Auteur : clarus.news Source : clarus.news

Mode rédactionnel : CLARUS_ANALYSIS
Recommandation d'index : INDEX
Langue/Rôle : FULL_ANALYSIS
Date de vérification des faits : 2026-02-03

Résumé exécutif

Kathrin Bertschy, directrice des finances du canton de Berne depuis juin 2022, se représente aux élections du Conseil d'État en mars 2026. Dans son entretien podcast, cette juriste et politicienne du Centre met l'accent sur les défis centraux : la croissance démographique du canton de Berne est bien inférieure à la moyenne suisse (2 % contre 30 % dans les cantons comparables comme Lucerne). Bertschy identifie la politique fiscale, l'administration numérique et les conditions de travail attrayantes comme des mesures clés pour la prochaine législature. Son bilan : réduction massive de la dette malgré les investissements importants et premières mesures de réduction fiscale.

Personnes

Thèmes

  • Stratégie fiscale du canton de Berne
  • Croissance démographique et attractivité territoriale
  • Numérisation de l'administration
  • Règlement du personnel et conditions de travail
  • Élections du Conseil d'État 2026

Clarus Lead

Le canton de Berne fait face à un défi démographique : alors que la population croît sensiblement plus rapidement au niveau fédéral et dans les cantons comparables, Berne risque de glisser dans une crise structurelle avec seulement 2 % de croissance jusqu'en 2055. La directrice des finances Bertschy avertit des pénuries de personnel qualifié, du vieillissement et de la hausse des coûts. L'élection en mars 2026 déterminera si un gouvernement d'orientation libérale-économique mènera les réformes nécessaires.


Prestation propre à Clarus

  • Recherche Clarus : Confrontation de chiffres concrets : croissance de la population du canton de Berne 2 % contre Lucerne 30 % jusqu'en 2055 (source : Office fédéral de la statistique). Cet écart révèle un risque territorial structurel au-delà des cycles conjoncturels à court terme.

  • Contexte : La politique fiscale n'est pas isolée : Bertschy relie trois dimensions – attractivité fiscale, infrastructure des transports publics et accès au secteur des métiers (problèmes de stationnement pour les artisans en ville de Berne). C'est un modèle diagnostique territorial holistique, pas seulement une réduction fiscale.

  • Conséquence pour les décideurs : Le choix d'un gouvernement « favorable à l'économie » sera mesuré concrètement selon trois métriques : (1) stratégie fiscale 2027 mise en œuvre, (2) principe « une seule saisie de données » établi dans l'administration, (3) attractivité pour la jeune population démontrable.


Résumé détaillé

Profil politique et motivation

Kathrin Bertschy, née en 1973, juriste et mère d'un fils adulte, occupe le poste de directrice des finances du canton de Berne depuis juin 2022. Elle se représente en mars 2026 – non par soif de pouvoir, mais par conviction que les réformes inachevées nécessitent de la continuité. Elle décrit ses études en droit comme un fondement solide, particulièrement pour les processus législatifs.

La motivation est orientée vers l'action : en quatre ans, de nouvelles lois ont été lancées, notamment en matière de stratégie fiscale. Elle ne veut pas les laisser dormir dans les tiroirs, mais les mettre en œuvre.

Défi central : croissance démographique

La problématique centrale que Bertschy identifie est dramatique : l'Office fédéral de la statistique prévoit pour le canton de Berne une croissance de la population de seulement 2 % jusqu'en 2055. En comparaison : Lucerne croît de plus de 30 %. Cet écart n'est pas cosmétique – il entraîne des problèmes structurels : vieillissement, pénurie de personnel qualifié, augmentation des coûts sociaux face à une base de population active en déclin.

Bertschy souligne : la « beauté et la diversité » du canton seules ne suffisent pas. Les conditions cadres sont décisives – impôts, infrastructure, numérisation.

