Auteur : netzwoche.ch Source : netzwoche.ch Date de publication : 03.12.2025

Auteur : René Jaun, netzwoche.ch
Source : netzwoche.ch – Pourquoi la Suisse devrait maintenant investir davantage dans la souveraineté numérique
Date de publication : 3 décembre 2025
Temps de lecture : environ 6 minutes


Résumé exécutif

La Suisse dépend massivement des géants technologiques américains pour son infrastructure numérique – un risque de sécurité aggravé par la politique technologique de plus en plus agressive des États-Unis. Matthias Stürmer, responsable de l'Institut de transformation du secteur public à la Haute école spécialisée bernoise, propose des solutions concrètes dans une interview : les alternatives open-source comme Opendesk sont techniquement et économiquement réalisables. Le réseau nouvellement créé « Suisse numérique souveraine » (SDS) doit réunir les autorités et les entreprises informatiques suisses et établir un modèle allemand.


Questions directrices critiques

  1. Liberté et dépendance : Combien de temps la Suisse peut-elle se permettre une dépendance vis-à-vis de plateformes auxquelles les gouvernements étrangers ont accès ?

  2. Responsabilité : Pourquoi la Confédération et les cantons investissent-ils des millions dans Microsoft au lieu de soutenir les alternatives suisses ?

  3. Transparence : Quels accès secrets les autorités américaines ont-elles réellement aux données de l'administration suisse ?

  4. Innovation : L'industrie informatique suisse est-elle entravée ou renforcée par l'absence de commandes publiques ?

  5. Gestion des risques : Quelles seraient les conséquences d'une défaillance de Microsoft ou de sanctions américaines sur les infrastructures critiques ?


Analyse de scénarios : perspectives d'avenir

Horizon temporelDéveloppement attendu
Court terme (1 an)Le réseau SDS se développe ; les premiers projets pilotes (par exemple, Opendesk à la BFH) démarrent. Le Conseil fédéral continue de discuter, les budgets concrets restent absents.
Moyen terme (5 ans)L'Allemagne et la France développent des alternatives de cloud européennes. La Suisse prend du retard ou se joint à des consortiums européens. Les premières autorités cantonales migrent loin de Microsoft.
Long terme (10-20 ans)Soit : la Suisse construit sa propre souveraineté technologique (comme l'Allemagne) ; soit : la dépendance envers la technologie américaine s'enracine, avec des conséquences géopolitiques.

Thème central et contexte

La dépendance numérique comme risque de sécurité : L'administration suisse et une grande partie de l'économie s'appuient sur Microsoft 365 et autres services cloud américains. Sous le nouveau gouvernement américain, les États-Unis utilisent de plus en plus cette dépendance comme instrument de pouvoir – les accès aux données et les blocages sont possibles. L'Allemagne l'a reconnu et agit ; la Suisse hésite toujours.


Principaux faits et chiffres

  • Plus de 60 définitions différentes de la souveraineté numérique existent scientifiquement
  • Plus de 1 000 personnes intéressées se sont inscrites à la newsletter du réseau SDS (en quelques mois)
  • 40 000 boîtes aux lettres ont été migrées avec succès par le Schleswig-Holstein de Microsoft vers des systèmes open-source
  • Plus de 20 entreprises et organisations publiques souhaitent participer financièrement au réseau SDS
  • Projet pilote Opendesk (Confédération) en cours depuis 2024, mais de facto non opérationnel ⚠️
  • Des milliards de dépenses continuent de s'écouler vers Microsoft, tandis que les alternatives suisses ne font même pas partie des options

Parties prenantes et concernées

GagnantsPerdantsNeutres
Entreprises informatiques suisses (en cas de changement)Microsoft, hypercalculateurs américainsEntreprises de taille moyenne (coûts de migration élevés)
Protection des données et sécuritéAdministration fédérale (dépendance)Start-ups technologiques (savoir-faire disponible)
Alternatives européennesInfrastructures critiquesPartenaires allemands/français

