Auteur : clarus.news Source : clarus.news
Mode rédactionnel : CLARUS_ANALYSIS
Recommandation d'index : INDEX
Langue/Rôle : FULL_ANALYSIS
Date du fact-check : 2026-02-02
Résumé exécutif
Après 15 ans en tant que président municipal de la ville de Fribourg, Thierry Steiert ne se représente pas. Le politicien PS âgé de 63 ans fait le bilan : des succès comme la transformation des entreprises industrielles en une SA de droit privé et la rénovation du quartier de la vieille ville se confrontent à des revers comme l'échec de la fusion avec les communes de l'agglomération. Des mesures controversées comme Tempo 30 et la politique de stationnement divisent le gouvernement municipal de Fribourg en interne et en externe, tandis que le fossé entre la ville et la campagne prend une importance croissante.
Personnes
- Thierry Steiert
- Helmut Schmidt
- Willy Brandt
Thèmes
- Développement urbain à Fribourg
- Politique des transports
- Projets de fusion échoués
- Carrière politique
- Passation des pouvoirs
Lead Clarus
Thierry Steiert se retire après une décennie et demie à la tête du gouvernement municipal de Fribourg. Le politicien PS dresse le bilan dans une interview, évoquant aussi bien les réalisations que les projets inachevés – révélant ainsi les limites de la politique urbaine progressiste dans une agglomération de plus en plus fragmentée. L'élection de son successeur est prévue le 8 mars 2026, tandis que Steiert se retire suffisamment tôt pour pouvoir encore façonner de nouvelles phases de sa vie.
Valeur ajoutée Clarus
Recherche Clarus : Steiert a gouverné trois mandats complets (d'environ 5 ans chacun) et a construit sa carrière de manière systématique : greffier du tribunal (base juridique), commissaire des finances (clé pour plus de visibilité), puis conseiller municipal, enfin président municipal. Cette séquence montre le parcours professionnel classique dans les gouvernements cantonaux suisses.
Contextualisation : Le vote de fusion échoué (2021) est le symptôme d'un problème structurel que Steiert lui-même diagnostique correctement : le fossé entre la ville et la campagne n'est pas local, mais européen et s'aggrave. Son analyse – que les agglomérations rejettent Tempo 30, tandis que les citadins demandent des tarifs de stationnement – révèle des exigences de mobilité conflictuelles sans solution en vue.
Conséquence : La rénovation du quartier historique et la création de SINEF attestent que Steiert a obtenu des succès opérationnels où il existait une marge de manœuvre (infrastructure municipale). Face aux questions systémiques (fusion, cohésion régionale, transports), il s'est heurté à des limites. Les successeurs doivent décider : densification vers l'intérieur (Fribourg reste ~40 000 habitants) ou nouvelle tentative de fusion avec des incitations plus claires pour les communes de l'agglomération.
Résumé détaillé
Parcours et socialisation politique
Steiert s'est intéressé à la politique à l'adolescence – par la lecture de Der Spiegel allemand et son admiration pour Helmut Schmidt et Willy Brandt. Plus tard, la social-démocratie suisse l'intéressa également. Son adhésion aux Jeunes Socialistes à 17/18 ans a marqué le début, mais Steiert se décrit lui-même comme une « social-démocrate modérée » et n'a jamais été complètement à l'aise dans la culture plus radicale de la Jeunesse socialiste.
Sa formation juridique d'avocat était initialement le chemin principal prévu. Il a travaillé comme greffier du tribunal et a beaucoup apprécié ce travail. Le passage à la politique à temps plein s'est fait plutôt de manière pragmatique : en 2011, la conseillère municipale Maradon a quitté son siège, Steiert était le successeur évident et a été élu avec de bons résultats.
Connexions familiales au gouvernement cantonal
Le frère de Steiert est (ou était) conseiller national et siège maintenant au gouvernement cantonal. Cela facilite la gestion des dossiers par des canaux directs. Cependant, tous deux soulignent qu'ils se considèrent liés à leurs fonctions respectives et aux intérêts de l'État et de la ville de Fribourg, non aux intérêts familiaux. Lors de réunions privées, ils essaient de ne pas trop tomber dans le « déluge de dossiers » pour ne pas surcharger le reste de la famille.