Stratégie fiscale 2027 : le levier central

Une révision de la loi fiscale 2027 est en préparation. La première lecture au Grand Conseil a été « extrêmement positive ». Des questions de détail restent ouvertes pour la deuxième lecture. Bertschy considère cela comme une priorité majeure : les citoyens et les salariés qui gagnent de l'argent à Berne, mais vivent dans les cantons voisins avec un taux d'imposition inférieur, doivent avoir une raison de rester dans le canton.

De petites étapes de réduction fiscale ont déjà été réalisées – il s'agit maintenant de réorientation stratégique.

Numérisation de l'administration

Un deuxième grand projet : numérisation complète de l'administration et de la juridiction administrative. Objectif : les citoyens ne doivent pas saisir les données plusieurs fois (principe « une seule saisie »). Cela nécessite des adaptations législatives et une infrastructure technique. Bertschy y voit non seulement des gains d'efficacité, mais aussi une amélioration de l'expérience citoyenne.

Culture de direction moderne et règlement du personnel

Un troisième projet : « Direction adaptée aux temps modernes ». Avec la numérisation, les processus de travail changent – la culture de direction doit suivre. En parallèle, des discussions sont en cours sur une révision de la loi sur le personnel. La pression vient du Parlement : les conditions d'emploi devraient se rapprocher du secteur privé.

Bertschy est ouverte, mais avertit contre une uniformisation naïve. Le canton doit gérer plus de 12'000 groupes d'emplois – c'est plus complexe que les entreprises privées individuelles. L'équilibre : augmenter l'attractivité (périodes d'essai, flexibilité salariale), sans sombrer dans la bureaucratie.

Bilan financier

Qu'est-ce qui fonctionne bien ? Bertschy souligne :

  • Réduction de la dette : massive ces dernières années, malgré les investissements importants.
  • Capacité d'investissement : Le canton de Berne a pu investir et financer – remarquable pour un canton structurellement non privilégié.
  • Réductions fiscales : petites, mais symboliquement importantes.

Elle avertit contre la confusion : la ville de Berne et le canton de Berne sont souvent mélangés. Le canton se trouve dans une « très bonne situation ».

Métiers et infrastructure

Un point subtil, souvent négligé : le trafic routier individuel motorisé. Des artisans rapportent à Bertschy qu'ils renoncent à accepter des commandes en ville de Berne faute de places de stationnement. Ce n'est pas un problème idéologique, mais une question de réalité territoriale. Les transports publics sont importants, mais insuffisants.

Stratégie électorale et ticket bourgeois

Bertschy appelle au soutien du « ticket bourgeois ». Les nouveaux candidats ne sont pas seulement dotés de compétences politiques, mais ont une expérience de direction – et le courage de décider. « L'une des pires choses qu'on puisse faire, c'est de ne pas décider. »

La participation électorale au canton de Berne est faible. Bertschy en appelle : la mobilisation est centrale.

Facettes personnelles

Bertschy se détend en lisant des polars. Le plus bel endroit du canton pour elle est la région autour de sa commune d'origine, Ostermundigen. Elle aime partir en vacances en famille, idéalement sans ordinateur portable – bien qu'elle admette qu'elle le laisse rarement vraiment de côté. Une nouvelle passion découverte : le golf. Chronophage, mais en plein air.


Messages clés

  • La croissance démographique est le risque territorial #1 : 2 % jusqu'en 2055 entraîne vieillissement, pénurie de personnel qualifié et augmentation des coûts sociaux. Les cantons comparables croissent 15 fois plus vite.

  • La stratégie fiscale 2027 est le projet central : révision législative en deuxième lecture ; la directrice des finances en considère la priorité majeure. De petites étapes de réduction ont déjà été réalisées.

  • La numérisation de l'administration n'est pas optionnelle : le principe « une seule saisie » fait encore défaut. Les citoyens remplissent les données à plusieurs reprises. Cela coûte du temps et de la confiance.

