Auteur : clarus.news Source : clarus.news
Résumé court
À l'occasion du Forum économique mondial à Davos, le président américain Donald Trump a insulté la Suisse et la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, s'est approprié le Groenland et a attaqué le multilatéralisme. Le Conseil fédéral suisse est resté remarquablement réservé dans sa réaction publique. L'ancienne ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey critique vivement cette passivité et demande une politique étrangère suisse plus cohérente, basée sur le droit international et les règles internationales communes – non seulement pour des raisons morales, mais aussi par intérêt pragmatique.
Personnes
- Donald Trump
- Micheline Calmy-Rey
- Karin Keller-Sutter
- Dominik Meier
- Ignazio Cassis
- Guy Parmelin
- Emmanuel Macron
- Colin Powell
Thèmes
- Neutralité suisse et politique étrangère
- Droit international et cadre réglementaire international
- Politique de grande puissance américaine sous Trump
- Conflit du Groenland
- Conseil pour la paix en tant qu'alternative au Conseil de sécurité de l'ONU
- Accord commercial USA-Suisse
- Relations avec l'UE et souveraineté
- Diversification des partenariats économiques
- Catastrophe d'incendie à Gramontana
Résumé détaillé
Apparition de Trump à Davos et réaction suisse
Donald Trump a utilisé le Forum économique mondial à Davos pour des déclarations provocatrices. Il a explicitement insulté la Suisse et s'en est particulièrement pris à la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter. Immédiatement après le discours de Trump, le président de la Confédération Guy Parmelin s'est entretenu avec le président américain et deux autres conseillers fédéraux dans une conversation courtoise – sans aborder les insultes.
L'ancienne ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey critique cette réserve. Elle aurait préféré une déclaration plus claire, mais reconnaît que la prudence du Conseil fédéral est compréhensible : l'accord commercial avec les États-Unis n'est pas encore finalisé, et Trump pourrait augmenter impulsément les tarifs douaniers (actuellement 15 pour cent). Calmy-Rey souligne cependant que les provocations « ne sont que des paroles » ; le problème fondamental réside dans la critique du système de Trump envers le multilatéralisme.
Le Conseil pour la paix comme menace existentielle
Trump a présenté l'idée d'un « Conseil pour la paix » – un organe composé de et pour le président américain. En tant que président, il aurait un droit de veto à vie et agirait en tant que « shérif du monde ». La Suisse y était invitée.
Calmy-Rey avertit en termes dramatiques : si la Suisse rejoignait ce conseil, elle serait une « marionnette aux mains de Donald Trump ». La politique étrangère suisse ne pourrait plus être poursuivie de manière indépendante – la souveraineté et l'indépendance seraient perdues. Elle critique le fait que le Conseil fédéral n'ait pas immédiatement nommé publiquement cette incompatibilité fondamentale, mais ait plutôt dit qu'il fallait « l'examiner ». D'autres pays européens auraient déjà clairement répondu « non ».
Le Conseil fédéral soutient prudemment que le ministre des Affaires étrangères a déclaré que le Conseil pour la paix était problématique, mais seulement après plusieurs jours et après la rencontre avec Trump.
Crise du Groenland et question d'une politique étrangère cohérente
Trump a exigé que le Groenland (un territoire autonome du Danemark) soit incorporé aux États-Unis et a menacé d'imposer des tarifs douaniers contre l'Allemagne et la France. Le Conseil fédéral est également resté silencieux pendant plusieurs jours.
Calmy-Rey y voit une violation fondamentale du droit international et du principe de souveraineté des États. Elle demande : si la Suisse condamne l'invasion russe de l'Ukraine et déclare que cela viole la souveraineté, pourquoi reste-t-elle silencieuse sur le Groenland ?
Sa réponse : un manque de confiance dans une force de contre-pouvoir. L'Union européenne a montré son unité et Trump a cédé. Cela aurait fonctionné sans déclaration suisse. Mais Calmy-Rey soutient que la Suisse ne devrait pas rester silencieuse uniquement pour des raisons instrumentales. Elle doit plutôt défendre sa cohérence dans ses valeurs et ses intérêts – comme en 2003 lors de la guerre d'Irak, quand la Suisse s'est opposée à l'action militaire américaine sans mandat de l'ONU. Colin Powell, ministre des Affaires étrangères de l'époque, a répondu : « Si j'étais la Suisse, j'aurais pris la même décision. »
Réinterprétation de la neutralité
Calmy-Rey soutient que la neutralité suisse moderne ne signifie pas passivité, mais « la neutralité d'un juge » : prendre des décisions en faveur du droit. La Suisse devrait faire clairement savoir qu'elle adhère aux règles internationales – non pas parce qu'elle est moralement supérieure, mais parce que la sécurité juridique protège aussi ses propres intérêts.
