Auteur : nzz.ch Source : nzz.ch Date de publication : 07.04.2026

Mode rédactionnel : CLARUS_ANALYSIS Recommandation d'indexation : INDEX Langue/Rôle : FULL_ANALYSIS Date de vérification des faits : 07.04.2026

Résumé

Le vétéran du PS, Rudolf Strahm, âgé de 82 ans, critique dans une interview sa propre formation politique pour sa réaction au vote de juin sur l'initiative « Suisse à 10 millions ». Strahm, ancien conseiller national et contrôleur des prix, reproche au PS de dire simplement « Non » sans concept au lieu de poser des conditions. Il soutient que la gauche repousse les problèmes centraux de la migration – pénurie de logements, intégration professionnelle, pénurie de main-d'œuvre qualifiée – et cède ainsi le rôle de parti des travailleurs à l'UDC. Strahm comprend les votes affirmatifs, rejette l'initiative mais y voit une pression politique nécessaire.

Personnes

  • Rudolf Strahm (doyen du PS, ancien conseiller national ; 82 ans)
  • Beat Jans (ministre de la Justice)
  • Simonetta Sommaruga (ancienne membre de la Justice)

Thèmes

  • Politique migratoire suisse
  • Initiative « Suisse à 10 millions »
  • Intégration des migrants sur le marché du travail
  • Pénurie de logements et immigration
  • Critique interne au sein du PS

Lead Clarus

La critique de Strahm frappe l'establishment de gauche à un moment sensible : cinq semaines avant le vote de juin, un membre fondateur de la gauche suisse moderne attaque son propre parti pour manque de résolution de problèmes au lieu d'émotionnalisation. Sa thèse centrale – selon laquelle les questions de migration sont dominées par une « classe cosmopolite » issu de la politique, de l'économie et des ONG, tandis que les préoccupations des bas salaires sont ignorées – aborde une rupture de confiance croissante entre la direction de gauche et les travailleurs. Ce faisant, il remet en question la crédibilité de la campagne de vote actuelle et suggère que même les électeurs de gauche pourraient justifier un oui.

Résumé détaillé

Strahm articule deux points critiques concrets concernant la stratégie du PS : premièrement, le parti a échoué à poser des contre-exigences pour justifier son rejet – notamment pour combattre la pénurie de logements, pour l'intégration professionnelle des migrants ou pour la pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans les soins. Deuxièmement, il critique la rhétorique populiste des adversaires, qui opère avec des slogans à effet comme « initiative chaotique », au lieu de faire face de manière objective à la réalité. Strahm décrit cette réalité comme réelle : une immigration élevée crée des problèmes sociaux, surcharge les capacités locales, et les 20–40 % les plus bas de la population perdent en pouvoir d'achat en raison de l'augmentation des loyers, des primes d'assurance-maladie et des frais de transport.

Strahm voit le problème central dans une cécité élitaire : les parlementaires et les sommets des partis ne connaissent plus les effets sur les quartiers, les écoles et le marché du travail. Le PS dispose à peine d'expertise en formation professionnelle et migration ; au lieu de cela, il laisse le sujet à l'UDC. Strahm critique particulièrement le doublement de l'intégration et de l'aide sociale sans contrepartie : une aide sociale généreuse à partir de la demande d'asile crée de faux incitations à travailler. Après sept ans, 50 % des réfugiés sont encore au chômage, 80 % dépendent de l'aide sociale. L'exemple historique de Strahm est la révision échouée de la loi sur les étrangers et l'intégration sous Simonetta Sommaruga, qui prévoyait des accords d'intégration – un article qui est aujourd'hui une « lettre morte ».

Sur la question du logement, Strahm plaide pour une politique pragmatique de la majorité : assouplissement de la loi sur l'aménagement du territoire avec zones de densification et de surélévation, construction de logements privés facilitée avec des quotas de loyers abordables (financés par les gains de surélévation), réduction des droits de recours et augmentation des fonds fédéraux pour la construction à but non lucratif. Le PS se limite aux coopératives – un modèle qui fonctionne dans de nombreuses régions, mais qui ne convient pas partout. Strahm indique que le contrôle judiciaire excessif de la politique migratoire est également un problème : le Tribunal fédéral des migrations détermine de facto la pratique asile, tandis que le ministre de la Justice n'aborde pas les conflits entre contrôle démocratique et contrôle judiciaire.

