Auteur : clarus.news Source : clarus.news Date de publication : 14.04.2026

Mode rédactionnel : CLARUS_ANALYSIS Recommandation d'index : INDEX Langue/Rôle : FULL_ANALYSIS Date de vérification des faits : 14.04.2026

Résumé exécutif

En décembre 2025, le conseiller national Gerhard Andrey (Verts) et le sénateur UDC Werner Salzmann ont imposé à l'unanimité 10 millions de francs de crédits fédéraux pour développer une alternative open-source à Microsoft Office dans l'armée, contre la résistance de la ministre des finances Karin Keller-Sutter. Cette démarche réagissait à l'avertissement du chef de l'armée Thomas Süssli selon lequel Microsoft 365 constitue un risque de sécurité pour les documents classifiés en raison du Cloud Act américain. Parallèlement, la France a adopté le 8 avril 2026 une stratégie nationale de migration contraignante : tous les ministères doivent soumettre des plans de migration d'ici automne 2026 pour 2,5 millions de fonctionnaires, en abandonnant Windows et les outils Microsoft pour Linux et les solutions open-source. Une contradiction structurelle demeure irrésolue : l'armée suisse construit sa nouvelle plateforme de numérisation « souveraine » (NDP) sur la technologie de virtualisation du groupe américain Broadcom/VMware.

Personnes

  • Gerhard Andrey (Conseiller national, Verts ; entrepreneur IT, défenseur de la souveraineté numérique)
  • Werner Salzmann (Sénateur UDC ; co-initiateur des crédits de remplacement de Microsoft)
  • Thomas Süssli (ancien chef de l'armée ; a averti des risques du Cloud Act)

Thèmes

  • Souveraineté numérique et Cloud Act
  • Migration open-source dans l'administration fédérale
  • Gouvernance et compétences de mise en œuvre
  • Nouvelle plateforme de numérisation (NDP) de l'armée
  • Comparaison Suisse–France

Clarus Lead

Tandis que la Suisse mise politiquement sur l'open-source, des blocages organisationnels et des contradictions stratégiques se révèlent. Le coup de décembre d'Andrey et Salzmann démontre un pouvoir de mise en œuvre parlementaire, mais Andrey lui-même diagnostique une « plus grande affaire » : un remplacement complet de Microsoft prendra des années et échouera face à des dépendances profondes dans l'infrastructure administrative. Plus décisif encore : l'armée construit sa plateforme de numérisation critique précisément sur une technologie de virtualisation américaine, ce qui mine l'objectif de souveraineté. La France démontre en parallèle un autre modèle – non pas avec des projets pilotes, mais avec des délais contraignants, une mise en œuvre centralisée par l'autorité numérique DINUM et une compétence de coordination que la Suisse ne possède pas structurellement.


Résumé détaillé

Le succès d'Andrey en décembre 2025 reposait sur un avertissement de sécurité aigu du chef de l'armée de l'époque, Süssli. Celui-ci avait documenté que Microsoft 365 était « en grande partie inutilisable » pour l'armée, car le Cloud Act permet aux autorités américaines un accès direct aux données – problématique pour les documents militaires classifiés. Andrey a utilisé cette « belle occasion » stratégiquement pour imposer un investissement affecté, qui englobe non seulement l'armée mais aussi l'administration fédérale civile. Le vote parlementaire unanime a réussi contre les résistances explicites du département des finances.

Dans son analyse, Andrey adopte une approche plus nuancée. Un changement partiel serait possible en quelques mois, mais un remplacement complet constituerait « une plus grande affaire qui prendrait certainement plusieurs années ». Microsoft dispose de points d'intégration profonds : d'innombrables applications métier et dépendances propriétaires imprègnent le paysage administratif. Andrey qualifie le chemin vers la souveraineté numérique de « tâche générationnelle ». En même temps, il critique fortement la politique d'austérité du Conseil fédéral et de la majorité bourgeoise, qui réduisent les budgets sur des thèmes d'innovation comme l'e-ID et la Digisanté – une contradiction qui retarde et affaiblit les programmes.

