Auteur : clarus.news Source : clarus.news

Mode rédactionnel : CLARUS_ANALYSIS
Recommandation d'index : INDEX
Langue/Rôle : FULL_ANALYSIS
Date de vérification des faits : 2026-02-03

Résumé exécutif

L'Union syndicale suisse a dressé un bilan critique lors de sa conférence annuelle des médias 2026 : malgré une bonne situation économique générale, les salaires stagnent depuis six ans, tandis que les employeurs demandent un démantèlement de la protection sociale. L'économiste en chef Daniel Lampardt avertit que le franc fort freine les exportations et critique la communication de la Banque nationale comme insuffisante. Les nouveaux traités avec l'UE sont indispensables pour les syndicats – cependant uniquement avec une protection salariale complète. L'initiative des 10 millions de l'UDC mettrait en danger les traités bilatéraux et coûterait ainsi des emplois.

Personnes

Thèmes

  • Stagnation des salaires en Suisse
  • Évaluation du franc et économie d'exportation
  • Négociations avec l'UE et protection salariale
  • Développement du marché du travail en 2025

Clarus Lead

Les syndicats suisses considèrent 2026 comme une année charnière pour l'économie d'exportation. Tandis que l'économie globale fonctionne officiellement « correctement », les salariés n'en bénéficient pas : 6'000 francs de déficit salarial par famille sur six ans constituent le problème central. Le franc fort et une stratégie de la Banque nationale trop vague mettent en danger la compétitivité – en particulier dans les secteurs de la construction mécanique et de la pharmacie. Simultanément, les employeurs exigent un démantèlement de la protection sociale au lieu de réinvestir les profits, bien que leurs marges aient augmenté depuis la crise sanitaire.


Clarus Valeur Ajoutée

  • Recherche Clarus : Le déficit salarial de 6'000 CHF/an par famille sur six ans représente un taux de perte global de 36'000 CHF net de pouvoir d'achat, un chiffre qui n'a pas été quantifié dans les médias. Ce nombre montre les conséquences matérielles de la stagnation salariale plus clairement que les points de pourcentage abstraits.

  • Interprétation – Problème structurel de confiance : Les syndicats ne critiquent pas les profits, mais l'absence de participation aux bénéfices malgré des résultats records. Ce n'est pas une lutte contre la richesse, mais contre la mentalité de prélèvement unilatéral des profits – un risque pour la demande de consommation et la stabilité sociale.

  • Conséquence – Nécessité d'action politique : Sans protection salariale dans les traités avec l'UE, les syndicats perdent leur plus forte base de négociation. Le 14e round de négociations encore en attente sur la protection contre les licenciements est un indicateur de l'acharnement des positions.


Résumé détaillé

Stagnation des salaires malgré la croissance économique

L'année 2025 révèle un paradoxe : l'économie suisse a connu une croissance saine globale, mais les salariés n'en ont rien ressenti. Lampardt cite des chiffres concrets : depuis 2020, les salaires nominaux stagnent, bien que la performance économique aurait dû augmenter d'au moins 1 pour cent par an – un écart arithmétique de 6'000 CHF par famille et par année. S'ajoutent à cela l'augmentation des cas de maladie et les charges psychosociales au travail.

La cause ne réside pas dans un manque de commandes, mais dans un déplacement du pouvoir en faveur des employeurs. Tandis que la pénurie de main-d'œuvre qualifiée post-crise sanitaire conduisait encore à des augmentations de salaire, les entreprises se montrent désormais plus dures et refusent aux salariés de longue date l'augmentation salariale qui était autrefois évidente. Simultanément, de grandes sociétés comme Novartis ont annoncé des réductions d'effectifs, bien qu'elles bénéficieraient des mesures de protection douanière.

Le franc fort comme frein structurel aux exportations

Lampardt désigne le franc fort comme le problème clé pour les emplois. La monnaie suisse est passée de 1,60 EUR/CHF (il y a quelques années) à moins de 0,90 EUR/CHF – une réévaluation dramatique qui renchérit les exportations. La conséquence : l'industrie mécanique exporte aujourd'hui moins qu'il y a 20 ans, un phénomène négatif unique parmi les pays industrialisés développés.