  • La direction moderne et la loi sur le personnel doivent avancer de pair : avec les processus numériques, les méthodes de travail changent. De nouvelles conditions d'emploi sont nécessaires, sans imiter le secteur privé.

  • L'attractivité territoriale est multidimensionnelle : pas seulement les impôts, mais aussi les transports publics, l'infrastructure commerciale, le stationnement. Les artisans ne doivent pas être chassés de la ville.

  • La situation financière est solide : réduction de la dette et capacité d'investissement accomplies. Des réductions fiscales ont été possibles. Mais : la stagnation démographique menace cette base à moyen terme.


Parties prenantes et personnes concernées

GroupeImpact
Jeunes travailleurs qualifiés et famillesLes impôts et la qualité territoriale déterminent le choix de rester à Berne ou d'émigrer
Artisans et secteur commercialL'infrastructure (stationnement, transports publics, numérisation) est directement pertinente pour les affaires
Administration cantonaleLa numérisation et la nouvelle culture de direction modifient le quotidien professionnel ; le règlement du personnel influence l'attractivité
Parlementaires (Grand Conseil)Pression pour adopter rapidement la stratégie fiscale et la loi sur le personnel
ÉlecteursDécision sur l'orientation libérale-économique ou autre orientation politique
Retraités et population âgéeL'aggravation du vieillissement accroît la charge de coûts pour la santé et l'action sociale

Opportunités et risques

OpportunitésRisques
La stratégie fiscale 2027 attire les jeunes travailleurs qualifiés et freine l'émigrationLa stagnation démographique (croissance 2 %) entraîne vieillissement et pénurie de personnel qualifié
La numérisation (une seule saisie) améliore l'expérience citoyenne et réduit les coûts administratifsUn retard supplémentaire dans la mise en œuvre des projets numériques aggrave le désavantage d'attractivité
La direction moderne et le règlement du personnel flexible rendent le canton compétitif comme employeurL'adaptation insuffisante des conditions d'emploi entraîne une fuite des cerveaux vers le secteur privé
L'approche globale du gouvernement (pas seulement finances) résout les problèmes territoriaux de manière holistiqueLa fragmentation et le manque de coordination entre les directions ralentissent les réformes
Une victoire électorale de candidats favorables à l'économie permet des mesures décisivesL'élection de candidats structurellement conservateurs ou lourdement bureaucratiques perpétue le statu quo

Pertinence opérationnelle

Pour les décideurs cantonaux :

  1. Stratégie fiscale 2027 : faire progresser la deuxième lecture au Grand Conseil. KPI : adoption avant Q3 2026. Mesure : les taux d'imposition sont-ils compétitifs par rapport à Lucerne, Soleure ?

  2. Numérisation : concrétiser le principe « une seule saisie ». KPI : au moins une fonction administrative (p. ex. déclaration d'impôts) complètement numérique jusqu'en 2027.

  3. Révision de la loi sur le personnel : équilibre entre attractivité et responsabilité budgétaire. KPI : indice d'attractivité (taux de candidature, rotation du personnel) par rapport aux cantons comparables.

  4. Mobilisation électorale : augmenter la participation électorale pour assurer une majorité libérale-économique. KPI : participation électorale au-dessus de 50 % (actuellement trop faible).

Pour les entreprises et le secteur commercial :

  • Suivre de près la stratégie fiscale 2027 ; le cas échéant, donner un retour lors des consultations.
  • Communiquer directement au gouvernement les problèmes de stationnement et de transports publics (souvent absents des statistiques).
  • Employeurs : utiliser le règlement du personnel moderne pour soutenir la compétitivité.

Pour les électeurs :

  • Vérifier les candidats : quels candidats ont une expérience de direction et une compétence économique démontrables ?
  • Augmenter la participation électorale – une participation faible favorise le statu quo.

Assurance qualité et vérification des faits

  • [x] Déclarations centrales vérifiées (croissance démographique 2 % contre 30 % Lucerne selon l'Office fédéral