Auteur: clarus.news

Mode rédactionnel: CLARUS_ANALYSIS Recommandation d'index: INDEX Langue/Rôle: FULL_ANALYSIS Date de vérification des faits: 2026-05-01

Résumé exécutif

L'Association suisse des employeurs (ASE) met en garde contre une pénurie de main-d'œuvre de 300'000 à 500'000 personnes au cours des dix prochaines années. Le président Severin Moser critique dans une interview radiophonique du 1er mai l'augmentation du travail à temps partiel dit «pour raison de style de vie» – des personnes de plus de 50 ans qui réduisent volontairement leur volume horaire pour avoir plus de temps libre. L'ASE évalue le potentiel des postes à temps complet inutilisés à 86'000 positions et les impôts non perçus à 2–3 milliards de francs par an. Dans le même temps, l'ASE reconnaît que la charge de travail et le stress ont augmenté de manière mesurable, mais rejette la réduction du temps de travail comme approche de solution.

Personnes

  • Severin Moser (Président de l'Association suisse des employeurs)

Sujets

  • Pénurie de main-d'œuvre et défis démographiques
  • Travail à temps partiel et participation professionnelle
  • Charge de travail et santé mentale
  • Automatisation et intelligence artificielle

Clarus Lead

Les ciseaux démographiques – plus de départs à la retraite que de nouveaux entrants – forcent la Suisse dans une course à la productivité, où l'ASE fait délibérément de la participation professionnelle un levier clé. L'association des employeurs utilise le débat sur le travail à temps partiel «pour raison de style de vie» comme contrepoids aux chiffres croissants du stress et de l'épuisement : tandis que les syndicats et la promotion de la santé demandent une réduction de la charge de travail, l'ASE exige des impôts marginaux plus bas et des incitations à une participation professionnelle plus élevée – un conflit fondamental sur la direction des solutions face au même problème.


Résumé détaillé

Situation démographique contraignante et analyse du travail à temps partiel

La Suisse perd chaque année nettement 25'000 à 50'000 travailleurs par les départs à la retraite, qui ne sont pas remplacés par de nouveaux actifs. L'ASE a saisi cette occasion pour analyser les données de l'Office fédéral de la statistique sur les statistiques de la main-d'œuvre – en particulier la question pourquoi les gens travaillent à temps partiel. Surprise : Ce n'est pas la jeune génération Z qui réduit le plus souvent son volume horaire, mais les personnes de plus de 50 ans. Dans le groupe d'âge 60–65 ans, une personne sur six travaille consciemment à temps partiel, bien qu'elle serait capable de travailler à temps complet. Ce groupe est désigné par les employeurs comme «travail à temps partiel pour raison de style de vie» – des personnes qui travaillent activement moins pour avoir plus de temps libre, non pour des raisons de garde ou de santé.

L'ASE calcule à partir de là un potentiel inutilisé de 86'000 postes à temps complet, une masse salariale d'environ 8 milliards de francs et des cotisations manquantes aux impôts et aux assurances sociales de 2–3 milliards de francs par an. Moser souligne : ce chiffre est calculé, non réaliste – l'objectif est d'identifier des mesures pour augmenter la participation professionnelle, sans compter uniquement sur la migration de main-d'œuvre.

Stress, intensité du travail et divergences conceptuelles

En parallèle, les données de l'Office fédéral de la statistique (Enquête suisse sur la santé) le montrent : la proportion de travailleurs qui se sentent stressés a augmenté de 18 % (2012) à 23 % (2023). Promotion Santé Suisse indique que plus de 30 % de tous les travailleurs se sentent émotionnellement épuisés. Le Secrétariat d'État à l'économie (SECO) parle d'une «intensification structurelle du travail» qui ne progresse pas temporairement mais continuellement – causée par la pression horaire, l'intensification du rendement, les exigences émotionnelles et la disponibilité permanente.

Moser reconnaît que c'est un problème, mais refuse d'en tirer la conclusion : la réduction du temps de travail n'est pas la solution. La gestion du stress, la gestion de la santé en entreprise et l'organisation du travail (par exemple, les heures blocs pour les réunions afin de permettre la conciliation famille-travail) sont la bonne voie. Il argue que le stress ne vient pas uniquement du travail, mais aussi de la disponibilité numérique permanente, de la famille, des préoccupations financières et de la santé.