Le Conseil fédéral, selon Calmy-Rey, semble être guidé par la peur de contrarier les États-Unis. Cette « ligne de notre politique étrangère » est pragmatique, mais pas neutre. Or, les dernières décennies l'ont montré : quand la Suisse a défendu ses valeurs de façon cohérente, cela a ouvert des portes économiques.
Souveraineté sous pression : États-Unis et UE
Le Conseil fédéral doit actuellement accomplir plusieurs actes d'équilibre :
- Négociations avec les États-Unis : l'accord commercial n'est pas encore finalisé. Un « non » clair au Conseil pour la paix pourrait provoque des tarifs douaniers.
- Négociations avec l'UE : la Suisse négocie un nouveau paquet de traités qui prévoit l'adoption dynamique du droit de l'UE – une perte de souveraineté.
Calmy-Rey constate : la Suisse cède de la souveraineté aux deux – pour avoir la paix. Mais elle soutient que cela ne doit pas être un choix binaire. La Suisse pourrait diversifier au lieu de trop dépendre d'un seul partenaire. Elle dispose par exemple de 40 accords de libre-échange ; cette stratégie devrait être poursuivie.
D'autre part, Calmy-Rey reconnaît que l'UE, malgré ses faiblesses – elle n'a pas pu empêcher la guerre en Ukraine – s'est à nouveau avérée digne de confiance sur la question du Groenland. Et : en temps d'incertitude, la Suisse a besoin d'un partenaire UE stable.
Parallèles historiques et engagement personnel
Calmy-Rey réfléchit également à sa propre période d'exercice en tant que ministre des Affaires étrangères. En 2008, elle s'est rendue en Iran pour négocier un accord gazier et protéger les citoyens américains. Elle portait un voile – une décision qui a été fortement critiquée. Elle dit : le pragmatisme et les normes élevées ne sont pas contradictoires. On peut poursuivre des intérêts économiques tout en défendant de manière cohérente l'État de droit.
La catastrophe d'incendie à Gramontana
Pour conclure, la catastrophe d'incendie du soir du Réveillon à Gramontana (Valais) est évoquée, au cours de laquelle plusieurs personnes sont décédées. Calmy-Rey est originaire de la région et était dans le chalet familial le soir du Réveillon.
Elle souligne que les victimes – en particulier les enfants qui voulaient faire la fête joyeusement – ne doivent pas être oubliées. Elle critique le fait que les enquêtes du ministère public cantonal ont progressé trop lentement (la détention préventive contre l'exploitant du bar a été ordonnée tard, puis levée).
En même temps, on envisage de ne pas simplement rouvrir l'ancien bar « La Constellation », mais d'y ériger un mémorial. Calmy-Rey s'engage en tant que citoyenne pour accompagner ce processus. Elle espère que les autorités locales feront mieux leur travail et n'endommageront pas davantage la réputation de la Suisse.
Points clés
Le Conseil fédéral était trop réservé envers Donald Trump à Davos 2026. Des déclarations claires sur le Conseil pour la paix et l'annexion du Groenland n'auraient pas fait de mal.
Le « Conseil pour la paix » de Trump est inacceptable pour la Suisse car il menace sa souveraineté et son indépendance. Un rejet rapide aurait été nécessaire.
La neutralité suisse ne signifie pas passivité, mais défense cohérente du droit international et des règles internationales – dans son propre intérêt.
Le manque de cohérence de la politique étrangère suisse est problématique : elle condamne la Russie en Ukraine, mais reste silencieuse sur l'agression des États-Unis contre le Groenland.
Le pragmatisme et le respect des principes ne doivent pas se contredire. Les États qui défendent de manière cohérente le droit gagnent la confiance et la marge de manœuvre dans les négociations.
La Suisse devrait réduire sa dépendance envers des grandes puissances isolées et diversifier sa stratégie d'accords de libre-échange.
Une relation stable avec l'UE est importante, même si cela signifie une certaine perte de souveraineté. Le prix en est actuellement acceptable.
La catastrophe d'incendie à Gramontana nécessite une enquête approfondie. Un mémorial au lieu de la réouverture du bar rendrait justice aux victimes.
Métadonnées
Langue : AllemandID de transcription : 177
Nom du fichier : Tagesgespraech_radio_AUDI20260124_NR_0060_50d2d4930bf549039d48050f591c21bc.mp3
URL d'origine : https://download-media.srf.ch/world/audio/Tagesgespraech_radio/2026/01/Tagesgespraech_radio_AUDI20260124_NR_0060_50d2d4930bf549039d48050f591c21bc.mp3?d=ap&assetId=4bad1433-429c-393d-9dbd-70d152909a6a
Date de création : 2026-01-27 11:47:07
Longueur du texte : 23223 caractères