Auteur : nzz.ch Source : nzz.ch Date de publication : 04.01.2026

Résumé court

L'AfD se positionne en 2026 comme une force du changement économique avec des promesses de réductions d'impôts, d'augmentations des pensions et d'un retour au gaz russe. Cependant, des économistes de premier plan comme Knut Bergmann de l'Institut de l'économie allemande (IW) et Marcel Fratzscher de l'Institut allemand de recherche économique (DIW) qualifient le programme de « poison politique économique » et de « slogans contradictoires ». Le parti promet des dépenses beaucoup plus élevées tout en réduisant drastiquement les revenus – un compte qui ne s'équilibre pas.

Personnes

  • Leif-Erik Holm – Porte-parole de la politique économique du groupe parlementaire AfD au Bundestag
  • Knut Bergmann – Économiste, Institut de l'économie allemande
  • Marcel Fratzscher – Président de l'Institut allemand de recherche économique

Thèmes

  • Finançabilité du programme économique de l'AfD
  • Politique énergétique et retour au gaz russe
  • Migration et remigration
  • Sortie de l'UE et ses conséquences économiques
  • Politique fiscale et justice sociale

Résumé détaillé

Contexte et année électorale 2026

Le porte-parole de la politique économique de l'AfD, Leif-Erik Holm, souligne dans ses entretiens avec le NZZ am Sonntag le thème central de son parti : la « libération » par moins d'État, moins d'impôts et moins de bureaucratie. L'année 2026 doit être une année décisive pour l'AfD – cinq élections régionales sont prévues, et les sondages indiquent des gains considérables. En Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat, le parti pourrait passer de moins de 10 à plus de 20 pour cent. Les élections en Saxe-Anhalt et en Mecklembourg-Poméranie en septembre sont particulièrement importantes, où l'AfD est mesurée à 40 et 38 pour cent respectivement – ce qui équivaut à la force la plus importante de loin. Une majorité des Allemands (53 pour cent) s'attend à ce qu'il y ait un ministre-président de l'AfD en 2026.

La promesse : un soulagement en tous points

Le programme d'urgence de l'AfD, appelé « Plan pour l'Allemagne », promet un « programme de libération » pour l'économie. Holm concrétise cela : réduction de la taxe sur l'électricité, de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés. Parallèlement, les pensions devraient être relevées à 70 pour cent du revenu à moyen terme – contre le niveau actuel de 48 pour cent. La coalition noir-rouge aurait presque éclaté selon l'article sur les coûts associés de jusqu'à 15 milliards d'euros par an.

Critique : un calcul contradictoire

Knut Bergmann de l'IW appelle le programme « un assemblage de poison politique économique ». Bien qu'il admette que certains points peuvent être économiquement judicieux, dans l'ensemble, c'est « contradictoire, incohérent et économiquement dommageable ». La critique centrale : les revenus massivment baissent, les dépenses massivment augmentent. Bergmann constate que cela mène à la « voie rapide vers la faillite de l'État ».

Marcel Fratzscher, président du DIW, arrive à des conclusions similaires : l'AfD veut à la fois dépenser plus d'argent, réduire massivement les impôts et respecter le frein à l'endettement – financièrement impossible. Fratzscher caractérise le programme non comme un véritable concept, mais comme une « collection vague de slogans contradictoires ».

Politique énergétique : retour à l'énergie nucléaire et au gaz russe

L'AfD rend la transition énergétique responsable des prix élevés de l'électricité et l'appelle une « folie qui ne fonctionne ni d'un côté ni de l'autre ». La solution : retour à l'énergie nucléaire et au gaz russe. Holm soutient que l'Allemagne est le « contresens politique énergétique en Europe » et désigne le gaz russe comme « sans concurrence à bas prix ». Après la fin de la guerre, le gazoduc Nord Stream endommagé devrait être réparé.