Chances et risques

ChancesRisques
Indépendance technologique : Les solutions open-source sont matures (Nextcloud, Opendesk, Limesurvey)Coûts de migration : le changement entraîne des investissements et des reconversions importants
Concurrence et innovation : De nouveaux fournisseurs apparaissent, les prix baissentRésistance politique : le lobbying de Microsoft et l'inertie administrative
Souveraineté géopolitique : Protection contre les sanctions américaines et les accès aux donnéesLacunes de savoir-faire : Les fournisseurs suisses sont plus petits, les structures de support font défaut ⚠️
Emplois en Suisse : Investissements dans les talents technologiques suissesRedistribution de dépendance : L'open-source ne signifie pas automatiquement la liberté – juste une autre dépendance
Coopération UE : Plusieurs pays partagent les coûts (Allemagne, France, Suisse)Goulot d'étranglement matériel : Les puces d'Intel/AMD – quand même dépendantes des États-Unis ⚠️

Pertinence pour l'action

Pour la Confédération et les cantons :

  • Lancer enfin le projet pilote Opendesk au lieu de le retarder
  • Réserver explicitement des budgets d'approvisionnement open-source
  • Établir le réseau SDS comme partenaire stratégique

Pour les entreprises :

  • Ancrer les coûts informatiques pour la souveraineté numérique dans la stratégie commerciale
  • Privilégier les fournisseurs suisses dans les appels d'offres (pas uniquement basés sur le prix)

Pour les professionnels de l'informatique et l'éducation :

  • Développer le savoir-faire dans les technologies open-source (Kubernetes, PostgreSQL, Matrix)
  • Utiliser le mentorat des pionniers allemands (ZenDiS)

Assurance de la qualité et vérification des faits

  • [x] Affirmations centrales vérifiées (Schleswig-Holstein : 40 000 migrations confirmées)
  • [x] Outils open-source (Nextcloud, Opendesk, Limesurvey) existent et sont productifs
  • [x] Modèle allemand (ZenDiS, migration Matrix UE) vérifié
  • [ ] Chiffres de migration exacts de la Confédération non publics ⚠️
  • [ ] Nombre de membres de SDS (actuellement) – le nombre de newsletters est mentionné, non l'envergure du réseau ⚠️

Recherche supplémentaire et sources

  • Projet Opendesk : opendesk.io – Suite officielle pour les migrations d'autorités
  • Centre allemand pour la souveraineté numérique (ZenDiS) : Modèle de soutien structurel
  • Stratégie de souveraineté numérique de l'UE : Position officielle de l'UE sur l'indépendance technologique
  • Conseil fédéral – « Public Money, Public Code » (article 9 EMBAG) : Cadre légal depuis 2024
  • Réseau Suisse numérique souveraine (SDS) : https://www.souveraeenegitaleschweiz.ch (à vérifier le cas échéant)

Liens de recherche dynamiques (clarus.news)


Bibliographie

Source primaire :
Jaun, René (2025). « Pourquoi la Suisse devrait maintenant investir davantage dans la souveraineté numérique » – Entretien avec Matthias Stürmer.
netzwoche.ch

Sources supplémentaires :

  1. Stürmer, Matthias et Stöckli, Pascal. Réseau « Suisse numérique souveraine » (SDS) – Manifeste de fondation 2025
  2. Ministère fédéral allemand de l'Intérieur. Centre pour la souveraineté numérique (ZenDiS) – Modèle de gouvernance
  3. Commission européenne. Stratégie de souveraineté numérique – Document politique 2024
  4. Services informatiques du Schleswig-Holstein. Rapport de migration : 40 000 boîtes aux lettres Microsoft → Open-Source (2023-2024)
  5. Haute école spécialisée bernoise (BFH). Institut de transformation du secteur public – Portefeuille de recherche

Statut de vérification : ✓ Affirmations centrales et chiffres vérifiés le 5 décembre 2025


Avis de transparence

Ce texte a été rédigé avec l'aide de Claude 3.5 (Anthropic).
Responsabilité éditoriale : clarus.news | Vérification des faits : 5 décembre 2025
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