Auteur: clarus.news
Mode rédactionnel: CLARUS_ANALYSIS Recommandation d'indexation: INDEX Langue/Rôle: FULL_ANALYSIS Date de vérification des faits: 30.05.2026
Résumé exécutif
Le programme national de recherche PNR 77 (2020–2025) a examiné dans 46 projets les impacts de la numérisation sur la société suisse, le marché du travail et la démocratie. Le professeur en informatique Abraham Bernstein, président du groupe directeur, avertit : la Suisse ne doit pas se laisser entraîner par la transformation numérique, mais doit façonner activement cette dernière. Les études révèlent des opportunités (meilleure médiation d'emploi, participation numérique) et des risques (privation d'informations chez 48 % de la population, fracture liée au genre et à l'âge dans les compétences numériques).
Personnes
- Abraham Bernstein (Professeur en informatique, Université de Zurich, Président du groupe directeur PNR 77)
- Mark Eisenäcker (Collègue de recherche, Université de Zurich ; étude sur la privation d'informations)
Thèmes
- Compétences numériques et formation continue
- Transformation du marché du travail par l'automatisation
- Participation démocratique et outils numériques
- Intelligence artificielle : transparence et régulation
- Fracture hommes-femmes et fracture générationnelle dans la numérisation
Clarus Lead
La Suisse se trouve à un tournant de la transformation numérique. Alors que la recherche et l'innovation sont leaders au niveau international, 46 études révèlent des déficits graves : près de la moitié de la population ne consomme plus de nouvelles – un risque pour des décisions électorales informées dans une démocratie directe. Parallèlement, les employeurs sous-exploitent massivement les compétences numériques de leurs collaborateurs. Le message clé des résultats de recherche présentés aujourd'hui : la numérisation est un changement sociétal, non un simple problème technique. Les décideurs politiques, économiques et des institutions éducatives doivent réguler et investir activement – sinon les opportunités comme l'appairage des emplois et la participation seront perdues.
Résumé détaillé
La numérisation comme interaction entre technologie et société
La compréhension de la numérisation va au-delà de la simple adoption technologique. Selon Bernstein, il s'agit d'une influence mutuelle : les technologies modifient les modes d'utilisation (du journal papier aux fils d'actualité mobiles, de la télévision au streaming), ce qui crée de nouvelles attentes envers les développeurs. Cela est visible dans la consommation médiatique, la communication politique et les structures de travail.
Éducation et marché du travail : des compétences tout au long de la vie nécessaires
La recherche exige de promouvoir les compétences numériques tout au long de la vie – pas seulement à l'école. Les employeurs et les salariés doivent partager la responsabilité. Particulièrement pertinent : les plateformes d'emploi devraient moins se concentrer sur les titres de poste et davantage sur le catalogue de compétences. Un exemple de la recherche : quelqu'un qui a appris l'horlogerie pourrait appliquer des compétences connexes en technologie dentaire – un potentiel qui reste inutilisé aujourd'hui. Deux études ont examiné comment les demandeurs d'emploi et les employeurs peuvent mieux se trouver grâce à l'appairage des compétences.
Démocratie sous pression : privation d'informations et participation numérique
Un risque central : 48 % des personnes étudiées ne consomment plus de nouvelles (étude Mark Eisenäcker). Fatal pour la démocratie directe – les citoyens ne peuvent voter que sur la base d'informations. Des solutions issuesde deux projets pilotes :
- Discussions communales électroniques (Université de Berne, Canton de Berne) : des milliers de citoyens ont discuté numériquement avant les votes ; légitimité accrue des résultats.
- Budgétisation participative (Université de Fribourg + EPF, Ville d'Aarau) : les citoyens façonnent numériquement les décisions d'investissement ; sentiment de participation plus élevé indépendamment de l'issue.
Contremesure : enthousiasmer pour la politique plutôt que pour les médias – quiconque s'intéresse aux processus politiques consomme automatiquement plus de nouvelles.
Intelligence artificielle : fiabilité plutôt que confiance
L'IA est souvent critiquée comme une « boîte noire ». Bernstein fait la distinction : la confiance est un sentiment (interpersonnel) ; la fiabilité est une propriété mesurable. Cela peut être résolu par la transparence – par exemple, les arbres de décision sur l'ensemble de données Titanic montrent clairement : le sexe était un facteur de survie, puis la classe. ChatGPT n'offre pas cette traçabilité. La conséquence : les utilisateurs doivent développer une compréhension des limites – l'IA fait des erreurs statistiquement, invente parfois des faits. Un conseil médicamenteux via l'IA est plus risqué qu'une suggestion de recette de cuisine.