Bergmann considère ce plan comme « économiquement aussi absurde que géopolitiquement ». L'Allemagne ne peut pas dépendre d'un État en guerre. Le DIW met en garde contre les investissements de milliards de dollars par l'annulation de la transition énergétique. Fratzscher parle d'« incompétence ou de désinformation intentionnelle » – représenter les énergies renouvelables comme inefficaces est simplement faux.

Migration : dissuasion plutôt qu'intégration

L'AfD utilise régulièrement des termes comme « remigration » pour faire la publicité. Les experts avertissent que cette rhétorique hostile à la migration dissuade déjà les migrants qualifiés. Bergmann souligne que sans l'immigration de ces dernières années, de nombreuses régions de l'Allemagne de l'Est n'auraient pas connu de croissance de l'emploi. Fratzscher critique que la politique économique de l'AfD « détruit les piliers fondamentaux du succès – l'ouverture, l'industrie, le secteur des PME ». L'institut Ifo de Munich avertit d'une « politique d'isolationnisme » qui pourrait « rejeter la prospérité de décennies ».

Sortie de l'UE : une catastrophe économique majeure

Holm rejette l'« UE sous sa forme actuelle » et demande un retour à une communauté économique européenne. Cependant, Bergmann soutient que la sortie de l'UE en serait la conséquence logique – et cela serait « une folie économique ». Selon les calculs de l'IW, cette mesure coûterait 690 milliards d'euros de performance économique et détruirait jusqu'à 2,5 millions d'emplois.

Fratzscher appelle le « Dexit » une « catastrophe économique majeure » qui détruirait les chaînes d'approvisionnement, ferait s'effondrer les exportations et entraînerait l'Allemagne dans la désindustrialisation. Une étude récente de l'IW montre que près de 70 pour cent des exportations allemandes vont vers les partenaires commerciaux européens – l'importance de l'Europe a encore augmenté sous les droits de douane de Trump et les relations tendues avec la Chine.

Politique fiscale : justice paradoxale

L'AfD se présente comme le parti des gens ordinaires qui travaillent dur, mais Bergmann montre que les plans fiscaux favorisent en réalité les riches : abolition de l'impôt sur les successions, réduction de l'impôt sur les sociétés, allègement des revenus les plus élevés. Fratzscher appelle cela le « paradoxe de l'AfD » : un parti qui prétend se battre pour les défavorisés tout en « distribuant les plus grands cadeaux aux riches et aux grandes entreprises ».

Messages clés

  • L'AfD promet une « libération » de l'économie par des réductions d'impôts, des augmentations de pensions et la dérèglementation, mais les économistes de premier plan considèrent que le programme est financièrement impossible et économiquement dommageable.

  • Le problème central : une baisse massive des revenus associée à une augmentation massive des dépenses mène directement au scénario de faillite de l'État, selon Bergmann et Fratzscher.

  • Le retour prévu au gaz russe et à l'énergie nucléaire est critiqué comme absurde d'un point de vue géopolitique et coûteux ; les énergies renouvelables ne sont pas inefficaces, mais essentielles à la compétitivité.

  • La rhétorique hostile à la migration de l'AfD dissuade déjà les professionnels qualifiés dont la croissance économique a besoin, en particulier en Allemagne de l'Est.

  • Une sortie de l'UE coûterait, selon les calculs, 690 milliards d'euros de performance économique et détruirait jusqu'à 2,5 millions d'emplois – les marchés européens sont essentiels pour 70 pour cent des exportations allemandes.

  • Les plans fiscaux de l'AfD favorisent en fait les riches et les grandes entreprises, et non les « gens ordinaires » que le parti prétend représenter.

  • Les experts caractérisent le programme économique de l'AfD comme une « collection vague de slogans contradictoires » sans financement réaliste véritable ni cohérence économique.


Métadonnées

Langue : Français
Date de publication : 04.01.2026
Source : https://www.nzz.ch/international/2026-ist-das-jahr-der-afd-aber-koennen-sie-wirklich-regieren-ein-blick-auf-das-wirtschaftsprogramm-ld.1918418
Auteur : Michael Radunski, Berlin
Longueur du texte : ~8 500 caractères