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Numérisation et fédéralisme : est-ce même possible ? – expliqué simplement

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clarus.news | Analyse en langage simple | 22 mai 2026

La Suisse veut numériser son système de santé. Mais la Confédération et les cantons ne veulent pas la même chose. La Confédération veut tenir à distance les entreprises étrangères. Certains cantons achètent précisément ces entreprises. Nous expliquons pourquoi c'est un problème – et ce qu'on pourrait faire.


De quoi s'agit-il ?

Dans le système de santé, de nombreuses données sont générées : diagnostics, médicaments, valeurs de laboratoire. Ces données doivent être stockées et échangées numériquement. Cela doit rendre le traitement meilleur et plus sûr.

Cela semble simple. Mais en Suisse, cela ne fonctionne pas bien depuis des années. La raison n'est pas la technologie. La raison est la compétence : qui a le droit de décider ?

La Confédération et les cantons veulent des choses différentes

La Suisse est un État fédéral. Cela signifie : il y a la Confédération (le gouvernement à Berne) et 26 cantons. Dans le système de santé, ce sont surtout les cantons qui décident eux-mêmes. Aussi pour le système informatique des hôpitaux.

Maintenant, quelque chose de contradictoire se produit :

La Confédération planifie une grande plateforme pour les données de santé. Elle s'appelle « Espace de données de santé ». La Confédération ne veut pas que ces données parviennent aux entreprises américaines. La raison est une loi américaine, le Cloud Act. Cette loi oblige les entreprises américaines à remettre des données aux autorités américaines. Cela vaut même quand les données se trouvent en Suisse.

Le canton de Berne fait le contraire. L'hôpital de l'Île à Berne utilise depuis 2024 un logiciel américain. Il s'appelle Epic. Il coûte désormais 228 millions de francs. Pour comparaison : 83 millions étaient prévus au début. Et le canton veut prescrire Epic pour tous ses hôpitaux.

Le problème : la Confédération ne peut pas l'interdire. Car les cantons peuvent décider eux-mêmes ce qu'ils achètent.

Deux projets qui vont ensemble

À la Confédération, il y a deux projets importants. Ils sont liés, mais ont été séparés.

Le dossier électronique du patient (DEP) est le dossier médical numérique. Il existe depuis 2021. Mais presque personne ne l'utilise : moins de 1,5 pour cent de la population. Il est considéré comme un échec. Un professeur a dit à ce sujet seulement : « La situation est désolante. »

Le programme DigiSanté doit construire les fondations : des règles uniformes, pour que tous les systèmes informatiques comprennent les données de la même façon. (Les spécialistes appellent cela l'interopérabilité.) DigiSanté coûte jusqu'en 2034 environ 625 millions de francs.

L'erreur : la Suisse a d'abord construit le dossier (DEP). Les règles communes (DigiSanté) n'arrivent que des années plus tard. C'est le mauvais ordre. Un médecin de famille le dit ainsi : tout le monde travaille sur ordinateur, mais on ne peut pas échanger les données. On envoie des fichiers PDF par e-mail. Il n'y a pas de règles communes.

Qui a le droit de décider quoi ?

La réponse est désenchantante : personne n'a le droit de prescrire aux cantons quel logiciel est assez sûr.

  • Pour l'administration fédérale, des règles claires s'appliquent. Mais elles ne valent que pour la Confédération.
  • Les cantons et leurs hôpitaux décident eux-mêmes.
  • Les hôpitaux privés décident tout à fait librement.

Les protecteurs des données ont aussi réagi : l'Association des protecteurs de données suisses (elle s'appelle privatim) a clarifié une règle fin 2025. Les autorités ne peuvent pas stocker des données particulièrement sensibles sans protection chez de grandes entreprises de cloud étrangères. La raison : un État étranger pourrait y accéder. On perd alors le contrôle.

Le Contrôle fédéral des finances ne peut vérifier que la Confédération

Le Contrôle fédéral des finances (CDF) vérifie si la Confédération utilise bien son argent. Il a clairement nommé le problème principal : la Confédération doit atteindre quelque chose, mais ne peut pas l'imposer.

Mais le CDF ne peut vérifier que la Confédération. Il ne peut pas vérifier ce que le canton de Berne fait avec Epic. C'est pourtant là que tombent les décisions les plus coûteuses. C'est une lacune : les décisions les plus importantes se trouvent en dehors du contrôle.

Ce qu'on pourrait faire : deux propositions

Proposition 1 : La Confédération construit sa propre plateforme ouverte. La dispute sur le pays d'origine d'une entreprise n'apporte rien. Le droit du commerce mondial interdit d'exclure simplement les entreprises américaines. Mieux vaut une autre question : le logiciel fonctionne-t-il aussi sans l'entreprise fabricante ? Avec un logiciel ouvert (on appelle cela Open Source), c'est possible. Le plan de construction est ouvert. D'autres spécialistes peuvent continuer à l'exploiter. Ainsi le contrôle reste en Suisse.

Proposition 2 : Des règles contraignantes pour les hôpitaux – comme en Scandinavie. D'autres pays montrent que c'est possible. Eux aussi ont plusieurs niveaux comme la Suisse.

  • Danemark : Les données restent sur place. Mais il y a un organe national qui fait des règles fixes. Confédération, régions et communes les portent ensemble.
  • Finlande : Il y a un système national central. Tous les hôpitaux doivent participer. Presque 100 pour cent des données sont dedans.

Les deux pays ont deux choses qui manquent à la Suisse : un organe national avec du pouvoir pour fixer des règles, et une obligation de participer.

Un levier simple pour la Suisse : qui veut facturer avec les caisses maladie doit respecter des règles techniques fixes. Ainsi la Confédération pourrait atteindre les hôpitaux – sans d'abord changer la constitution.

Conclusion

La question était : « Numérisation et fédéralisme – est-ce même possible ? » Le Danemark montre : oui, c'est possible. Même un pays avec plusieurs niveaux peut y arriver.

Le problème de la Suisse n'est pas le fédéralisme. Le problème est : il manque des règles communes, et il manque un organe qui peut les imposer. Tant que c'est ainsi, la « souveraineté numérique » de la Suisse est surtout un beau mot – réparti sur 26 cantons, un office fédéral et une chancellerie fédérale, qui disent tous : en fait, c'est quelqu'un d'autre qui est compétent.


L'essentiel en bref

  • La Confédération veut tenir les entreprises étrangères à distance des données de santé. Le canton de Berne achète précisément une telle entreprise (Epic) pour 228 millions de francs.
  • Le dossier médical numérique (DEP) a échoué. Presque personne ne l'utilise.
  • Le programme DigiSanté doit construire les fondations – mais trop tard et sans pouvoir de les imposer.
  • Le Contrôle des finances ne peut vérifier que la Confédération, pas les cantons.
  • Solution : une plateforme ouverte de la Confédération et des règles fixes pour tous les hôpitaux, comme au Danemark ou en Finlande.

Ceci est la version en langage simple. L'analyse détaillée avec toutes les sources se trouve dans la version originale sur clarus.news.

Ce texte a été créé avec le soutien d'un modèle d'IA. Responsabilité rédactionnelle : clarus.news | Vérification des faits : 22.05.2026