Auteur : Valentin Ade Source : fuw.ch Date de publication : 05.05.2026
Mode rédactionnel : CLARUS_ANALYSIS Recommandation d'index : INDEX Langue/Rôle : FULL_ANALYSIS Date de vérification des faits : 05.05.2026
Résumé
La commission économique du Conseil des États a reporté l'examen de la dotation en fonds propres de l'UBS et souhaite examiner des « variantes et alternatives » à la proposition du Conseil fédéral. La commission ne se réunira à nouveau sur ce sujet qu'à la mi-août, de sorte qu'elle ne pourrait arriver à la petite chambre qu'au plus tôt lors de la session d'automne. En parallèle, l'UBS envisage d'offrir à partir de fin 2027 aux États-Unis des comptes privés et d'épargne ainsi que des services de crédit. Une étude empirique du professeur d'économie de Bâle Peter Kugler montre que les plus grands bilans des grandes banques suisses sont statistiquement associés à des bénéfices inférieurs.
Personnes
- Peter Kugler (Professeur d'économie à Bâle ; analyse de données bancaires)
- Valentin Ade (Auteur ; responsable de rubrique Opinions)
Thèmes
- Régulation des fonds propres des grandes banques
- Expansion de l'UBS aux États-Unis
- Stabilité financière et contribuables
- Influence des lobbies au parlement
Clarus Lead
Le report est stratégique : en reportant le renforcement des fonds propres à l'automne, le Conseil des États donne au lobby bancaire tout un été pour influencer les parlementaires. Parallèlement, l'UBS envisage une expansion internationale concrète aux États-Unis – avec un métier de crédit qui gonfle le bilan. De nouvelles données de recherche montrent cependant que ce modèle de croissance pèse sur la rentabilité et rend des règles de fonds propres plus strictes indispensables, non optionnelles. Le paradoxe : tandis que le Conseil des États affaiblit les exigences de fonds propres, il souhaite simultanément ancrer dans la loi le mécanisme public de liquidité (aide d'urgence de l'État) – factuellement une subvention cachée aux contribuables.
Résumé détaillé
L'analyse empirique de Peter Kugler portant sur les données bancaires de 1987 à 2024 établit des faits solides : chez les grandes banques suisses, il existe une corrélation négative statistiquement significative entre la taille du bilan et la rentabilité. La conclusion de Kugler est sans équivoque : « Leurs bénéfices fluctuent fortement, mais ne suivent aucun sentier de croissance à long terme. » La politique de croissance agressive a massément réduit la rentabilité dans le passé – une découverte qui remet en question le modèle classique d'expansion à tout prix.
L'expansion de l'UBS aux États-Unis illustre ce mécanisme de risque de manière concrète. Avec son activité de dépôts et la fourniture de crédits aux Américains fortunés, la filiale américaine augmente son bilan et accroît le risque. Tant que cette expansion n'est pas couverte à 100 % par des fonds propres CET1 (capital de base solide), le contribuable suisse assume factuellement les risques de défaut provenant de l'étranger. Le Conseil fédéral avait déjà présenté une « proposition de compromis modérée » – la couverture à 100 % en CET1 pour les filiales étrangères. Mais la commission ouvre désormais la porte aux obligations AT1, un instrument controversé avec une faible couverture de risque.
L'annonce parallèle de la réactivation du mécanisme public de liquidité renforce la perversité : tandis que le parlement n'exige pas de risque supplémentaire de la part de l'UBS, le contribuable doit durables assumer le passif via un filet de sécurité ancré dans la loi – un modèle classique « les profits sont privés, les pertes sont socialisées ». L'UBS devrait bien rembourser le PLB, mais la dépendance structurelle persiste. Les mois d'été seront décisifs : le lobby bancaire a désormais le temps de rendre les « alternatives » attrayantes, qui en réalité transfèrent les risques au grand public.
Points clés
- Le Conseil des États repousse la décision sur les fonds propres jusqu'à l'automne et crée de l'espace pour les lobbies pendant l'été
- L'UBS envisage un métier de crédit aux États-Unis à partir de 2027, qui élargit le risque du bilan sans exigences accrues de fonds propres
- Étude empirique : les plus grands bilans sont corrélés chez les grandes banques suisses avec des bénéfices inférieurs – des fonds propres solides sont nécessaires, non optionnels
- Le contribuable assumerait factuellement l'expansion internationale, tandis que le Conseil des États ancre simultanément l'aide d'urgence de l'État (PLB)
Questions critiques
Données/qualité des données : L'étude de Kugler couvre 1987–2024 – cette période englobe-t-elle les changements structurels de la régulation bancaire (Bâle I–III) qui pourraient affaiblir la validité pour les règlements actuels ?
Qualité des données : Les corrélations identifiées (plus grands bilans = bénéfices inférieurs) sont-elles causales ou corrélatives ? Par exemple, la volatilité du marché ou les taux d'intérêt plutôt que la taille du bilan pourraient-ils déterminer le risque de rentabilité ?
Conflits d'intérêts : Quel soutien financier ou politique de lobbying l'UBS a-t-elle fourni à la commission économique ou aux conseillers des États individuels ?
Faisabilité des règles CET1 : Comment la couverture à 100 % en CET1 pour la filiale américaine changerait concrètement la compétitivité de l'UBS sur le marché américain – et quels mouvements d'évitement faut-il s'attendre ?
Alternative : obligations AT1 : Quel est le taux empirique de défaut des instruments AT1 en crise bancaire ? Sont-ils vraiment « controversés » ou scientifiquement acceptés ?
Causalité croissance–risque : Kugler montre la corrélation, non que la croissance à l'étranger conduit nécessairement à une perte de rentabilité – un métier américain bien géré pourrait-il être rentable ?
Risque de mise en œuvre PLB : Comment l'ancrage légal du PLB renforcerait l'aléa moral – c'est-à-dire encourage-t-il l'UBS à prendre plus de risques parce que le sauvetage est garanti ?
Report d'été : Y a-t-il des raisons fondées sur les données pour le report jusqu'à la mi-août, ou est-il purement stratégique pour favoriser le lobbying ?
Bibliographie
Source primaire : Débat sur les fonds propres – Le Conseil des États donne tout l'été à l'UBS pour affaiblir – Finanz und Wirtschaft, Valentin Ade, 05.05.2026
Statut de vérification : ✓ 05.05.2026
Ce texte a été réalisé avec l'aide d'un modèle d'IA. Responsabilité éditoriale : clarus.news | Vérification des faits : 05.05.2026