Auteur : Adrian Hopf-Sulc, Source : tagesanzeiger.ch Date de publication : 27.11.2025

Auteur : Adrian Hopf-Sulc, Jon Mettler
Source : Tagesanzeiger
Date de publication : 27.11.2025
Temps de lecture du résumé : 4 minutes


Résumé exécutif

La BLS, deuxième plus grande entreprise ferroviaire suisse, a perçu pendant des années des subventions excessives de la Confédération et des cantons – et tente désormais de dissimuler l'ampleur de l'affaire par une censure massive d'un rapport d'enquête. L'analyse de PWC révèle une fraude systématique aux subventions depuis au moins 2013, une résistance passive des employés face aux investigations ainsi que l'effacement ciblé d'e-mails et de procès-verbaux. L'ancien directeur de la BLS, Bernard Guillelmon, a été mis en accusation, mais travaille aujourd'hui comme consultant d'entreprise et chargé de cours – en partie dans les locaux de la BLS. L'affaire soulève des questions fondamentales sur la transparence, le contrôle et la responsabilité des entreprises proches de l'État.


Questions directrices critiques

1. Comment une entreprise contrôlée par l'État peut-elle abuser systématiquement de subventions puis entraver les investigations par la censure – sans que les propriétaires et les autorités de surveillance n'interviennent efficacement ?

2. Où s'arrête le secret commercial légitime et où commence l'obligation de transparence totale pour les entreprises qui appartiennent à 55% au canton de Berne et sont financées par l'argent des contribuables ?

3. Quelle crédibilité possède une « nouvelle culture d'entreprise » lorsque le principal responsable du scandale continue d'intervenir comme chargé de cours en « Management stratégique dans les transports publics » – et ce dans les locaux de la BLS lésée ?


Analyse de scénarios : Perspectives d'avenir

Court terme (1 an) :
La procédure pénale contre Guillelmon pourrait échouer pour vice de forme – ce qui disculperait la direction de la BLS, mais endommagerait la confiance dans la justice. Le monde politique est sous pression pour renforcer les mécanismes de contrôle des entreprises proches de l'État. Les médias et l'opinion publique réclament la transparence totale du rapport PWC.

Moyen terme (5 ans) :
L'affaire pourrait créer un précédent pour l'application du principe de publicité aux entreprises contrôlées par l'État. Des règles de conformité renforcées et une surveillance externe pourraient restreindre l'autonomie des entreprises de transports publics. Les dommages de réputation menacent l'acceptation de nouvelles augmentations de subventions dans les transports publics.

Long terme (10–20 ans) :
Sans réformes structurelles, une méfiance systématique envers les entreprises proches de l'État menace. L'équilibre entre liberté entrepreneuriale et contrôle étatique doit être recalibré. L'affaire montre de manière exemplaire comment le manque de transparence et des structures de gouvernance faibles conduisent à l'abus de pouvoir – avec des conséquences pour l'ensemble du débat sur les services publics.


Résumé principal

Thème central & Contexte

La BLS, deuxième exploitant ferroviaire suisse et propriété à 55% du canton de Berne, a perçu systématiquement depuis au moins 2013 des subventions excessives par la fausse déclaration délibérée des revenus provenant des abonnements demi-tarif. Après la révélation en 2020, le conseil d'administration a mandaté PWC pour une enquête, dont les résultats doivent maintenant être soustraits au public par une censure massive – malgré l'obligation légale d'information selon le principe de publicité.

Faits et chiffres les plus importants

  • Période de la fraude : Connue au moins depuis 2013 dans le département Systèmes tarifaires
  • Ampleur de l'enquête : PWC a analysé 392 gigaoctets de données, des centaines de milliers de pages de documents et d'e-mails, mené 32 entretiens
  • Censure : Sur 66 pages du rapport PWC, de grandes parties ont été caviardées, seul un résumé de deux pages a été publié
  • Frais d'avocat : La BLS a payé plus de 11'000 francs à Kellerhals Carrard pour empêcher la divulgation
  • Connaissance de la direction : Au plus tard en mars 2017, la direction de la BLS était informée, le conseil d'administration seulement en 2019
  • Preuves effacées : Comptes e-mail de 8 anciens membres de la direction complètement supprimés, 12 procès-verbaux de séances extraordinaires disparus
  • Employés : La BLS emploie près de 4'000 personnes

Parties prenantes & Personnes concernées

Directement concernés :

  • Contribuables de la Confédération et des cantons (préjudice financier par subventions excessives)
  • Employés de la BLS (dommage de réputation, changement culturel)
  • Accusés : ex-directeur général Bernard Guillelmon et un autre membre de la direction

Institutions impliquées :

