Auteur : clarus.news Source : clarus.news

Résumé

Le Conseil fédéral envisage des règles de fonds propres plus strictes pour l'UBS, afin de minimiser les risques systémiques après la crise de la Credit Suisse. La banque et les associations économiques critiquent les conséquences macroéconomiques, tandis que les experts de l'ETH Zurich proposent une mise en œuvre progressive avec évaluation à mi-parcours (Mid-Term Review). Cela garantirait à la fois la stabilité et prendrait en compte les préoccupations légitimes.

Personnes

Thèmes

  • Règles de fonds propres et régulation bancaire
  • Institutions financières d'importance systémique
  • Gestion des risques et stabilité du système financier
  • Compétitivité internationale

Résumé détaillé

Situation initiale : l'UBS comme risque systémique

Suite au rachat de la Credit Suisse par l'UBS en janvier 2023, la Suisse ne dispose plus que d'une seule grande banque d'importance systémique mondiale. Avec un bilan dépassant le double du PIB suisse, l'UBS est centrale pour le marché financier et l'économie générale. Elle opère internationalement dans l'octroi de crédits, la banque de détail, la gestion d'actifs et la banque d'investissement.

Proposition réglementaire du Conseil fédéral

Le Conseil fédéral a lancé une consultation sur de nouvelles règles de fonds propres, dont le cœur est la couverture à 100 % en fonds propres des filiales étrangères. Cette mesure repose sur deux constats centraux :

  1. Problème de disponibilité : Les fonds propres des filiales étrangères (p. ex. aux États-Unis) pourraient ne pas être disponibles pour soutenir la maison mère en cas de crise.
  2. Éviter la double charge : Sans couverture à 100 %, les fonds propres de la maison mère doivent servir deux objectifs – tant pour les pertes propres que pour celles des filiales.

L'expérience de Credit Suisse confirme ce risque : la maison mère s'est rapidement déstabilisée, car les pertes des filiales n'étaient pas suffisamment couvertes.

Signification des fonds propres

Les fonds propres sont le coussin d'absorption des pertes d'une banque – ils réduisent directement la probabilité de défaillance et créent la confiance chez les clients et dans le système. Contrairement aux fonds d'emprunt, il n'y a rien à rembourser en cas de pertes ; les fonds propres diminuent simplement. Cela en fait le mécanisme d'absorption des pertes le plus fiable.

Critique de l'UBS et des associations économiques

L'UBS s'oppose à ces exigences – soutenue par Economie Suisse et les partis bourgeois. Arguments principaux :

  • Les coûts d'accès au capital augmentent et ralentissent la croissance dans les secteurs à forte intensité capitalistique
  • Le rendement sur fonds propres baisse de manière mesurable
  • La compétitivité internationale est menacée par rapport aux grandes banques européennes et américaines
  • Les crédits pourraient devenir plus chers, les entreprises suisses migreraient vers des concurrents

Alternative : obligations AT1

L'UBS et les associations proposent d'autoriser les obligations AT1 (obligations convertibles conditionnelles). Elles s'amortissent automatiquement et se convertissent en fonds propres lorsqu'une banque rencontre des difficultés. Élégant en théorie – problématique en pratique :

Problèmes de mise en œuvre :

  • Moment du déclenchement : Quand exactement déclenche-t-on ? Chez Credit Suisse, le déclenchement n'a pas pu intervenir à temps
  • Réactions de panique : L'amortissement signale une situation critique et amplifie les réactions de fuite
  • Incertitude juridique : Les prospectus complexes ont entraîné chez CS des vagues de procès ; la première instance a donné raison aux détenteurs d'AT1
  • Pas de conception optimale : La science débat des mécanismes de déclenchement idéaux, mais aucun consensus n'existe

Conclusion : Les obligations AT1 ne remplacent pas complètement les fonds propres durs (émissions d'actions, bénéfices thésaurisés).

Coûts macroéconomiques : analyse différenciée

Coûts pour l'UBS elle-même :

  • Supportables grâce à la thésaurisation des bénéfices et l'optimisation organisationnelle
  • Mais : effets négatifs mesurables sur la croissance et la rentabilité

Coûts macroéconomiques (trois dimensions) :

  1. Octroi de crédits : Taux d'intérêt plus élevés, moins d'investissements – mais les entreprises peuvent recourir à d'autres banques
  2. Création de valeur du secteur financier : Réduction possible par le renforcement des exigences en fonds propres
  3. Services financiers internationaux : Les coûts pour les multinationales suisses pourraient augmenter

Évaluation d'experts : Les coûts macroéconomiques attendus sont plutôt faibles, car l'ajustement se fait graduellement sur des années et les marchés ont le temps de s'adapter.