Régulation : une voie suisse entre innovation et sécurité
Alors que l'UE régule strictement (AI Act), la Suisse choisit une fixation de limites plus flexible. En parallèle, un modèle linguistique propre est en cours de développement pour préserver la souveraineté numérique. Point critique : la régulation doit être appliquée – sans conséquences, elle s'avère inefficace (par exemple, avec les deepfakes en campagne électorale).
Fracture hommes-femmes et fracture générationnelle
Une étude de l'Université de Bâle montre : les femmes évaluent leurs compétences numériques nettement moins que les hommes – et considèrent la formation continue comme moins importante. Les groupes de population plus âgés participent moins. Paradoxes dans les universités : les professeures évaluent l'utilisation de ChatGPT par les étudiants plus faiblement que les étudiants eux-mêmes. Bernstein demande : un rapport ludique à la technologie pour réduire les appréhensions – les erreurs sont normales pour les machines statistiques.
Points clés
- La transformation numérique est une interaction entre technologie et application sociétale – non linéaire et non techniquement déterminée.
- Les compétences numériques tout au long de la vie exigent des investissements de l'État, des employeurs et des individus ; la formation scolaire actuelle ne suffit pas.
- La privation d'informations (48 %) menace des décisions électorales informées ; les outils de participation numérique peuvent accroître la légitimité et augmenter la consommation de nouvelles.
- La fiabilité de l'IA exige de la transparence et du scepticisme des utilisateurs, non une confiance aveugle ; le contexte d'application est décisif (recette de cuisine vs médicament).
- La fracture hommes-femmes et générationnelle dans les compétences et la sécurité numériques exigent une formation continue spécifiquement accessible et un cadrage positif.
- La Suisse doit réguler activement et construire une infrastructure souveraine plutôt que d'être entraînée par les plateformes mondiales.
Questions critiques
(a) Preuves / Qualité des données / Validité des sources
- L'étude cite « 48 % de privation d'informations » – s'agit-il de l'échantillon étudié ou d'une extrapolation à la population entière ? Quelles caractéristiques démographiques ont été contrôlées ?
- Les 46 projets s'étendent sur 5 ans (2020–2025) : à quel point les résultats sont-ils cohérents sur cette période, durant laquelle l'IA (ChatGPT : nov. 2022+) s'est massément accélérée ?
- Les études sur l'appairage d'emploi ne mentionnent pas les nombres de participants, les taux de succès ou la comparabilité avec les plateformes existantes – à quel point cette recommandation est-elle fiable ?
(b) Conflits d'intérêts / Incitations / Indépendance
- Le PNR 77 a été mandaté par le Conseil fédéral – les recommandations en faveur d'une « régulation plus flexible » (vs rigueur de l'UE) sont-elles structurellement biaisées en faveur des intérêts de l'industrie suisse ?
- Qui finance le développement du « modèle linguistique propre » ? Existe-t-il un conflit d'intérêts entre la recherche académique et le secteur privé de l'IA ?
(c) Causalité / Alternatives / Contre-hypothèses
- La privation d'informations est attribuée au changement technologique (streaming, réseaux sociaux) – mais ne pourraient-ils pas être des facteurs : une confiance réduite dans les médias établis ou un refus délibéré d'information ?
- Les opportunités d'appairage d'emploi reposent sur des projets pilotes – les effets d'échelle et la dynamique du marché sont-ils pris en compte ? Les grandes plateformes pourraient-elles absorber cela au lieu de le démocratiser ?
(d) Faisabilité / Risques / Effets secondaires
- « Compétences tout au long de la vie » – comment les coûts sont-ils répartis entre l'État, l'employeur et l'individu ? Risque : l'obligation de formation continue devient un facteur d'épuisement professionnel (Bernstein confirme : « chaque semaine, adapter les diapositives »).
Bibliographie
Source primaire: SRF Tagesgespräch (28.05.2026) – « Abraham Bernstein: Die digitale Transformation mitgestalten » – Audio Podcast
Sources complémentaires (citées dans la transcription):
- PNR 77 – Programme national de recherche « Transformation numérique » (2020–2025)
- Étude Stanford sur la recherche en IA (classement par chercheurs par habitant)
- Université de Bâle – Étude sur la fracture liée au genre dans l'auto-évaluation des compétences numériques
- Université de Berne – Projet pilote de discussions communales électroniques (Canton de Berne)
- Université de Fribourg + EPF – Budgétisation participative (Ville d'Aarau)
Statut de vérification: ✓ 30.05.2026
Ce texte a été rédigé avec le soutien d'un modèle IA.
Responsabilité rédactionnelle : clarus.news | Vérification des faits : 30.05.2026