Déclarations clés

  • La direction du PS se perd dans l'« hypermoralisme » en matière d'immigration au lieu de proposer des solutions pragmatiques
  • Les problèmes centraux – pénurie de logements, intégration professionnelle, pénurie de main-d'œuvre qualifiée – sont repoussés par la gauche, pas abordés
  • Une « classe cosmopolite » issu de la politique, de l'économie et des ONG domine le débat et ignore les préoccupations des bas salaires
  • L'aide sociale généreuse sans contrepartie crée de faux incitations au travail et est contre-productive pour l'intégration
  • Un oui à l'initiative serait légitime comme pression sur un Conseil fédéral inactif – bien que l'initiative elle-même ne soit pas une solution intelligente

Questions critiques

  1. Qualité des preuves/données : Strahm affirme que 50 % des réfugiés sont au chômage après sept ans et que 80 % reçoivent l'aide sociale – ces chiffres proviennent-ils d'études publiées ou de statistiques du SEM, ou sont-ce des estimations ? Ces données sont-elles à jour ?

  2. Conflits d'intérêts : Strahm critique une « coalition d'intérêts » entre le PS, l'économie et les institutions de l'UE en matière de politique migratoire – dans quelle mesure cette analyse est-elle elle-même sélective et ignore-t-elle les positions légitimes concernant l'internationalisation ?

  3. Causalité : Strahm attribue 60 % de la pénurie de logements à l'immigration (Office fédéral du logement). Mais : la construction insuffisante de logements n'est-elle pas la cause primaire, indépendamment de la migration ? Quelle pénurie de logements y aurait-il sans immigration ?

  4. Explications alternatives : Strahm dit que le PS ignore l'intégration professionnelle des migrants. Mais : le PS n'a-t-il pas également soutenu des programmes d'intégration, des cours de langue et de la formation professionnelle – pourquoi sont-ils invisibles dans sa critique ?

  5. Faisabilité : Strahm exige des « accords d'intégration » avec obligation de suivre des cours de langue et d'emploi. Mais : comment d'autres pays (Danemark, Pays-Bas) pratiquent-ils de tels modèles, et ont-ils des résultats prouvablement meilleurs ?

  6. Contrôle judiciaire : Strahm critique le fait que le Tribunal fédéral des migrations « surcontrôle » la politique migratoire. Mais : les tribunaux ne sont-ils pas institutionnellement responsables de la protection juridique – et le « surcontrôle » n'est-il pas un jugement de valeur politique ?

  7. Aide sociale comme incitation : Strahm dit que l'aide sociale généreuse réduit les incitations au travail. Mais : où existe-t-il des preuves empiriques que des prestations plus basses conduisent à un taux d'emploi plus élevé, plutôt qu'à la pauvreté et à l'économie informelle ?

  8. L'UDC en tant que « parti des travailleurs » : Strahm prétend que l'UDC est aujourd'hui le parti des travailleurs parce qu'elle offre l'« identité ». Mais : quelle est concrètement la politique de l'UDC concernant les salaires minima, les syndicats, la protection contre les licenciements et les assurances sociales ?


Bibliographie

Source primaire : « Avec un oui, la libre circulation des personnes ne sera jamais dénoncée. C'est de la peur monger de la part des adversaires » – Neue Zürcher Zeitung (NZZ), Entretien avec Rudolf Strahm, 07.04.2026 https://www.nzz.ch/schweiz/bei-einem-ja-wird-die-personenfreizuegigkeit-nie-gekuendigt-werden-das-ist-angstmacherei-der-gegner-sagt-der-sp-doyen-rudolf-strahm-ld.1932193

Statut de vérification : ✓ 07.04.2026


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