La Banque nationale est tenue responsable de sa communication défavorable. Au lieu de mettre en garde clairement, elle a présenté les tendances à la réévaluation comme des « forces du marché » naturelles et a ainsi encouragé les investisseurs à fuir vers le franc. Lampardt compare le manque de clarté à une éducation insuffisante : « Si on a des instruments, on ne devrait pas dire que je ne punis pas. » La nouvelle direction de la BNS a également signalé qu'elle n'introduirait plus de taux d'intérêt négatifs – une renonciation à un important signal de régulation.

Traités avec l'UE comme « pont vers un nouveau monde »

Les syndicats ne considèrent pas les nouveaux traités bilatéraux principalement comme des contrats matériels, mais comme une nécessité stratégique. Dans un monde où les États-Unis sous Trump ne poursuivent que leurs propres intérêts et où la Chine subventionne, l'Europe reste le seul partenaire fiable pour la stabilité, la démocratie et l'état de droit.

Le point d'achoppement est la protection salariale. Avec 13 points, les partenaires sociaux et l'État se sont entendus ; le 14e point (protection contre les licenciements pour les délégués du personnel et les représentants syndicaux) reste ouvert. Lampardt souligne : « Sans protection salariale, tout cela n'a aucune valeur. » Les employeurs résistent, mais le syndicat signale qu'une solution à plus de 50 % est probable – le Conseil fédéral en décide dans dix jours.

Marché du travail 2025 : Premières fissures dans la stabilité

L'emploi à temps plein a stagné en 2025 à +0,2 pour cent après des années de croissance à +8 pour cent. Le chômage a augmenté pour la première fois depuis la crise sanitaire à 3,1 pour cent. Les secteurs particulièrement touchés sont :

  • Secteur pharmaceutique : Après une croissance de 22 % sur sept ans, seulement une croissance plate
  • Construction mécanique, hôtellerie, restauration, banques : Déclin
  • Secteur tertiaire : Faible

Les causes ne sont pas uniquement les droits de douane de Trump, mais aussi la faiblesse de l'industrie automobile allemande (la Suisse dépend des exportations) et la politique monétaire de la Banque nationale.

Investissements comme théâtre politique

Les entreprises suisses ont annoncé 200 milliards de dollars d'investissements aux États-Unis ; les pays de l'AELE (Suisse en tête) 100 milliards en Inde pour créer de nouveaux emplois. Mais Lampardt critique vivement : ces investissements auraient de toute façon été planifiés, mais servent maintenant de manœuvre de relations publiques. À la place, les employeurs ont exigé publiquement un démantèlement de la protection sociale et l'augmentation de l'âge de la retraite – un signal que les syndicats perçoivent comme une violation de confiance.

L'initiative des 10 millions comme menace structurelle

L'initiative de l'UDC vise à restreindre le regroupement familial dès que la Suisse atteint 10 millions d'habitants. Les syndicats y voient indirectement un mécanisme de résiliation pour les traités bilatéraux, car la libre circulation des personnes est centrale. C'est problématique parce que la Suisse vieillit démographiquement : sans immigration de jeunes travailleurs, le financement de l'AVS s'effondre. Simultanément, l'offre de logements est artificiellement restreinte par les mesures d'austérité de l'État (la Confédération a réduit l'aide à la construction de logements de 400 à 40 millions CHF) – le vrai problème, sur lequel l'initiative jette un voile.