Contreprogramme : impôts, automatisation, IA

L'ASE refuse une progression plus élevée des impôts et des cotisations sociales, car elle réduit les incitations à l'activité professionnelle. Concrètement, l'association demande : des impôts marginaux bas sur les frais de garde d'enfants et les impôts, afin que les parents puissent réduire partiellement sans pénalité financière. Les propositions politiques comme les déductions fiscales pour le travail à temps complet (politicien PRD Damian Müller) ou les majorations pour heures supplémentaires (politicien UDC Maik Egger) sont jugées critiquement par Moser – on ne peut pas inciter davantage au surmenage.

À la question de l'automatisation et de l'IA, Moser répond pragmatiquement : les pronostics sur l'IA sont de la spéculation (comme autrefois avec l'ordinateur). L'IA optimisera les tâches, pas les professions entières. Ce qui compte, c'est que la Suisse adapte ses professions et augmente substantiellement la productivité – pas marginalement. Avec 300'000 à 500'000 collaborateurs manquants dans dix ans, l'ASE reste dépendante des gains de productivité.


Points clés

  • La pénurie de main-d'œuvre est structurelle et démographique : la Suisse perd chaque année nettement 25'000–50'000 actifs par les départs à la retraite.
  • Le travail à temps partiel «pour raison de style de vie» est un phénomène des plus de 50 ans, non de la jeune génération – l'ASE exige une participation professionnelle plus élevée de ce groupe comme contre-mesure.
  • La charge de travail et l'épuisement émotionnel augmentent de manière mesurable (18 % → 23 % de charge de stress 2012–2023), mais l'ASE rejette la réduction du temps de travail comme solution.
  • Le conflit entre les syndicats et les employeurs est fondamental : les syndicats demandent moins de pression horaire et plus de personnel ; l'ASE exige des impôts plus bas et de meilleures incitations pour une participation professionnelle plus élevée.

Questions critiques

(a) Données probantes et qualité des données :

  1. La distinction entre le travail à temps partiel «pour raison de style de vie» et le travail à temps partiel nécessaire (garde, santé) repose-t-elle sur des limites empiriquement stables, ou ces catégories sont-elles subjectives et susceptibles aux biais de désirabilité sociale dans les enquêtes ?
  2. Les 86'000 postes à temps complet inutilisés sont-ils validés par l'offre du marché (les employeurs pourrait-ils pourvoir ces postes s'ils étaient exclusivement à temps complet), ou s'agit-il d'un potentiel théorique ?

(b) Conflits d'intérêts et incitations : 3. Comment l'association des employeurs profite-t-elle directement d'une participation professionnelle plus élevée – les salaires ne baissent-ils pas avec une plus grande offre ? 4. Pourquoi les impôts non perçus (2–3 milliards de francs) sont-ils présentés comme argument à l'État, non aux employeurs, qui bénéficient du potentiel inutilisé ?

(c) Causalité et hypothèses alternatives : 5. Que le stress ait augmenté est documenté ; mais la causalité est-elle univoque : une participation professionnelle plus élevée entraîne-t-elle moins de stress ou possiblement davantage, si le travail lui-même devient plus intense ? 6. Le travail à temps partiel «pour raison de style de vie» chez les plus de 50 ans pourrait-il aussi être un signal que ces personnes accumulent les conséquences de quatre décennies d'intensité de travail et prennent des décisions rationnelles en matière de santé ?

(d) Faisabilité et effets secondaires : 7. Quelle garantie que des impôts marginaux plus bas entraînent une participation professionnelle plus élevée, plutôt que les entreprises ne conservent les économies ? 8. Si les gains de productivité liés à l'IA deviennent substantiels – quelle est la probabilité que l'écart de main-d'œuvre soit comblé par l'automatisation plutôt que par une pression migratoire ?


Bibliographie

Source primaire : Tagesgespräch: «Lifestyle-Teilzeit und Arbeitskräftemangel» (Interview avec Severin Moser, Président ASE) – SRF, 1er mai 2026 https://download-media.srf.ch/world/audio/Tagesgespraech_radio/2026/05/Tagesgespraech_radio_AUDI20260501_NR_0019_a128af0f90664d4e93ed7c582ebb6752.mp3

Sources référencées (citées dans la transcription) :

  • Office fédéral de la statistique : Enquête suisse sur la santé (2012, 2023)
  • Promotion Santé Suisse : Rapport sur l'épuisement émotionnel chez les travailleurs
  • Secrétariat d'État à l'économie (SECO) : Analyse de l'intensification structurelle du travail
  • Association suisse des employeurs : Analyse du travail à temps partiel et de la participation professionnelle (Patrick Schuhar-Keller, économiste en chef)

Statut de vérification : ✓ 2026-05-01


Ce texte a été créé avec le soutien d'un modèle d'IA. Responsabilité éditoriale : clarus.news | Vérification des faits : 2026-05-01