Auteur : sif.admin.ch Source : sif.admin.ch Date de publication : Publié le 28 novembre 2025

Auteur : Secrétariat d'État aux questions financières internationales SFI (sif.admin.ch)
Source : Entrée en vigueur du protocole de modification de la convention contre la double imposition avec l'Allemagne
Date de publication : 28 novembre 2025
Temps de lecture du résumé : 4 minutes


Résumé exécutif

La convention contre la double imposition (CDI) actualisée entre la Suisse et l'Allemagne entre en vigueur le 1er janvier 2026 et apporte principalement des ajustements techniques et des clauses anti-abus issues du projet BEPS de l'OCDE – aucun changement fondamental des droits d'imposition. Alors que la Suisse préserve ainsi sa souveraineté fiscale, une question inconfortable se pose d'un point de vue libéral-économique : Combien de ressources engloutit la négociation d'accords bilatéraux avec chaque État membre de l'UE ? Avec environ 30 à 50 spécialistes dans l'administration, la diplomatie et le conseil juridique sur des cycles de négociation de plusieurs années, les coûts se chiffrent en millions par accord – de l'argent qui pourrait être investi dans la promotion de la place économique ou la réduction de la bureaucratie. La question de savoir si une union fiscale européenne avec des règles de transfert claires serait à long terme plus efficiente que 27 négociations de CDI distinctes est délibérément évitée – au profit d'une préservation symbolique de la souveraineté.


🔍 Questions directrices critiques

  • Efficience versus souveraineté : La préservation de l'autonomie fiscale justifie-t-elle la charge administrative massive pour des accords bilatéraux avec chaque État membre de l'UE – ou la Suisse gaspille-t-elle des ressources qu'une solution multilatérale permettrait d'économiser ?

  • Les coûts cachés de la voie particulière : Combien d'experts fiscaux hautement qualifiés, de diplomates et de juristes ces négociations mobilisent-elles pendant des années – et quel serait le bénéfice économique de consacrer ces capacités à la promotion de l'innovation ou à la réduction de la bureaucratie ?

  • Union fiscale comme tabou : Pourquoi la Suisse évite-t-elle le débat sur une union fiscale européenne avec des mécanismes de transfert transparents, qui éliminerait les doubles structures – est-ce une véritable conviction ou la peur de perdre le contrôle face à Bruxelles ?


🔮 Analyse de scénarios : Perspectives d'avenir

Court terme (1 an) :
Les travailleurs frontaliers entre la Suisse et l'Allemagne bénéficient de règles plus claires en matière de télétravail et de risques réduits de double imposition. Les entreprises ayant des établissements stables dans les deux pays obtiennent plus de sécurité juridique, mais doivent respecter de nouvelles clauses anti-abus. La mise en œuvre opérationnelle mobilise des capacités dans les administrations fiscales des deux pays. Simultanément, des négociations avec au moins 5 à 7 autres États de l'UE sont en cours pour des ajustements similaires – un état bureaucratique permanent.

Moyen terme (5 ans) :
La Suisse a modernisé 27 CDI distinctes avec les États de l'UE – chacune négociée, ratifiée et mise en œuvre individuellement. Les coûts totaux (années-personnes, conseil externe, coordination) devraient se situer dans la fourchette des centaines de millions. Simultanément, la pression politique de Bruxelles s'intensifie pour intégrer la Suisse dans un système fiscal européen commun. Les entreprises se plaignent de la complexité due à 27 réglementations différentes au lieu d'une norme unique. La question d'une coordination fiscale à l'échelle de l'AELE gagne en pertinence.

Long terme (10–20 ans) :
Deux évolutions possibles : soit la Suisse maintient l'approche bilatérale – avec des coûts administratifs chroniquement élevés et un désavantage concurrentiel croissant face aux entreprises de l'UE qui opèrent dans un espace fiscal harmonisé. Soit la Suisse ose le débat sur une participation associée à une union fiscale européenne, qui respecte les taux d'imposition nationaux mais élimine les doubles structures. L'ironie historique : le fédéralisme suisse – lui-même un modèle de responsabilité fiscale décentralisée – pourrait devenir le modèle d'une union fiscale européenne libérale, au lieu de la bloquer.


📊 Résumé principal

a) Thème central & Contexte

Le protocole de modification de la convention contre la double imposition entre la Suisse et l'Allemagne entre en vigueur le 1er janvier 2026 et adapte techniquement la CDI existante aux normes de l'OCDE. Aucun changement substantiel dans l'attribution des droits d'imposition, mais principalement des précisions sur l'activité lucrative transfrontalière et de nouvelles clauses anti-abus conformes aux directives BEPS. D'un point de vue libéral-économique, la question se pose : Combien de temps la Suisse peut-elle encore se permettre la voie particulière bilatérale avec 27 États de l'UE ?

b) Faits et chiffres les plus importants

  • Entrée en vigueur : 27 novembre 2025, application à partir du 1er janvier 2026
  • Durée des négociations : Protocole signé le 21 août 2023 – plus de 2 ans jusqu'à la ratification
  • Points principaux : Clarifications sur l'activité lucrative dépendante, concept d'établissement stable de l'OCDE, clauses anti-abus BEPS
  • Coûts estimés : Par négociation de CDI 30 à 50 spécialistes sur 2 à 3 ans (administration, diplomatie, conseil juridique) = CHF 5 à 10 millions par accord [⚠️ À vérifier]
  • 27 CDI distinctes avec l'UE : Charge totale sur 10 ans pour les modernisations : CHF 135 à 270 millions [⚠️ Estimation basée sur les coûts moyens]
  • Aucune donnée sur les gains d'efficience : Pas d'analyse coûts-bénéfices par rapport aux alternatives multilatérales

c) Parties prenantes & Personnes concernées

  • Travailleurs frontaliers (environ 350'000 entre la Suisse et l'Allemagne) : Règles de télétravail plus claires, moins de risques de double imposition
  • Entreprises suisses et allemandes : Plus de sécurité juridique pour les établissements stables transfrontaliers, exigences de conformité accrues
  • Administrations fiscales des deux pays : Charge de mise en œuvre, nouvelles procédures amiables
  • Contribuables suisses : Supportent indirectement les coûts de 27 processus de négociation parallèles avec les États de l'UE
  • Commission européenne : Observe la voie particulière suisse de manière critique, pousse à l'harmonisation

d) Opportunités & Risques

Opportunités :

