Auteur : news.admin.ch Source : news.admin.ch Date de publication : Communiqué de pressePublié le 26 novembre 2025
Auteur : Administration fédérale de la Confédération suisse
Source : news.admin.ch
Date de publication : 26 novembre 2025
Temps de lecture du résumé : 4 minutes
Résumé exécutif
Le Conseil fédéral suisse établit un groupe de travail interdépartemental pour lutter contre les activités d'influence étatiques et la désinformation – une réaction directe aux menaces hybrides croissantes d'acteurs étrangers. Le groupe, coordonné par le Département de la défense (DDPS), doit développer des mesures préventives, renforcer la résilience des institutions démocratiques et endiguer la répression transnationale contre les personnes vivant en Suisse. Question critique : Comment protéger la liberté de la presse et la diversité d'opinion pendant que les autorités étatiques décident de ce qu'est la « désinformation » ? L'équilibre entre sécurité et liberté doit être défini de manière transparente.
Questions directrices critiques
1. Qui définit la « désinformation » – et qui contrôle les contrôleurs ?
La création d'un organe de coordination étatique soulève des questions fondamentales sur le pouvoir de définition : Où se situe la frontière entre formation d'opinion politique légitime, journalisme d'investigation et « activités d'influence » ? Quels mécanismes de transparence et de responsabilité empêcheront ce groupe de devenir lui-même un instrument de promotion d'intérêts politiques ?
2. La résilience et la sensibilisation suffisent-elles – ou une censure préventive menace-t-elle ?
Le Conseil fédéral met l'accent sur la « sensibilisation » et le « renforcement de la résilience ». Mais quels droits d'intervention concrets le groupe de travail recevra-t-il ? Existe-t-il des plans de modération de contenu, de régulation des plateformes ou de sanctions contre les médias ? La liberté des citoyens de se forger leur propre opinion – même « erronée » – ne doit pas être sacrifiée au nom de la sécurité.
3. Quelle est la crédibilité de la Suisse dans la lutte contre la désinformation tout en maintenant l'opacité ?
La Suisse se positionne comme gardienne des valeurs démocratiques, tout en maintenant le secret bancaire, un financement des partis opaque et une absence de transparence du lobbying. Le nouveau groupe de travail fait-il partie d'une stratégie démocratique crédible – ou est-il un instrument sélectif contre les adversaires extérieurs dans un contexte d'opacité intérieure ?
Analyse de scénarios : Perspectives d'avenir
Court terme (1 an) :
Le groupe de travail établit des structures de surveillance et définit des scénarios de menace. Les premières campagnes de sensibilisation ciblent les autorités et possiblement les médias. Risque : Sans base juridique claire, des processus décisionnels opaques menacent et une perte de confiance de la société civile et des médias.
Moyen terme (5 ans) :
La Suisse pourrait suivre les réglementations de l'UE comme le Digital Services Act et obliger les opérateurs de plateformes à coopérer. La coopération internationale avec les États de l'OTAN s'intensifie. Opportunité : Renforcement de la souveraineté numérique et des compétences citoyennes. Risque : Normalisation insidieuse du pouvoir d'interprétation étatique de la « vérité ».
Long terme (10-20 ans) :
Les menaces hybrides fusionnent avec la désinformation assistée par IA et des systèmes de propagande autonomes. La Suisse doit naviguer entre capacité de défense technologique et maintien des valeurs libérales. Danger : Les réflexes défensifs autoritaires sapent les valeurs mêmes qu'ils sont censés protéger.
Résumé principal
Thème central & Contexte
Le Conseil fédéral suisse réagit aux menaces hybrides croissantes d'États étrangers qui cherchent à déstabiliser la démocratie suisse par la désinformation, la propagande et la répression transnationale. Le nouveau groupe de travail interdépartemental (GTID) doit regrouper analyse, coordination et contre-mesures – une mise en œuvre directe des demandes parlementaires de 2022 et 2020.
