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Mode rédactionnel : CLARUS_ANALYSIS Recommandation d'index : INDEX Langue/Rôle : FULL_ANALYSIS Date de vérification des faits : 16.04.2026

Résumé exécutif

La conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider a inauguré le 16 avril 2026 l'exposition « Nous et la guerre » au Musée national suisse à Zurich. Dans son discours, elle souligne que les guerres influencent profondément la Suisse neutre dans l'économie, la société et la culture – contrairement au mythe largement répandu de l'intégrité. Elle fait référence à l'attaque russe contre l'Ukraine (plus de 1500 jours de durée), aux conflits mondiaux en Iran, au Liban, en Birmanie, au Congo et au Soudan, ainsi qu'à des exemples historiques suisses comme le service de mercenaires et la grève générale de 1918. Un accent particulier est mis sur la situation des femmes dans les guerres : 650 millions de femmes vivent dans des zones de conflit, la violence sexuelle a augmenté de 87 pour cent.

Personnes

  • Elisabeth Baume-Schneider (Conseillère fédérale, Suisse)
  • Simone Weil (Philosophe)
  • Carl Spitteler (Écrivain suisse, lauréat du prix Nobel)

Thèmes

  • Neutralité suisse et réalité guerrière
  • Droits des femmes dans les conflits
  • Multilatéralisme et politique de paix
  • Participation historique suisse aux guerres
  • Paysage des conflits mondiaux 2026

Lead Clarus

Le discours marque un changement de paradigme dans l'auto-perception suisse : tandis que la Suisse se comprend traditionnellement comme un havre de paix au milieu de régions déchirées par la guerre, Baume-Schneider soutient que ce bouclier protecteur est devenu illusoire. La Suisse hautement mondialisée – avec des places de commerce de matières premières à Genève et Zoug – profite économiquement des guerres, tandis qu'elle accueille simultanément des réfugiés et agit dans des institutions multilatérales. Cette contradiction exige une redéfinition de la neutralité : non pas comme passivité, mais comme engagement actif pour la paix dans un ordre mondial fragmenté.

Résumé détaillé

L'exposition et le discours de Baume-Schneider présentent la continuité historique des conséquences de la guerre en Suisse. Pendant la Première Guerre mondiale, la division émotionnelle selon les frontières linguistiques – la Suisse alémanique s'identifiait à l'Allemagne, la Romandie à la France – a conduit à des crises de cohésion existentielles. Carl Spitteler avertissait à l'époque du risque de déchirement du pays. La grève générale de 1918 était une conséquence directe des tensions sociales liées à la guerre. Historiquement, le service de mercenaires était la plus importante industrie d'exportation de l'ancienne Confédération – une affaire guerrière directe.

Aujourd'hui, cet enchevêtrement se manifeste différemment. La guerre en Ukraine a conduit à l'accueil de réfugiés (statut S), tandis que simultanément les négociants en matières premières en Suisse profitent des prix des matières premières liés à la guerre, dont les impôts soutiennent les finances publiques. Cela montre que la dichotomie « Suisse pacifique – monde guerrier » est analytiquement insoutenable.

Un focus central porte sur les conséquences de la guerre spécifiques au genre. Le rapport de l'ONU de 2025 sur l'agenda « Femmes, paix et sécurité » documente que plus de 650 millions de femmes vivent à moins de 50 kilomètres de conflits meurtriers. Les victimes civiles parmi les femmes et les enfants ont quadruplé en deux ans ; la violence sexuelle a augmenté de 87 pour cent. La résolution 1325 de l'ONU – qui devrait promouvoir la participation des femmes à la prévention des conflits et à la reconstruction – est minée dans de nombreux conflits par la violence sexuelle systématisée comme arme de guerre.

L'approche de la paix de Baume-Schneider combine trois niveaux : le renforcement de l'ordre multilatéral (présidence de l'OSCE 2026, ONU, Conseil de l'Europe), la médiation des conflits et la coopération au développement en tant que politique de paix. Elle soutient que la pauvreté, le manque de perspectives et les inégalités sont des causes de conflits qui doivent être abordées structurellement – non pas seulement quand les armes se taisent, mais là où les gens sont écoutés et où naissent des chances de vie.

Messages clés

  • Les conséquences de la guerre pénètrent la Suisse neutre sur les plans économique, social et culturel ; le mythe de l'intégrité est devenu obsolète.
  • Les femmes supportent une charge disproportionnée dans les guerres modernes : la violence sexuelle est systématisée ; 650 millions de femmes vivent dans des zones de conflit.
  • La neutralité suisse n'oblige pas à la passivité, mais à un engagement actif pour la paix dans les institutions multilatérales et la médiation des conflits.
  • La politique de paix commence par la lutte contre les causes (pauvreté, inégalité) et la participation, non pas seulement avec les cessez-le-feu.

Questions critiques

  1. Validité des sources : Le rapport de l'ONU de 2025 sur l'agenda « Femmes, paix et sécurité » est cité (650 millions de femmes, augmentation de 87 pour cent de la violence sexuelle). Quels sont la base de données et les méthodes de vérification sous-jacentes à ces chiffres, et comment sont-ils collectés dans les différentes régions de conflit ?

  2. Conflits d'intérêts : Baume-Schneider mentionne les « gains liés à la guerre des négociants en matières premières à Genève, Zoug et ailleurs, dont les impôts soutiennent nos finances publiques ». Quel est le degré de transparence de ces enchevêtrements réglementés, et quels sont les incitations pour la Suisse à remettre en question de manière critique cette logique de profit si elle en dépend fiscalement ?

  3. Causalité : Le discours relie directement la pauvreté et le manque de perspectives aux causes de conflits. Existe-t-il des contre-exemples ou des contextes dans lesquels le développement économique n'a pas réduit les conflits ou les a même aggravés ?

  4. Faisabilité : La Suisse assure la présidence de l'OSCE en 2026. Quels mécanismes concrets ou réformes institutionnelles sont envisagés pour augmenter la participation des femmes à la médiation des conflits – et comment les résistances des parties au conflit sont-elles abordées ?

  5. Parallèles historiques : Le discours établit des parallèles entre la division linguistique pendant la Première Guerre mondiale et les polarisations actuelles. Ces analogies sont-elles solides, ou les dynamiques de conflit diffèrent-elles fondamentalement ?

  6. Définition de la neutralité : Baume-Schneider réinterprète la neutralité comme « obligation d'agir ». Comment cette position est-elle communiquée aux États qui comprennent la neutralité suisse comme la non-ingérence – en particulier à la Russie ?


Références bibliographiques

Source primaire : Discours de la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider à l'occasion du vernissage de l'exposition « Nous et la guerre » – Musée national suisse Zurich, 16 avril 2026 https://www.news.admin.ch/de/newnsb/z1HW36Y6EpyGtiHdmOaVm

Statut de vérification : ✓ 16.04.2026


Ce texte a été créé avec le soutien d'un modèle d'IA. Responsabilité éditoriale : clarus.news | Vérification des faits : 16.04.2026