Comme modèle de solution, Andrey plaide pour la procédure de consentement sociocratique au lieu du consensus classique : tous n'ont pas besoin de donner leur accord, mais il ne doit pas y avoir de veto justifié. « « Pas envie » n'est par exemple pas une objection valide. » Ce modèle a fonctionné lors du référendum sur l'e-ID : la « Suisse organisée » – des associations économiques aux organisations de défense des droits – a soutenu le projet ensemble. L'effort supplémentaire est rentable, car les projets échoués coûtent plus cher au public que les processus communautaires larges.

Depuis le 8 avril 2026, la France mise sur la contrainte plutôt que la participation. L'autorité numérique DINUM convertit ses propres postes de travail à Linux, exige que tous les ministères soumettent des plans de migration contraignants d'ici automne 2026 – pour les systèmes d'exploitation, les outils collaboratifs, les systèmes IA, les bases de données et les réseaux. La solution de visioconférence Visio remplace déjà Teams et Zoom dans plusieurs ministères sur l'infrastructure cloud française souveraine certifiée par l'ANSSI. Le ministre du numérique David Amiel formule sans équivoque : il s'agit de « reprendre le contrôle de notre destin numérique ». La France connaît aussi des contradictions – le ministère de l'éducation a prolongé un contrat-cadre Microsoft de 152 millions d'euros jusqu'en 2029 – mais l'instance centrale DINUM peut appliquer des délais transversalement entre les départements.

Le plus grand projet de numérisation de l'armée suisse, la Nouvelle plateforme de numérisation (NDP), révèle un problème structurel plus profond. La NDP doit être opérationnelle le 1er juillet 2026 et dispose d'un budget de 477 millions de francs, avec expansion dans les années 2030. Cependant, elle repose sur une technologie de virtualisation du groupe américain Broadcom/VMware – précisément le fournisseur qui est soumis aux mêmes risques du Cloud Act contre lesquels Süssli avait mis en garde. Depuis le rachat de VMware par Broadcom en 2023, celui-ci a modifié les modèles de licence, augmenté massivement les prix et réduit les programmes partenaires. La NDP est censée fonctionner « de facto de manière autonome », mais cette autonomie est une illusion si la couche de virtualisation dépend d'un groupe américain qui peut augmenter les prix ou exercer une pression réglementaire.

Le Contrôle fédéral des finances (CDF) a documenté en 2023/2024 l'insuffisance des ressources financières et l'absence de « pilotage global de tous les projets partiels ». Vingt autres projets fédéraux dépendent du réseau fédéral – le méga-projet ayant le plus de dépendances dans le groupe Défense.

Une autre contradiction surgit à l'UDC. Salzmann a réussi avec Andrey le coup de la cybersécurité, mais le conseiller national UDC Mauro Tuena a combattu la motion 25.3235 d'Andrey pour une meilleure participation et coordination dans la numérisation. La position UDC « moins d'État, moins de bureaucratie » est en tension avec les structures participatives, qui requièrent des ressources – bien qu'Andrey démontre avec l'exemple de l'e-ID que les larges coalitions sécurisent les votations populaires.


Déclarations clés

  • La volonté politique existe, mais les structures de gouvernance suisses manquent de compétences de mise en œuvre et de ressources pour une transformation numérique durable.
  • Les dépendances Microsoft sont profondes : un remplacement complet prendra des années et affectera des milliers d'applications métier – non seulement un projet IT, mais une « tâche générationnelle ».
  • Contradiction structurelle à la NDP : l'armée construit sa plateforme « souveraine » sur une technologie de virtualisation américaine, ce qui mine l'objectif de souveraineté et perpétue les risques de licence Broadcom.
  • La France démontre une force de gouvernance : délais contraignants, coordination centrale par DINUM et mise en œuvre transversale vs. modèles suisses de participation sans pouvoir de mise en œuvre.
  • Modèle de consentement sociocratique comme approche de solution : tous ne doivent pas être d'accord, mais il ne doit pas y avoir de veto justifié – a fonctionné lors du référendum sur l'e-ID.

