Auteur : kmu.admin.ch Source : kmu.admin.ch

Mode rédactionnel : CLARUS_ANALYSIS Recommandation d'index : INDEX Langue/Rôle : FULL_ANALYSIS Date de vérification des faits : 03.06.2026

Résumé court

Matthias Stürmer, directeur de l'Institut de transformation du secteur public à la Haute école spécialisée bernoise, demande un renforcement de l'utilisation des logiciels open source pour renforcer la souveraineté numérique de la Suisse. Les PME et les autorités suisses dépendent de plus en plus de grandes entreprises technologiques comme Microsoft et Google. Des entreprises nationales comme Infomaniak, Phoenix ou Proton offrent déjà des alternatives dans les domaines du courrier électronique, du cloud et de l'échange de documents. L'État, en tant que grand utilisateur de solutions numériques, doit jouer un rôle de précurseur. La nouvelle loi fédérale sur les moyens électroniques oblige les autorités fédérales à publier les logiciels développés en open source.

Personnes

  • Matthias Stürmer (Directeur Institut transformation du secteur public, Haute école spécialisée bernoise)

Thèmes

  • Souveraineté numérique
  • Logiciels open source
  • Verrouillage des fournisseurs
  • Indépendance technologique

Clarus Lead

Les tensions géopolitiques mondiales font de l'indépendance numérique une nécessité stratégique pour les autorités et l'économie. La Suisse intensifie cette question de dépendance : l'administration publique a investi près de 3 milliards de francs en licences de logiciels propriétaires au cours des dix dernières années – une raison de repenser sa stratégie. Avec la nouvelle loi fédérale sur les moyens électroniques, la Suisse s'est doté d'un instrument qui permet aux entreprises informatiques privées d'accéder au code source financé par les fonds publics et favorise ainsi la diversification du marché.

Résumé détaillé

Les logiciels open source abordent le problème central de la dépendance numérique : le verrouillage des fournisseurs. Les fournisseurs propriétaires conçoivent délibérément leurs solutions de manière incompatible avec les produits concurrents, ce qui rend économiquement non rentable le passage à d'autres fournisseurs. Les modèles open source permettent en revanche un accès libre au code source, une évolution continue et une sélection flexible des fournisseurs – essentiels pour la souveraineté numérique.

L'écosystème technologique suisse ne peut pas répondre complètement aux besoins. Le développement de suites logicielles intégrées coûte des milliards – au-delà des capacités des entreprises locales. Stürmer mise sur la coopération en réseau plutôt que sur l'autarcie nationale : le réseau pour la souveraineté numérique en Suisse doit mettre en réseau les acteurs suisses pour offrir ensemble des solutions spécialisées.

Des exemples de succès pratiques existent : la Cour fédérale utilise depuis plus de 20 ans Linux et LibreOffice et a développé OpenJustitia pour la gestion des dossiers de manière autonome. La Schleswig-Holstein a démontré la scalabilité : avec un investissement de 9 millions d'euros, le Bundesland a migré vers OpenDesk, une suite open source du Centre pour la souveraineté numérique de l'administration publique.

La nouvelle loi fédérale sur les moyens électroniques renforce cet effet : en obligeant les autorités fédérales à publier en open source le développement de leurs logiciels, les entreprises informatiques privées bénéficient de l'accès au code source. Elles peuvent adapter les solutions pour les clients et les développer davantage, ce qui augmente à long terme la diversité du marché et réduit la concentration des fournisseurs.

Messages clés

  • La dépendance numérique vis-à-vis de Microsoft, Google et d'autres géants est un risque stratégique ; les normes ouvertes permettent de changer de fournisseur et réduisent le verrouillage des fournisseurs
  • Les solutions alternatives suisses (Infomaniak, Phoenix, Proton) sont techniquement compétitives, mais ne couvrent pas tous les besoins des entreprises – la coopération plutôt que l'autarcie est le modèle
  • L'État doit être un précurseur : son pouvoir de marché et ses ressources catalysent la transition vers l'open source ; le secteur public finance alors les services privés basés sur ce logiciel

Questions critiques

  1. Evidence/Qualité des données : L'affirmation selon laquelle les solutions logicielles suisses seraient « équivalentes » aux offres internationales repose-t-elle sur des études comparatives empiriques ou des avis de clients, ou s'agit-il d'un avis d'expert sans preuve d'évaluation comparative ?

  2. Conflits d'intérêts : Stürmer préside CH Open et le Digital Impact Network – ces positions sont-elles coordonnées avec son plaidoyer en faveur des solutions open source, et une dépendance institutionnelle au financement de l'open source pourrait-elle influencer ses recommandations ?

  3. Causalité : Part-on du principe que l'investissement public dans l'open source conduit automatiquement à l'adoption du secteur privé, ou des mécanismes d'incitation supplémentaires (subventions, obligations) sont-ils nécessaires pour encourager les PME à changer ?

  4. Faisabilité/Risques : La migration de logiciels propriétaires vers open source nécessite « des investissements considérables » – comment les PME disposant d'un budget limité peuvent-elles supporter ces coûts initiaux si le ROI n'intervient qu'à long terme et que les risques de sécurité des données doivent être minimisés pendant la transition ?

  5. Qualité des données – Coûts : Le rapport mentionne l'investissement de 9 millions d'euros de la Schleswig-Holstein comme exemple, mais ne donne pas de comparaisons de coûts entre la migration vers l'open source et la poursuite de l'exploitation des systèmes propriétaires sur le même horizon temporel – manque de comparabilité ?

  6. Alternative géopolitique : Les solutions logicielles commerciales non américaines (par exemple de l'UE ou de Suisse) sont-elles reconnues comme souveraineté numérique, ou l'open source est-il positionné comme le seul modèle de solution ?

  7. Diversification du marché : La publication obligatoire en open source des logiciels des autorités fédérales conduit-elle à une véritable concurrence sur le marché privé, ou l'utilisation se concentre-t-elle toujours sur quelques acteurs dominants qui peuvent commercialiser ces codes sources de manière la plus efficace ?


Répertoire des sources

Source primaire : « Dans le domaine informatique, l'État doit donner l'exemple » – Entretien avec Matthias Stürmer https://www.kmu.admin.ch/kmu/de/home/aktuell/interviews/2026/it-bereich-staat-gutem-beispiel-vorangehen.html

Statut de vérification : ✓ 03.06.2026


Ce texte a été créé avec le soutien d'un modèle d'IA. Responsabilité éditoriale : clarus.news | Vérification des faits : 03.06.2026