Auteur : nzz.ch Source : nzz.ch Date de publication : 12.04.2026
Mode rédactionnel : CLARUS_ANALYSIS Recommandation d'index : INDEX Langue/Rôle : FULL_ANALYSIS Date de vérification des faits : 12.04.2026
Résumé exécutif
Les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) ont versé à trois anciens membres de la direction générale, au cours de l'année 2025, un total de 573'000 francs pour l'exercice de mandats après leur départ de leurs postes de direction. Anton Häne (70 ans) a reçu 99'000 francs, Markus Jordi (64 ans) 204'000 francs et Peter Kummer (60 ans) 270'000 francs. Les mandats comprenaient des fonctions au sein de conseils de fondations, des présidences et des chaires universitaires, en partie en dehors des CFF. Toutefois, les CFF ne précisent pas dans quelle mesure ces personnes ont réellement exercé ces activités. S'ajoutent à cela des remboursements de frais et l'abonnement GA 1ère classe.
Personnes
- Thomas Hurter (conseiller national UDC, président de la commission des transports)
- Markus Jordi (ancien responsable du personnel CFF)
- Peter Kummer (ancien responsable des infrastructures CFF)
Thèmes
- Gouvernance d'entreprise et transparence
- Entreprises publiques et utilisation des fonds publics
- Gestion des carrières post-départ dans les cadres supérieurs
- Conflits d'intérêts et indépendance
Clarus Lead
Les rémunérations de mandats soulèvent des questions sur la discipline budgétaire d'une entreprise publique qui prétend parallèlement devoir faire des économies. Les CFF ont reçu 3,1 milliards de francs de l'État en 2025, mais affirment avoir une « capacité de rendement insuffisante » et devoir réduire leurs coûts de six milliards de francs d'ici 2030. Des parlementaires de différentes factions critiquent vivement le manque de transparence des coûts – non seulement comme un problème éthique, mais comme un signal de manque de responsabilité personnelle dans une culture administrative qui privilégie les consultants externes.
Résumé détaillé
Étendue et structure des mandats
Anton Häne, à la retraite depuis 2021, dirigeait le transport de voyageurs lors de sa période active. Ses 99'000 francs le rémunéraient pour plusieurs tâches parallèles : présidence de la Fondation CFF Histoire (conservation de l'histoire des chemins de fer), coordination pour le 125e anniversaire en 2027 ainsi qu'une fonction de membre du conseil de fondation de la caisse de pension des CFF.
Markus Jordi a quitté son poste de responsable du personnel en mai 2025 et a ensuite assumé, en tant que « Senior Advisor », cinq fonctions : présidence du conseil de fondation de la caisse de pension, vice-présidence du fonds amiante des CFF, direction du dossier « RH International », adhésion à CFF Histoire ainsi que des mandats externes en tant que président du conseil de la haute école spécialisée de la FHNW et président de la caisse de pension du canton de Soleure (PKSO). Ses 204'000 francs ont été versés pour sept mois (juin–décembre) – soit un taux annuel effectif d'environ 350'000 francs.
Peter Kummer, ancien responsable des infrastructures, a reçu la plus haute somme : 270'000 francs également pour sept mois en tant que « Senior Consultant ». Il a assumé une chaire financée par les CFF à l'EPFL Lausanne pour les systèmes ferroviaires et de transport et siégeait parallèlement au conseil d'administration du centre hospitalier de Bienne.
Controverse sur la transparence et la comparabilité
La porte-parole des CFF, Sabrina Schellenberg, affirme que Jordi et Kummer étaient employés aux CFF après leur départ en tant que « occupation principale » – et non comme activités secondaires. C'est inhabituel : normalement, les mandats sont rémunérés par des honoraires et non par des salaires. Les CFF refusent de divulguer les heures de travail accomplies ou les pourcentages de taux d'activité.
Le conseiller national UDC Hurter compare les rémunérations avec l'honoraire de la présidente du conseil d'administration Monika Ribar (294'000 francs pour un taux d'activité de 60 %) et qualifie les montants de « complètement déplacés ». Les CFF rejettent cette comparaison : les membres du conseil d'administration recevaient des honoraires pour des fonctions organiques indépendantes, tandis que les cadres recevaient des salaires pour des fonctions opérationnelles – une distinction catégorique qui ne convainc pas Hurter.
Positions politiques
Le conseiller national PS David Roth demande des justificatifs complets de l'exercice de l'activité – en particulier pour les personnes qui avaient précédemment exercé dans les plus hautes instances décisionnelles. Le conseiller national Centre Martin Candinas accepte les décisions d'entreprise, mais met en garde : « Il ne doit pas devenir la norme que les cadres des CFF qui se retirent reçoivent des mandats après leur départ et restent rémunérés. »
Hurter critique un modèle « général » dans les directions générales : l'« externalisation » de la responsabilité auprès de consultants externes et d'anciens cadres ne sert souvent qu'à déléguer la responsabilité, non à répondre à un véritable besoin.
Points essentiels
- Trois anciens cadres des CFF ont reçu en 2025 un total de 573'000 francs pour des mandats après leur départ – sans divulgation des heures de travail ni des pourcentages de taux d'activité.
- Les CFF ont versé des salaires (et non des honoraires) pour ces mandats – une pratique inhabituelle que l'entreprise ne justifie pas.
- Des parlementaires de gauche à droite demandent la transparence et avertissent contre une « mauvaise habitude » qui risque de saper la responsabilité personnelle dans les entreprises publiques.
- La direction des CFF rejette les comparaisons avec le conseil d'administration, mais l'opacité concernant les taux d'activité renforce les doutes quant à la discipline budgétaire d'une entreprise qui prône les mesures d'économie.
Questions critiques
Preuve/qualité des données : Comment les auditeurs ou la Confédération peuvent-ils évaluer l'efficacité de ces mandats si ni les heures de travail ni les pourcentages de taux d'activité ne sont divulgués ? Cela respecte-t-il les directives de bonne gouvernance que les CFF eux-mêmes invoquent ?
Conflits d'intérêts : Un ancien responsable du personnel (Jordi) peut-il diriger indépendamment le conseil de fondation de la caisse de pension auquel il cotise lui-même ? Où se situent les limites entre le transfert de connaissance justifié et la pratique de connivence ?
Causalité/alternatives : Les CFF n'auraient-ils pas pu confier ces fonctions à des experts externes, à des spécialistes indépendants ou à des talents internes prometteurs – plutôt que de « récompenser » d'anciens cadres ?
Applicabilité/effets secondaires : Si cela devient la norme (comme l'avertit Candinas), quels signaux cela envoie-t-il pour la motivation de la direction intermédiaire qui doit partir après 30 ans sans packages de départ comparables ?
Comparabilité : Pourquoi les comparaisons directes avec la présidente du conseil d'administration ne sont-elles « pas pertinentes » si les deux fonctions sont rémunérées par les CFF et que l'entreprise appartient au public ?
Norme de transparence : Les CFF diffèrent-ils dans leurs divulgations par rapport à d'autres entreprises publiques suisses (La Poste, Swisscom) – et si oui, pourquoi ?
Répertoire des sources
Source primaire : 270'000 francs pour la carrière qui suit : Les CFF récompensent d'anciens cadres supérieurs par des mandats lucratifs – Neue Zürcher Zeitung, 12.04.2026
Statut de vérification : ✓ 12.04.2026
Ce texte a été créé avec l'aide d'un modèle d'IA. Responsabilité rédactionnelle : clarus.news | Vérification des faits : 12.04.2026