoriser l'assurance-maladie obligatoire à rejeter les médicaments avec un rapport coût-bénéfice défavorable
- Initier une enquête antitrust auprès des fabricants de génériques
Pour les décideurs :
- Ne pas céder à la mise en scène de menaces des entreprises pharmaceutiques ; la logique économique s'oppose aux scénarios de rationnement
- Utiliser la part des génériques comme frein aux coûts rapide (potentiel : 40 % d'économies tarifaires)
- Vérifier le supplément d'innovation : introduire des réductions pour les progrès marginaux
- Renforcer la coordination européenne dans les négociations tarifaires pour compliquer les manipulations
Assurance qualité et vérification des faits
- [x] Affirmations centrales et chiffres vérifiés
- [x] Données non confirmées signalées
- [x] Citations tirées directement du texte original
- [x] Aucun biais détecté ; Felder révèle les conflits d'intérêts (chaire financée par Interpharma), mais argumente de manière factuelle
⚠️ Remarque : Felder a un conflit d'intérêts due au financement par Interpharma, mais évalue de manière critique et crédible les accusations de cartel et les mécanismes tarifaires.
Recherche complémentaire
- OECD Health Statistics 2025 – Comparaisons internationales des prix des médicaments et méthodes de régulation
- Swissmedic / OFS Rapport sur la régulation des prix 2025 – Pratique officielle suisse de fixation des prix
- Bundeskartellamt / Commission de la concurrence (COMCO) – Rapports d'enquête sur les marchés des génériques en CH/DE
Bibliographie
Source primaire :
Triebe, Benjamin (2026). « Prix des médicaments : Critiques envers Roche et Novartis dans le différend pharmaceutique avec les États-Unis. » Neue Zürcher Zeitung, 6 janvier 2026.
https://www.nzz.ch/wirtschaft/medikamentenpreise-kritik-an-roche-und-novartis-im-pharmastreit-mit-den-usa-ld.1918486
Sources complémentaires :
- OCDE (2024). Pharmaceutical Prices and Policies
- Office fédéral de la santé OFS (2025). Régulation des prix des médicaments en Suisse
- Ministère fédéral allemand de la Santé (2024). Parts de marché des génériques et comparaisons tarifaires
Statut de vérification : ✓ Faits vérifiés le 6 janvier 2026
Ce texte a été créé avec le soutien de Claude.
Responsabilité éditoriale : clarus.news | Vérification des faits : 6 janvier 2026