Questions critiques

  1. Qualité des preuves/données : Quelle est l'actualité des résultats d'audit du CDF (23155, 24127, 23759) compte tenu des changements technologiques rapides chez Broadcom/VMware depuis 2023 ? La planification financière de la NDP repose-t-elle sur des estimations de coûts réalistes ou sur des augmentations de coûts historiques ?

  2. Conflits d'intérêts : Dans quelle mesure les relations de fournisseurs (Microsoft, Broadcom/VMware) sont-elles documentées dans les décisions d'acquisition ? L'armée a-t-elle évalué les alternatives à Broadcom/VMware ou le choix était-il stratégique/techniquement impératif ?

  3. Causalité/Alternatives : Le diagnostic d'Andrey – que la politique d'austérité retarde les programmes – est-il étayé par des études de cas ou seulement par l'observation ? À quoi aurait ressemblé la NDP si des solutions de virtualisation open-source (KVM, Proxmox) avaient été évaluées dès le départ ?

  4. Réalisabilité/Risques : Quel est le réalisme d'un modèle de consentement (à la e-ID) lors de la migration de 40'000 postes de travail et de milliers d'applications existantes ? Quels risques comporte une migration de 5–7 ans face à des menaces évolutives ?

  5. Gouvernance/Autonomie : Si la NDP doit être « de facto autonome » mais dépend des licences Broadcom, comment l'autonomie opérationnelle peut-elle être garantie sans autonomie contractuelle ? Existe-t-il un plan d'urgence pour les augmentations de licence ou les changements de modèle commercial de Broadcom ?

  6. Cohérence de la stratégie : Comment l'avertissement du chef de l'armée contre les risques du Cloud Act se concilie-t-il avec la dépendance technologique d'un groupe américain pour l'infrastructure de numérisation la plus critique ?

  7. Comparabilité Suisse–France : Les délais français (automne 2026) sont-ils réalistes et complets ou reposent-ils sur des scénarios pilotes ? Comment les exigences de conformité françaises (ANSSI, Outscale) affectent-elles les coûts ?

  8. Écart de ressources : Andrey critique la politique d'austérité en matière de numérisation. Quels crédits concrets manquent pour la « tâche générationnelle », et sur la base de quelles estimations de coûts ce chiffre est-il déterminé ?


Bibliographie

Source primaire : Souveraineté numérique : La France s'attaque à la « plus grande affaire » – clarus.news (14.04.2026) https://clarus.news/de/blog/digitale-souvernitt-frankreich-packt-die-grssere-kiste-an-20260414-de

Sources complémentaires :

  1. Correspondance clarus.news / CN Gerhard Andrey, avril 2026
  2. watson : « Coup au Palais fédéral : Un Vert et un conseiller UDC court-circuitent le Conseil fédéral » (12.12.2025)
  3. Rapport de révision CDF 23759 : Pilotage de la numérisation Confédération (novembre 2024)
  4. Rapports de révision CDF 23155 / 24127 : Architecture IKT de la NDP & Infrastructure
  5. Motion 25.3235 / 25.3259 : « Plus de participation, meilleure numérisation »
  6. DFD : Programme NDP – Nouvelle plateforme de numérisation
  7. heise online : « Le plan de la France : Loin de Windows, vers Linux » (10.04.2026)
  8. DINUM : Communiqué interministériel (8 avril 2026)

Statut de vérification : ✓ 14.04.2026


Ce texte a été créé avec l'aide d'un modèle d'IA. Responsabilité éditoriale : clarus.news | Vérification des faits : 14.04.2026