Succès : Entreprises industrielles et rénovation du quartier historique
Steiert est fier de la transformation des entreprises industrielles municipales en une SA de droit privé en 2015 (combinées avec la Société générale des eaux de Fribourg pour créer SINEF). Cette solution a été adoptée à l'unanimité au conseil général et reste pour lui la meilleure décision – une histoire à succès qui a rendu l'exploitation plus moderne et efficace.
Le second grand accomplissement est la rénovation complète du quartier historique autour de la cathédrale. La première étape a pu être inaugurée lors de la dernière législature : libération du trafic, nouveau dallage, transformation complète du périmètre. Le projet correspondait à la visualisation d'il y a dix ans, est aujourd'hui une réalité, et Steiert observe que de nouveaux restaurants et commerces surgissent, que les terrasses s'ouvrent – une « vie presque méditerranéenne » se déploie.
Revers : La fusion échouée
Le cœur d'une œuvre inachevée est la fusion envisagée entre la ville de Fribourg et ses communes de l'agglomération. L'objectif était ambitieux : Fribourg devait passer d'environ 40 000 à environ 80 000 habitants et devenir un centre cantonal plus puissant. Le vote consultatif de 2021 a cependant échoué – contrairement à l'attente de Steiert, car à l'époque le conseil d'État comme le grand conseil avaient pris des positions claires en faveur de la fusion.
Steiert regrette cette défaite. Il y voit une fracture plus profonde : le fossé entre la ville et la campagne, qui ne touche pas seulement Fribourg, mais divise la société et la politique en Europe. Sa réponse reste plutôt d'appel : se parler mutuellement, s'écouter, pratiquer la compréhension mutuelle. Il ne mentionne pas de mécanismes concrets de solution.
Politique des transports et le débat Tempo 30
L'un des chapitres les plus controversés est Tempo 30, qui s'applique depuis un peu plus de deux ans presque partout à Fribourg. Steiert souligne qu'il n'est pas seul avec cette mesure – l'association suisse des villes la demande de manière transpartisane, les présidents de villes du PLD, PDC et UDC se battent avec la même réalité dans d'autres villes suisses. Tempo 30 améliore la qualité de vie et la sécurité routière ; ce n'était « des cris » que parce que Fribourg était la première.
Concernant la politique de stationnement : lors d'un vote il y a un peu plus d'un an et demi, la population a imposé contre le conseil municipal que la première heure de stationnement soit gratuite. Steiert y voit un petit « aspect secondaire » de sa politique de mobilité – l'élément « gratuit » a eu plus d'impact que le rejet idéologique. Les critiques de Tempo 30 habitent en grande partie en dehors de Fribourg ; les habitants du centre-ville en bénéficient et les approuvent pour la plupart.
La topographie de Fribourg (collines), la substance bâtie médiévale et la densité du périmètre urbain rendent la gestion du trafic considérablement difficile. Steiert se voit confronté à des contraintes, non à des libertés de choix idéologiques.
Raisons du retrait
À 63 ans, après 15 ans de travail à temps plein en tant que conseiller municipal, Steiert fait le bilan : l'âge s'approche de l'âge de la retraite ; le travail est « exigeant » si on y investit 100 % ; la vie privée et la famille méritent du temps ; il est encore possible de faire des voyages à vélo et d'autres activités sans être limité aux vacances scolaires. Steiert souligne à plusieurs reprises que ce retrait était planifié – aucun moment de doute.
Les dernières semaines ne sont pas stressantes, mais intenses – de nombreuses affaires continuent, il s'agit de transfert de dossiers, de transition, de décisions de format pour les successeurs.
Dimension psychologique et projection
Steiert tient à préciser qu'il est devenu une « surface de projection » pour les critiques – il s'y est habitué. Au début de sa carrière, il prenait les attaques personnellement ; plus tard, il a compris que c'était « du métier ». Les bons et les moins bons côtés du travail doivent être acceptés.
Un aspect bienvenu du retrait est de ne plus être constamment attaqué. Mais cela ne l'a pas éloigné – c'est un bonus, non une raison.