Faits et chiffres principaux
- Décision : Conseil fédéral du 26 novembre 2025
- Mandat : Mise en œuvre du postulat 22.3006 de la Commission de la politique de sécurité du Conseil national
- Direction : Secrétariat d'État à la politique de sécurité (SEPS) au DDPS
- Départements impliqués : DDPS, DFAE, DEFR, DETEC, DFJP, Chancellerie fédérale, Réseau national de sécurité
- Mission : Coordination, analyse de situation, développement de mesures, sensibilisation
- Situation de menace : « Certains États » mènent des activités d'influence contre la Suisse [⚠️ Aucune mention d'acteurs concrets]
- Rapports de référence : Rapport du Conseil fédéral du 19.6.2024 (désinformation) et du 12.2.2025 (personnes tibétaines/ouïghoures)
Parties prenantes & Personnes concernées
- Directement concernés : Autorités suisses, médias, société civile, communautés diasporiques (Tibétains, Ouïghours)
- Impliqués : Autorités de sécurité, service de renseignement, politique étrangère, milieu scientifique
- Potentiellement concernés : Citoyens et citoyennes (liberté d'opinion, autonomie informationnelle)
Opportunités & Risques
Opportunités :
- Renforcement de la résilience démocratique par une sensibilisation coordonnée et une compétence médiatique
- Protection des groupes vulnérables contre la répression transnationale
- Compatibilité internationale dans la défense contre les menaces hybrides
Risques :
- Pouvoir de définition sans contrôle démocratique : Qui décide de ce qu'est la « désinformation » ?
- Dérive de la mission : Extension aux discours de politique intérieure et aux médias critiques
- Perte de confiance : Les « ministères de la vérité » étatiques sapent la démocratie libérale
- Manque de transparence : Aucune base juridique claire ou mécanisme de surveillance visible
Pertinence pour l'action
Les décideurs devraient :
- Exiger la transparence : Quels critères s'appliquent ? Qui a accès au travail du GTID ?
- Établir la sécurité juridique : Une base législative formelle et un contrôle parlementaire sont indispensables
- Impliquer la société civile : Médias, ONG et milieu scientifique doivent participer sur un pied d'égalité
- Examiner les normes internationales : Orientation vers les principes de l'OSCE sur la liberté d'expression
Urgence : Modérée. Le GTID est opérationnel, mais les mesures concrètes restent à venir. Il y a maintenant une opportunité d'établir des garde-fous de l'État de droit.
Assurance qualité & Vérification des faits
- ✅ Date de publication confirmée : 26 novembre 2025, Administration fédérale
- ✅ Postulats vérifiés : 22.3006 (CPS-N) et 20.4333 (Tibet/Ouïghours)
- ⚠️ Aucune mention d'États concrets – politiquement compréhensible, mais analytiquement insatisfaisant
- ⚠️ Aucune indication sur le budget, la base juridique ou les procédures de recours
Recherche complémentaire
1. Principes de l'OSCE sur la lutte contre la désinformation :
OSCE Guidelines on Freedom of Expression – Normes internationales sur la liberté d'expression et la désinformation
2. EU Digital Services Act (DSA) :
Commission européenne – Approches réglementaires comparables dans l'UE
3. Reporters sans frontières – Suisse :
Classement de la liberté de la presse 2025 – Contexte sur la liberté des médias en Suisse [⚠️ À vérifier : position actuelle]
Liste des sources
Source primaire :
Communiqué de presse du Conseil fédéral du 26.11.2025
Sources complémentaires :
- Conseil fédéral, « Activités d'influence et désinformation », 19.6.2024
- Conseil fédéral, « Situation des personnes tibétaines et ouïghoures en Suisse », 12.2.2025
- OSCE Office for Democratic Institutions and Human Rights (ODIHR)
Statut de vérification : ✅ Faits vérifiés le 26 novembre 2025
Boussole journalistique
🔍 Le pouvoir a été remis en question de manière critique : Le pouvoir de définition de la « désinformation » comporte un potentiel d'abus.
⚖️ Liberté et responsabilité individuelle : La résilience par l'éducation plutôt que le paternalisme doit être prioritaire.
🕊️ La transparence fait défaut : Base juridique, budget et mécanismes de contrôle ne sont pas clairs.
💡 Le résumé incite à la réflexion : La sécurité ne doit pas se faire au détriment de la liberté.
Version : 1.0
Contact : [email protected]
Licence : CC-BY 4.0
Dernière mise à jour : 26 novembre 2025