Auteur : clarus.news Source : clarus.news

Résumé

Esther Friedli, politicienne financière de l'UDC aux États, défend le blocage de son parti contre les réductions dans l'agriculture et critique le programme d'économies allégé du Conseil fédéral. Elle insiste sur une stratégie de défense claire avant d'approuver d'autres dépenses d'armement et refuse catégoriquement un assouplissement du frein à l'endettement. L'initiative controversée de l'UDC visant à limiter la population suisse à 10 millions d'habitants est également au centre du débat.

Personnes

Thèmes

  • Programme d'économies et budget fédéral
  • Subventions agricoles
  • Réarmement militaire et politique de défense
  • Frein à l'endettement
  • Politique de migration et initiative des 10 millions
  • Neutralité versus sécurité
  • Parité des genres et politique des femmes

Résumé détaillé

L'émission « Samstagsrundschau » avec Dominik Meier aborde le programme d'économies du Conseil fédéral réduit par les États, l'UDC ayant joué un rôle central dans le blocage des objectifs d'économies. Esther Friedli affirme qu'il existe des problèmes de dépenses fondamentaux à l'échelon fédéral, mais que le programme d'économies a été réduit de manière irréaliste et que des moyens insuffisants restent désormais pour le réarmement militaire prévu et la 13e rente AVS.

Un point de discorde central est la politique agricole. Friedli défend farouchement le rejet des réductions dans ce secteur. Elle affirme que l'agriculture est restée réellement stable au cours des 20 dernières années, tandis que le budget fédéral a augmenté de 40 milliards de francs. Avec un salaire horaire moyen de 17 francs, elle décrit la situation des familles paysannes comme précaire. Elle souligne les exigences considérablement accrues – que ce soit dans le domaine environnemental ou du bien-être animal – et insiste sur le fait qu'un taux d'auto-approvisionnement de seulement 42 pour cent en Suisse est préoccupant.

Meier rétorque avec des statistiques : les revenus des agriculteurs et agricultrices auraient augmenté de 30 pour cent en dix ans, la satisfaction s'étant manifestement accrue. Friedli rétorque que cette augmentation doit être mise en contexte – le salaire horaire de 17 francs est incomparable au niveau international, et la comparaison avec la croissance du PIB (un peu moins de 25 pour cent) montre une croissance proportionnelle.

Concernant le réarmement militaire, Friedli adopte une position nuancée. Elle ne soutient pas sans conditions le ministre de la Défense Martin Pfister dans sa demande de 1,3 milliard de francs pour les 36 avions de chasse F-35. Elle exige d'abord une stratégie claire et une réorganisation au sein du département de la Défense (DDPS), car elle voit une « surstructure » manquant de lien avec la véritable capacité de défense. Elle critique les anciens échecs en matière d'armements et insiste sur l'importance du sérieux.

Un point intéressant : il existe aussi des positions différentes au sein de l'UDC. Werner Salzmann, un collègue conseiller aux États de l'UDC, insiste sur un réarmement immédiat sans conditions préalables. Friedli explique que certaines femmes au sein de l'UDC pensent différemment – moins militaristes, mais tout aussi soucieuses de la sécurité. Elle voit la neutralité et les bons offices (médiation, aide humanitaire) comme la contribution à la sécurité la moins onéreuse pour la Suisse.

Sur la question du financement, Friedli s'exprime sans ambiguïté : un assouplissement du frein à l'endettement n'est pas négociable pour elle – il s'agit d'« un des instruments de politique financière les plus importants » pour la stabilité et la prospérité. Elle rejette une augmentation de la TVA comme « très antisociale », car elle réduit le pouvoir d'achat et affecte particulièrement les personnes de condition modeste. Elle insiste sur d'autres possibilités d'économies, notamment dans l'aide au développement (où elle souhaite économiser 400 millions) et dans le domaine de l'asile.

Un baromètre électoral de la SRG montre : seuls 14 pour cent des électeurs de l'UDC citent la défense nationale comme défi politique le plus important – nettement moins que pour le PLR et le Centre. Friedli laisse entendre que les augmentations de TVA pour l'armement n'ont aucune chance auprès de la base, c'est pourquoi « d'autres solutions » sont nécessaires.

Concernant le paquet de contrats controversé avec l'UE : Friedli relativise les « déclarations séparatistes » d'Ueli Maurer et de Toni Brunner. Ils ne voulaient pas vraiment diviser, mais pointer les conséquences drastiques – le droit de l'UE serait directement repris, les droits politiques restreints. Elle critique le fait que certains milieux présentent le paquet contractuel comme un « développement normal », alors qu'il aurait des répercussions considérables.

