Auteur: blick.ch
Résumé
Le publiciste Frank A. Meyer critique dans sa chronique la demande d'interdire la tournée des cafés de la SRG. Des politiciens de droite conservatrice comme Thomas Matter et Gregor Rutz argumentent que l'entreprise financée par les redevances mène ainsi campagne contre l'initiative de réduction de moitié. Meyer, en revanche, défend le droit de la SRG de se battre pour son existence et avertit contre la destruction d'un élément indispensable de la démocratie suisse. Le scrutin de mars sur l'initiative décidera de l'avenir de la radio et de la télévision en Suisse.
Personnes
Thèmes
- Initiative de réduction de moitié contre la SRG
- Liberté d'expression et culture du débat
- Rôle de la SRG dans la démocratie suisse
- Financement par les redevances vs. médias privés
- Importance culturelle de la radio et de la télévision
Résumé détaillé
La SRG organise une « tournée des cafés » pour discuter avec les citoyennes et citoyens – de leurs attitudes, opinions et critiques du programme. Meyer estime qu'il s'agit d'une forme idéale de démocratie directe. Cependant, les forces de droite conservatrice reprochent à l'entreprise financée par les redevances de mener ainsi campagne contre l'initiative de réduction de moitié, qui réduirait les moyens de la SRG de moitié.
Meyer accuse les initiants, en particulier l'UDC, d'hypocrisie : ils défendent la démocratie et la liberté d'expression – tant qu'elles servent leurs intérêts. En même temps, ils veulent interdire aux collaborateurs de la SRG de se battre pour leur institution et leurs emplois. Meyer argue qu'il est inévitablement « peu suisse » d'interdire à quelqu'un de s'exprimer.
La SRG est décrite comme une œuvre collective qui va bien au-delà du simple divertissement. Elle encourage la créativité culturelle par le financement de films, la retransmission de concerts et les formats littéraires. Elle unit un pays fragmenté linguistiquement et confessionnellement : la Suisse du Val de Fex découvre par la SRG la Suisse de Le Noirmont. Les redevances de 335 francs par an et par ménage alimentent cette œuvre collective, sans profiter à aucun investisseur médiatique.
Meyer reconnaît que la SRG peut à bon droit être critiquée – pour sa bureaucratie ou ses reproches de partialité éditoriale supposée. Elle ne peut contenter tout le monde : certains y voient un abus lorsqu'elle a mis Blocher en lumière ; d'autres critiquent son orientation politique climatique. Cela est cependant typique du métier de journaliste.
Le paysage médiatique suisse se compose de deux piliers complémentaires : les médias privés comme la « Neue Zürcher Zeitung » et le Blick ainsi que l'offre nationale de la SRG. Cette « construction ingénieusement équilibrée » crée un terrain fertile pour la démocratie. La concurrence entre eux n'est pas seulement admissible, mais nécessaire – un élément vital de la société libre.
Meyer avertit fermement : quiconque détruirait cette construction par une réduction de moitié des moyens de la SRG détruirait « un élément central indispensable de la démocratie suisse ».
Messages clés
- La tournée des cafés de la SRG est l'expression de la participation démocratique, non une campagne illégale
- Les politiciens de l'UDC exigent la liberté d'expression pour eux-mêmes, mais veulent la refuser à la SRG
- La SRG est une œuvre collective qui unit la Suisse linguistiquement et culturellement divisée
- Le financement par les redevances (335 francs/an) ne profite à aucun investisseur privé
- La concurrence entre médias privés et publics est essentielle pour la démocratie
- Une réduction de moitié des moyens de la SRG menacerait un élément central de la démocratie suisse
Métadonnées
Langue: FrançaisSource: Blick (Chronique)
Auteur: Frank A. Meyer
URL original: https://www.blick.ch/meinung/frank-a-meyer/die-kolumne-die-srg-gehoert-allen-id21607769.html
Contexte: Scrutin sur l'initiative de réduction de moitié de la SRG en mars
Longueur du texte: ~3 400 caractères