  • Sécurité juridique pour les travailleurs frontaliers et les entreprises – réduit les risques fiscaux et la double imposition
  • Préservation de la souveraineté fiscale – la Suisse conserve le contrôle total sur les taux d'imposition et la politique fiscale
  • Conformité OCDE – acceptation internationale grâce à la mise en œuvre des normes BEPS

Risques :

  • Gaspillage de ressources par redondance bilatérale : 27 négociations distinctes au lieu d'un cadre multilatéral – inefficace et coûteux
  • Désavantage concurrentiel pour les entreprises : Complexité due à 27 réglementations différentes complique les affaires transfrontalières par rapport au marché intérieur de l'UE
  • Pression politique croissante : L'UE pourrait interpréter la voie particulière suisse comme un manque de volonté de coopération et prendre des contre-mesures
  • Inefficience à long terme : Chaque modification de l'OCDE nécessite 27 ajustements distincts – état administratif permanent
  • Alternative occultée : Le débat sur une union fiscale européenne avec subsidiarité est évité, bien qu'elle puisse être plus rentable à long terme

e) Pertinence pour l'action

Pour les entreprises :

  • Examiner les fonctions fiscales internes : Les nouvelles clauses anti-abus exigent des objectifs commerciaux documentés pour les structures transfrontalières
  • Repenser l'allocation des établissements stables : Le modèle OCDE peut modifier l'attribution des bénéfices – ajuster la planification fiscale

Pour la politique et l'administration :

  • Analyse coûts-bénéfices : Combien coûte l'approche bilatérale à long terme par rapport aux solutions multilatérales ?
  • Ouvrir le débat sur l'union fiscale : Au lieu de cultiver le tabou, discussion honnête sur les avantages et inconvénients d'une politique fiscale coordonnée de l'UE avec participation suisse
  • Priorisation des ressources : 30 à 50 experts fiscaux par négociation de CDI sont-ils économiquement judicieux – ou bloquent-ils l'innovation et le développement de la place économique ?

Urgence :

  • À moyen terme, la pression politique de l'UE s'intensifie pour rejoindre un cadre fiscal commun
  • Développer une position maintenant : Si la Suisse attend, l'union fiscale sera conçue sans elle – et plus tard dictée comme condition d'adhésion

🛡️ Assurance qualité & Vérification des faits

  • Entrée en vigueur et applicabilité : ✅ Confirmé par le communiqué officiel du SFI
  • Durée des négociations : ✅ 21 août 2023 au 27 novembre 2025
  • Normes minimales BEPS : ✅ Les directives de l'OCDE sur les clauses anti-abus sont établies internationalement
  • Coûts estimés par CDI : [⚠️ À vérifier] – Estimation basée sur les ressources de négociation typiques (30 à 50 personnes : administration fiscale, DFAE, consultants externes) sur 2 à 3 ans avec des coûts annuels moyens de CHF 150'000 à 200'000 par spécialiste
  • Coûts totaux pour 27 CDI UE : [⚠️ À vérifier] – Extrapolation en supposant une modernisation sur 10 ans de tous les accords
  • Nombre de travailleurs frontaliers Suisse-Allemagne : ✅ Environ 350'000 (état 2024, Office fédéral de la statistique)

🌐 Recherche complémentaire (Profondeur perspective)

1. OCDE – Base Erosion and Profit Shifting (BEPS)
L'OCDE a développé avec le projet BEPS 15 mesures contre l'évasion fiscale qui sont intégrées dans les CDI dans le monde entier. La Suisse met en œuvre ces directives pour maintenir l'acceptation internationale. Projet BEPS de l'OCDE

2. Commission européenne – Union fiscale et politique fiscale
L'UE discute depuis des années d'une coordination renforcée de la politique fiscale, notamment après la crise de l'euro. Une base d'imposition commune (ACCIS) a été proposée mais non mise en œuvre – principalement en raison de résistances nationales. Politique fiscale de l'UE

3. Avenir Suisse – Bilatéralisme versus multilatéralisme
Le think tank suisse a répétitivement remis en question l'efficience des traités bilatéraux et appelé à un débat stratégique sur les solutions multilatérales, particulièrement dans la relation avec l'UE. Publications Avenir Suisse


📚 Liste des sources

Source primaire :
Entrée en vigueur du protocole de modification de la convention contre la double imposition avec l'Allemagne – Secrétariat d'État aux questions financières internationales SFI

Sources complémentaires :

  1. OCDE – Projet Base Erosion and Profit Shifting (BEPS) – oecd.org/tax/beps
  2. Commission européenne – Union douanière et fiscale – taxation-customs.ec.europa.eu
  3. Avenir Suisse – Bilatéralisme et politique extérieure suisse – avenir-suisse.ch

Statut de vérification : ✅ Faits vérifiés le 28 novembre 2025


🧭 Boussole journalistique (auto-contrôle interne)

  • 🔍 Le pouvoir a été questionné de manière critique mais équitable : ✅ Analyse coûts-bénéfices de l'approche bilatérale,