Pour des questions personnelles, Friedli se montre ouverte : à la question sur l'épargne (échelle 1–10), elle répond « sept » et souligne que les économies de précaution sont importantes. Sur l'héritage du PDC, elle donne une note de « 4–5 » – la famille et la politique familiale sont centrales. À la question « Quel féministe ? », elle répond « deux » et se distingue du « féminisme de gauche », mais s'appuie sur l'égalité des droits stricte et la tolérance zéro contre la discrimination des femmes et des hommes migrants.

Vis-à-vis du mariage avec Toni Brunner, elle ne montre aucune fatigue (répond par « zéro » à la question énervante). Elle souligne qu'elle se définit comme une femme politicienne indépendante avec un style différent, mais qu'elle est fière de l'héritage politique de Brunner.

L'initiative de l'UDC visant à limiter la population suisse à 10 millions d'habitants est largement discutée. Friedli affirme que l'ancienne initiative contre l'immigration de masse (2014) n'a pas été mise en œuvre par le Parlement – depuis lors, 800 000 autres personnes sont venues en Suisse, plus de 80 000 l'année dernière. Elle décrit la croissance comme insoutenable et compare l'immigration annuelle à la taille de villes comme Saint-Gall ou Lucerne.

Le nouveau concept prévoit un système en cascade : à partir de 9,5 millions, des mesures doivent intervenir – d'abord dans la politique d'asile et le regroupement familial, puis dans d'autres domaines. La dénonciation de la libre circulation des personnes serait le « dernier bouton ». Friedli critique les contrepropositions offertes par le Centre et le PLR (taxe sur l'immigration, mesures antérieures sans plafond) comme insuffisantes. Elle veut de la contrainte et craint qu'une contreproposition ne soit à nouveau pas mise en œuvre.

Elle souligne que la Suisse a crû 18 fois plus vite que l'Allemagne et 6,5 fois plus vite que l'Italie – un tempo démographique qui « ne peut simplement pas continuer ». Les chiffres du chômage montrent : avec une part d'étrangers de 25,5 %, plus de 72 000 étrangers et étrangères sont au chômage contre 65 000 Suisses et Suissesses.


Messages clés

  • Les États ont réduit le programme d'économies du Conseil fédéral d'un tiers ; il menace un déficit de plusieurs milliards si d'autres solutions ne suivent pas rapidement.

  • L'UDC a bloqué les réductions dans l'agriculture en arguant que ce secteur est resté réellement stable au cours des 20 dernières années, tandis que le budget fédéral a augmenté de 40 milliards.

  • L'agriculture vit sous une pression extrême : salaire horaire moyen de 17 francs, sept jours par semaine, exigences accrues en matière d'environnement et de bien-être animal, taux d'auto-approvisionnement de seulement 42 pour cent.

  • Friedli exige une stratégie de défense claire avant d'autres milliards d'armements ; elle critique le manque de sérieux au DDPS et les anciens débâcles en matière d'armements.

  • Le frein à l'endettement n'est pas négociable pour elle – instrument de stabilité central ; elle rejette l'augmentation de la TVA comme antisociale.

  • Les mesures d'économies doivent principalement s'appliquer à l'aide au développement (400 millions à réduire) et au domaine de l'asile ; seuls 14 pour cent des électeurs de l'UDC considèrent le réarmement militaire comme la tâche la plus importante.

  • Politique des femmes (« Féminisme : 2/10 ») : elle se distingue du féminisme de gauche, mais s'appuie sur l'égalité des droits stricte et la tolérance zéro contre la discrimination dans la migration.

  • Initiative UDC des 10 millions au centre du débat : la Suisse croît 18 fois plus vite que l'Allemagne ; 800 000 personnes ont été ajoutées depuis l'initiative contre l'immigration de masse en 2014 ; elle rejette les contrepropositions – elles veulent une contrainte plutôt qu'une nouvelle non-mise en œuvre.

  • Le taux de chômage des étrangers et étrangères est parfois plus élevé que celui des Suisses et Suissesses malgré une cohorte plus petite – indique des problèmes d'intégration non résolus.

  • Au sein de l'UDC : les femmes (comme Friedli) voient la sécurité différemment des hommes (Werner Salzmann) – moins militaristes, davantage axées sur la neutralité et les bons offices.


Métadonnées

Langue : Allemand
ID Transcript : 42
Nom du fichier : Tagesgespraech_radio_AUDI20251220_NR_0042_3720dd30b15e42179b71c060d1f353db.mp3
URL d'origine : https://download-media.srf.ch/world/audio/Tagesgespraech_radio/2025/12/Tagesgespraech_radio_AUDI20251220_NR_0042_3720dd30b15e42179b71c060d1f353db.mp3
Date de création : 2025-12-28 09:29:47
Longueur du texte : 34 318 caractères