Le niveau cantonal reste ouvert
Steiert se représentera-t-il au parlement cantonal (élections d'automne) ? La question sera discutée après les élections communales (8 mars). La ville de Fribourg perd un siège, donc la lutte pour les places restantes sera « très âpre ».
Souhait pour l'avenir et message symbolique
Steiert attend avec le plus d'impatience les voyages à vélo dans les saisons où il n'a pas pu partir auparavant – non seulement pendant les vacances scolaires. Profiter à nouveau davantage de la famille. À la question de quel message il laisserait sur une affiche devant la gare : il devrait être court, frappant et bilingue. Un message qui symbolise la fonction de pont de Fribourg – à la fois métaphoriquement et littéralement par les vrais ponts de la ville.
Messages clés
- Se retirer après 15 ans (trois mandats) à 63 ans est planifié pour Steiert ; aucun moment de doute ne marque cette décision.
- Succès opérationnels : création de SINEF (2015, entreprises industrielles), rénovation du quartier historique (libération du trafic, nouveau dallage) – tous deux sont considérés comme la réalisation de la planification.
- Défaites structurelles : le vote de fusion de 2021 échoue malgré le soutien du conseil d'État et du grand conseil ; symptôme d'un fossé européen entre la ville et la campagne, non d'un problème local.
- Tempo 30 et la politique de stationnement divisent, mais sont une norme suisse ; les critiques proviennent de manière disproportionnée de l'extérieur de la ville.
- Steiert diagnostique les problèmes (fossé entre la ville et la campagne), mais propose plutôt des solutions d'appel que des solutions institutionnelles (se parler mutuellement, s'écouter).
Parties prenantes et personnes touchées
| Groupe | Position | Effet |
|---|---|---|
| Habitants du centre-ville de Fribourg | Approuvent Tempo 30, la rénovation du quartier historique | Bénéficient de la qualité de vie, des nouveaux restaurants, de la sécurité |
| Habitants de l'agglomération | Rejettent la fusion, critiquent Tempo 30 | Restent exclus ; la ville perd une croissance stratégique |
| SINEF/Entreprises industrielles | Utilisent la structure de SA de droit privé | Gains d'efficacité, gouvernance moderne |
| Successeur de Steiert | Doit défendre la politique des transports, aborder la fusion à nouveau | Charge d'attentes élevée, situation de départ difficile |
| Gouvernements cantonaux | Le frère de Steiert au gouvernement cantonal | Avantages du réseau familial, mais aussi maintien de la distance |
Opportunités et risques
| Opportunités | Risques |
|---|---|
| Rénovation du quartier historique comme modèle pour d'autres quartiers | La politique des transports reste polarisante, peut mettre la prochaine administration sous pression |
| Le modèle SINEF s'avère durable et est repris ailleurs | La fusion échoue définitivement → Fribourg reste une ville moyenne sans potentiel de croissance |
| Les jeunes successeurs apportent de nouvelles énergies, d'autres perspectives | Le fossé entre la ville et la campagne s'aggrave davantage → fragmentation régionale |
| Steiert reste actif en tant que conseiller expérimenté au niveau cantonal | Les élections cantonales influencent la politique urbaine de Fribourg ; la perte de siège a des répercussions |
Pertinence pour l'action
Pour les décideurs à Fribourg et dans la région :
Relancer la question de la fusion : Non pas avec un doublement (80 000), mais commencer par des fusions plus petites, basées sur des incitations (par ex. communes individuelles de l'agglomération avec des forfaits transport/infrastructure ciblés).
Institutionnaliser le dialogue ville-campagne : Réunions régulières entre le conseil municipal et les présidents de l'agglomération pour approfondir la compréhension mutuelle – pas seulement un appel au contenu.
Évaluer la politique des transports : Après deux ans de Tempo 30 – collecter les chiffres sur la réduction des accidents, la qualité de l'air, les impacts économiques ; communiquer de manière transparente.
Accompagner la passation : La nouvelle présidente/le nouveau président municipal a besoin de mises à jour claires sur les dossiers (projets de construction, processus en cours, priorités).
Indicateur : Nombre de restaurants/commerces en centre-ville, fréquentation du quartier historique, statistiques d'accidents de circulation, volonté de fusion des communes de l'agglomération (sondage 2027).