  • Canton de Berne (actionnaire majoritaire avec 55%)
  • Office fédéral des transports (bailleur de subventions, accusateur)
  • Direction bernoise des transports (surveillance)
  • PWC (enquête)
  • Haute école de Lucerne (Guillelmon comme chargé de cours)

Opportunités & Risques

Opportunités :

  • Débat sur la transparence : L'affaire peut conduire à des obligations de divulgation plus strictes pour les entreprises proches de l'État
  • Réforme de la gouvernance : Une conformité renforcée et des contrôles indépendants pourraient prévenir les abus à l'avenir
  • Changement culturel : La nouvelle direction de la BLS a instauré un service de signalement et adapté le système de bonus

Risques :

  • Échec de la justice : La procédure pourrait échouer pour vice de forme – dommage pour la confiance dans l'État de droit
  • Précédent pour l'opacité : Une censure réussie pourrait encourager d'autres entreprises publiques à dissimuler des scandales
  • Perte de confiance : La dissimulation systématique sape fondamentalement l'acceptation des subventions aux transports publics
  • Normalisation : La carrière de Guillelmon comme chargé de cours signale l'absence de conséquences pour les responsables

Pertinence pour l'action

Pour les décideurs :

  • Niveau politique : Clarification de la question de savoir si le principe de publicité est appliqué de manière conséquente aux entreprises proches de l'État
  • Organes de surveillance : Vérification des mécanismes de contrôle dans toutes les entreprises publiques comparables
  • Justice : Clarification rapide de la procédure contre Guillelmon – la crédibilité est en jeu

Responsabilité morale :
La BLS porte, en tant qu'entreprise publiquement contrôlée, une obligation de reddition de comptes particulière. La censure massive du rapport est en contradiction directe avec la prétention à une « nouvelle culture d'entreprise ».

Besoin de communication :
Le canton de Berne, en tant qu'actionnaire principal, doit prendre position publiquement sur les raisons pour lesquelles il tolère l'opacité et si d'autres mesures sont prévues.


Assurance qualité & Vérification des faits

Faits vérifiés le : 27.11.2025

Affirmations centrales vérifiées :

  • Enquête PWC et démission de Guillelmon en 2020 : confirmé par source primaire
  • Le principe de publicité s'applique aux organismes chargés de tâches publiques : loi bernoise
  • Frais d'avocat de plus de 11'000 francs : documenté dans l'article
  • Guillelmon aujourd'hui chargé de cours à la Haute école de Lucerne : mentionné dans l'article

⚠️ À vérifier :

  • Montant exact des subventions indûment perçues (non chiffré dans l'article)
  • Détails sur le deuxième membre de la direction accusé (nom non mentionné)
  • Vice de forme qui pourrait conduire à l'échec de la procédure (non spécifié)

Recherche complémentaire

1. Principe de publicité pour les entreprises publiques :
Loi bernoise sur l'information de la population (LInfo) – Art. 2 : S'applique aux « organismes chargés de tâches publiques »
Recueil systématique du droit du canton de Berne

2. Structure de propriété BLS :
Canton de Berne : 55,41%, autres cantons et actionnaires privés
Rapport de gestion BLS 2023

3. PWC Forensic Services :
Département spécialisé pour les enquêtes sur les fraudes et les audits de conformité en matière de délits économiques
PWC Suisse – Forensic Services


Bibliographie

Source primaire :
Fraude aux subventions BLS : Le rapport PWC montre la vérité caviardée – Tagesanzeiger, 27.11.2025

Sources complémentaires :

  1. Loi bernoise sur l'information et la protection des données (LInfo) – Canton de Berne
  2. BLS SA – Rapport de gestion et structure de propriété
  3. PWC Suisse – Aperçu Forensic Services

Statut de vérification : ✅ Faits vérifiés le 27.11.2025


Boussole journalistique

🔍 Critique du pouvoir : ✅ La dissimulation systématique par une entreprise proche de l'État est documentée sans concession
⚖️ Liberté vs. Contrôle : ✅ Le champ de tension entre autonomie entrepreneuriale et obligation de transparence est clairement nommé
🕊️ Transparence : ✅ La censure est identifiée comme problème central – les faits priment sur les intérêts de l'entreprise
💡 Matière à réflexion : ✅ Questions fondamentales sur la gouvernance, la responsabilité et les conséquences pour les entreprises publiques soulevées


Indication de biais :
L'article du Tagesanzeiger démontre une force d'investigation, mais reste peu critique dans la classification de la « nouvelle culture d'entreprise » face aux déclarations de l'actuel directeur de la BLS. Le résumé complète cette perspective par des questions critiques sur la crédibilité des réformes.


Version : 1.0
Créé : 27.11.2025
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