Auteur : nzz.ch Source : nzz.ch Date de publication : 13.04.2026
Mode rédactionnel : CLARUS_ANALYSIS Recommandation d'indexation : INDEX Langue/Rôle : FULL_ANALYSIS Date de vérification des faits : 13.04.2026
Résumé exécutif
La ministre de la Santé Elisabeth Baume-Schneider a présenté en novembre 2025 un avant-projet de loi pour un nouveau Dossier électronique de santé (DES) destiné à remplacer le dossier électronique du patient (DEP) qui a échoué. L'avant-projet prévoit que toutes les personnes domiciliées en Suisse reçoivent automatiquement un dossier, mais peuvent le refuser ou le supprimer. Malgré cette amélioration, des experts comme Samuel Eglin et Felix Schneuwly critiquent fondamentalement le projet en raison du maintien du caractère volontaire pour les patients et les prestataires. L'ancien DEP a échoué après 20 ans : seul environ 1,4 pour cent de la population l'utilise – bien en deçà de la masse critique nécessaire de 30 pour cent.
Personnes
- Elisabeth Baume-Schneider (ministre de la Santé)
- Samuel Eglin (expert en santé, ancien directeur général Axsana AG)
- Felix Schneuwly (Public Affairs Comparis, expert en politique de la santé)
Thèmes
- Numérisation du secteur de la santé
- Dossier électronique du patient
- Législation suisse
- Protection des données et souveraineté des données
- Politique sanitaire
Clarus Lead
L'avant-projet de loi révèle un dilemme classique de la politique de numérisation : le Conseil fédéral mise sur le caractère volontaire pour assurer l'acceptation politique (comme lors du référendum sur l'e-ID en 2025), mais compromet ainsi le fonctionnement technique du système. Les experts avertissent que le DES sans principes obligatoires – tant pour les patients que pour les prestataires – deviendra le prochain gouffre financier. Cela soulève la question de savoir si un dossier patient volontaire et décentralisé a réellement un sens comme tâche de l'État.
Résumé détaillé
L'ancien DEP est considéré comme un exemple négatif de la politique de numérisation suisse. Après près de 20 ans de développement, seul environ 133 000 personnes (1,4 pour cent) disposent d'un dossier. Dès 2022, Samuel Eglin avait prédit l'échec : la combinaison de structures décentralisées, de participation volontaire pour les patients et les prestataires, ainsi que d'un financement non clarifié n'était pas viable. Sa prophétie s'est avérée juste – même les hôpitaux et les établissements de soins, légalement obligés de participer, ne se sont pas engagés de manière généralisée.
Le nouvel avant-projet du Conseil fédéral repose sur une ouverture automatique : les cantons informent complètement tous les citoyens, qui peuvent s'y opposer. Malgré cette amélioration, des faiblesses essentielles subsistent. Eglin critique trois points : premièrement la solution d'opposition « doublement cousue », qui est administrativement coûteuse mais n'apporte que de la confusion à l'utilisateur. Deuxièmement, l'absence de souveraineté des données : les patients continuent à décider quelles données sont accessibles – le DES devient une « Dropbox de santé » gratuite plutôt qu'une source d'information fiable pour les médecins. Troisièmement, Eglin demande un principe de solidarité en matière de données : ceux qui bénéficient du système de santé financé solidairement doivent rendre accessibles toutes les données pertinentes pour le traitement.
Felix Schneuwly va plus loin. Il propose d'abandonner un dossier patient étatique et de se concentrer plutôt sur des normes numériques contraignantes (projet Digisanté). Le DES est « sympa à avoir », mais n'a pas de priorité compte tenu des contraintes budgétaires de l'État. Son modèle : le Danemark. Le pays dispose d'une autorité centrale de santé numérique nationale (Danish Health Data Authority), d'une participation obligatoire, d'une couverture quasi-totale et de contrôles de transparence complets avec des sanctions échelonnées en cas d'abus.
Un sondage GfS récent montre cependant une acceptation croissante : 25 pour cent soutiennent le stockage électronique sans restriction, 47 pour cent supplémentaires y sont favorables. Le camp des critiques et des indécis se réduit à 28 pour cent – la valeur la plus basse depuis 2020. La viabilité politique d'un système obligatoire reste cependant douteuse, après que le référendum sur l'e-ID ait été approuvé de justesse.
Points clés
Le nouveau DES conserve la faiblesse centrale de l'ancien DEP : le caractère volontaire pour les patients et les prestataires, sans pouvoir atteindre la masse critique de 30 pour cent d'utilisation nécessaire.
Les experts demandent soit un principe de solidarité en matière de données (avec possibilité de veto au lieu d'une logique d'opt-in), soit la priorité aux normes de numérisation plutôt qu'à un dossier central.
Le modèle danois montre une alternative : gestion des données centrale et obligatoire avec contrôles de transparence au lieu d'un système décentralisé et volontaire.
L'acceptation par la population du stockage des données de santé augmente, mais la faisabilité politique d'un système obligatoire reste incertaine après le oui de peu à l'e-ID.
Questions critiques
Qualité des preuves : L'échec de l'ancien DEP est justifié par « 1,4 pour cent d'utilisation » et « masse critique à partir de 30 pour cent » – sur quels comparaisons de systèmes ce seuil de 30 pour cent est-il basé concrètement ?
Conflits d'intérêts : Samuel Eglin était directeur général d'Axsana AG (maintenant filiale de La Poste), qui était impliquée dans le DEP – ce lien contribue-t-il à sa critique actuelle ou est-il sans pertinence ?
Causalité : L'échec du DES est-il causé par le caractère volontaire ou par une mauvaise expérience utilisateur, une offre insuffisante de prestataires ou une technologie trop complexe ? Le texte ne distingue pas clairement.
Faisabilité : La solution d'opposition coûte « des millions » selon Eglin – d'où vient cette estimation, et à quel point le budget global de « dizaines de millions » de la Confédération est-il réaliste ?
Alternatives : La proposition de Schneuwly d'abandonner le DES et de prioriser Digisanté – ce compromis est-il politiquement négociable ou déjà décidé ?
Comparaison avec le Danemark : Le Danemark a une souveraineté des données centrale, la Suisse un système fédéraliste décentralisé – le modèle danois est-il légalement et structurellement transférable à la Suisse ?
Répertoire des sources
Source primaire : Dossier patient numérique : pourquoi les plans de Baume-Schneider sont critiqués – NZZ, 13.04.2026
Statut de vérification : ✓ 13.04.2026
Ce texte a été rédigé avec l'aide d'un modèle d'IA. Responsabilité éditoriale : clarus.news | Vérification des faits : 13.04.2026