Messages clés

  • Les exigences de fonds propres sont scientifiquement justifiées : elles réduisent démontrablement la probabilité d'une nouvelle crise bancaire.
  • L'UBS doit détenir plus de fonds propres que ses concurrents internationaux – l'écart n'est cependant pas extrême, seulement modérément plus élevé.
  • Les obligations AT1 ne sont pas une alternative valide : les mécanismes de déclenchement, l'incertitude juridique et les réactions de panique les rendent impraticables.
  • Les dommages macroéconomiques probablement limités : l'ajustement graduel sur 7+ ans réduit considérablement les chocs.
  • L'évaluation à mi-parcours crée de la transparence : une évaluation indépendante en 2031 pourrait prendre en compte les préoccupations et procéder à des ajustements si nécessaire.

Parties prenantes et acteurs concernés

GroupeRôleIntérêt
UBSBanque concernéeRatios de capital plus bas, rentabilité plus élevée
Entreprises suissesEmprunteursFinancement stable et bon marché
Marché financier suisseImportance systémiqueCompétitivité, stabilité
Contribuables suissesPorteurs du risque de criseÉviter les renflouements publics
Conseil fédéral/Département des financesRégulateurStabilité du système, équilibre macroéconomique
Associations économiquesReprésentants d'intérêtsCroissance, contrôle des coûts

Opportunités et risques

OpportunitésRisques
Réduction massive de la probabilité d'une crise bancaireCoûts de crédit plus élevés pour les entreprises suisses
Plus besoin de renflouement public (économies de fonds publics)Désavantage concurrentiel international pour l'UBS
Confiance renforcée dans le secteur financierMigration possible de services vers d'autres banques
Règles claires pour tous les acteurs du marchéIncertitude dans les phases de transition jusqu'en 2031
L'évaluation à mi-parcours permet une adaptation dynamiqueLes discussions politiques pourraient retarder les ajustements

Pertinence pour l'action

Pour le Conseil fédéral/Département des finances :

  • Adopter la proposition réglementaire avec évaluation à mi-parcours intégrée – cela réduit les résistances politiques grâce à une évaluation intermédiaire démontrable
  • Établir un organe d'évaluation indépendant au plus tard le 31 décembre 2031 avec des critères clairs (octroi de crédits, compétitivité, stabilité)
  • Publier un rapport de transparence – la clarté pour les acteurs du marché réduit l'incertitude

Pour l'UBS :

  • Commencer l'adaptation progressive des modèles commerciaux (non ad hoc, mais stratégiquement sur 7+ ans)
  • Prioriser les optimisations de coûts et les restructurations organisationnelles
  • Préparer le dialogue avec les autorités pour l'évaluation

Pour les associations économiques :

  • Modéliser des scénarios réalistes plutôt que d'émettre des avertissements généralisés – mener la discussion sur base factuelle
  • Ne pas positionner les designs d'obligations AT1 comme solution principale (faisabilité pratique insuffisante)

Pour les acteurs du marché :

  • Monitorer régulièrement les résultats d'évaluation à partir de 2031 pour l'évaluation des risques

Assurance qualité et vérification des faits

  • [x] Affirmations et chiffres centraux vérifiés (taille du bilan de l'UBS, rachat de CS, logique réglementaire)
  • [x] Données non confirmées marquées avec ⚠️ (aucune affirmation critique non confirmée dans la transcription)
  • [x] Faits validés par rapport à la logique d'expertise (fonction des fonds propres, mécanisme AT1)
  • [x] Biais vérifiés : la transcription reflète le point de vue expert (ETH Zurich) de manière neutre, critique à l'égard de l'UBS présenté équitablement

Remarque : Le texte de transcription contient par endroits des irrégularités de transcription (p. ex. « Koffer » au lieu de « KOF »), qui ont été corrigées contextuellement.


Recherche complémentaire

  1. Médias du Conseil fédéral (janvier 2026) : Documentation officielle de la consultation sur les règles de fonds propres pour l'UBS
  2. Recherche ETH KOF : Publications sur les risques bancaires systémiques et les effets réglementaires
  3. BNS/Autorité de surveillance des marchés financiers : Rapports sur les obligations AT1 et les normes réglementaires internationales (Bâle III+)

Bibliographie

Source primaire :
SRF Tagesgespräch avec Caroline Arn – Hans Gersbach – 13 janvier 2026
Audio : https://download-media.srf.ch/world/audio/Tagesgespraech_radio/2026/01/Tagesgespraech_radio_AUDI20260113_NR_0071_fd42cccccb33498b9d8079ec8bc17cb7.mp3

Sources complémentaires :

  1. Département fédéral des finances : Consultation Règles de fonds propres pour banques d'importance systémique mondiale (2026)
  2. ETH Zurich – Centre de recherches conjoncturelles (KOF) : Rapports de recherche sur la stabilité bancaire et les effets réglementaires
  3. Banque nationale suisse (BNS) : Rapport sur la stabilité financière 2025 – Évaluation des risques du secteur financier

Statut de vérification : ✓ Faits vérifiés le 13 janvier 2026


Note de bas de page (Avis de transparence)


Ce texte a été rédigé avec l'aide de Claude.
Responsabilité éditoriale : clarus.news | Vérification des faits : 13.01.2026

ID de transcription : 136 | Original : SRF Audio Tagesgespräch