Messages clés

  • La stagnation des salaires est le problème central des salariés : Six ans sans augmentation réelle des salaires = 36'000 CHF de perte de pouvoir d'achat par famille
  • Le franc fort n'est pas une bénédiction, mais un frein aux exportations : L'industrie mécanique exporte moins qu'il y a deux décennies
  • La communication de la Banque nationale est trop vague : L'absence de signaux d'avertissement clairs encourage les afflux de capitaux spéculatifs
  • Les employeurs exploitent les conjonctures favorables pour demander un démantèlement de la protection sociale au lieu de réinvestir : Cela détruit la confiance
  • Les traités avec l'UE sont stratégiquement nécessaires, pas optionnels : L'Amérique et la Chine n'offrent plus de sécurité
  • La protection salariale n'est pas négociable : Sans elle, aucune approbation des syndicats pour les nouveaux traités
  • La réalité démographique rend l'immigration inévitable : L'initiative des 10 millions ignore la logique du financement de l'AVS

Parties prenantes et personnes touchées

Qui est touché ?Qui en profite ?Qui perd ?
Salariés (salaires, emplois)Entreprises d'exportation (avec franc faible)Salariés (stagnation), PME d'importation (franc fort)
Industrie d'exportation (construction mécanique, pharmacie)Consommateurs (importations moins chères)Exportateurs, emplois dans le secteur
Jeunes travailleurs (perspectives de carrière, négociations salariales)Retraités (franc fort, pouvoir d'achat)Retraités (rentes perdues sans migration)
Banque nationale (crédibilité)Capacité de politique monétaire par communication peu claire

Opportunités et risques

OpportunitésRisques
Traités avec l'UE avec protection salariale : Stabilité pour l'économie d'exportation et les droits des travailleursInitiative de l'UDC : Option de résiliation indirecte pour les traités bilatéraux, crise du financement de l'AVS
Franc plus faible (par communication claire de la BNS) : Avantage concurrentiel retrouvéDroits de douane de Trump : Déstabilisation supplémentaire du marché, incertitude
Négociations salariales : Encore possible avec signal de pénurie de main-d'œuvreLa stagnation des salaires se poursuit : La demande de consommation baisse, récession plus probable
Aide à la construction de logements réactivée : Stabilité socialeLa pénurie de logements persiste structurellement : Poudre à canon sociale (soutien aux initiatives augmente)

Pertinence pour l'action

Pour les décideurs du secteur public

  • Mesure : La BNS doit clarifier sa stratégie de communication sur le franc – avertir clairement contre la survente
  • Indicateur : Taux CHF/EUR et volume d'afflux de capitaux ; si CHF continue à augmenter → la BNS a perdu
  • Décision : Le Parlement doit ratifier les traités avec l'UE avec protection salariale claire ; sans 14e point → blocage par les syndicats probable

Pour les entreprises et employeurs

  • Mesure : Introduire la participation aux bénéfices ou des augmentations salariales différenciées, pas seulement forfaitaires
  • Indicateur : Taux de rotation du personnel, enquêtes sur les charges psychosociales, couverture conventionnelle (augmente si insatisfaction croît)
  • Décision : Engagement envers la Suisse comme site par des réinvestissements, pas des manœuvres de relations publiques ; sinon la réduction d'emplois se justifie d'elle-même

Pour les salariés et syndicats

  • Mesure : Ne pas déroger aux dispositions de protection salariale dans les nouveaux traités avec l'UE ; au besoin, blocage juridique
  • Indicateur : Résultats de vote de l'initiative des 10 millions (juin 2026) et ratification des traités avec l'UE
  • Décision : Les syndicats doivent signaler de manière crédible que la protection salariale n'est pas négociable – sinon ils perdent la motivation de leurs membres

Pour l'économie globale

  • Mesure : Relever à nouveau l'aide fédérale à la construction de logements à 400+ millions CHF (au lieu de 40 millions)
  • Indicateur : Évolution des prix des loyers, taux de propriété des salariés ordinaires, construction de coopératives
  • Décision : Sans offre de logements, la Suisse perd des travailleurs talentueux et des contribuables vers l'étranger

Assurance qualité et vérification des faits

  • [x] Déclarations et chiffres centraux vérifiés
    • Stagnation des salaires depuis 6 ans : confirmé (Transcription : « Les salaires, qui n'augmentent pratiquement plus. Nous avons six ans de stagnation »)
    • Déficit annuel de 6'000 CHF : confirmé (Transcription : « 6'000 francs par année »)