Auteur: nzz.ch

Mode rédactionnel: CLARUS_ANALYSIS Recommandation d'indexation: INDEX Langue/Rôle: FULL_ANALYSIS Date de vérification des faits: 09.04.2026

Résumé exécutif

Un avis de l'Institut de politique économique suisse (IWP) à l'Université de Lucerne critique le fait que le Conseil fédéral minimise les conséquences des nouveaux accords avec l'UE. L'auteur Paul Richli, professeur émérite de droit public, analyse les implications constitutionnelles des traités. Le Conseil fédéral diffuse par le biais de soi-disant « vidéos explicatives » des représentations unilatérales qui mettent l'accent sur les avantages et omettent les inconvénients. Richli reproche au Conseil fédéral que les accords, contrairement à leur désignation de « Bilatérales III », constituent en réalité un accord d'intégration. L'Assemblée fédérale et le Conseil fédéral perdraient largement leurs compétences législatives, et la justice suisse serait dorénavant liée par la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne.

Personnes

  • Paul Richli (Professeur de droit public, auteur de l'avis de l'IWP)

Thèmes

  • Traités de la Suisse avec l'UE
  • Implications constitutionnelles
  • Reprise dynamique du droit
  • Procédures de règlement des différends

Clarus Lead

La publication de l'avis de l'IWP renforce le débat politique sur les traités avec l'UE peu avant un scrutin attendu. Richli soutient que les conséquences constitutionnelles justifieraient des scrutins à double majorité (peuple et cantons) – une position que le Conseil fédéral rejette jusqu'à présent. Selon l'avis, ce qui est particulièrement problématique est l'érosion de la souveraineté suisse en matière législative : l'initiative pour de nouveaux actes juridiques appartiendrait dorénavant exclusivement à la Commission de l'UE, tandis que la procédure de consultation nationale disparaîtrait. Cette rupture constitutionnelle contraste directement avec les « vidéos explicatives » rassurantes de la Chancellerie fédérale.

Résumé détaillé

L'analyse de 120 pages de Richli met en lumière les mécanismes spécifiques de l'intégration envisagée. Dans le règlement des différends, par exemple, les avantages d'un « tribunal arbitral moderne » sont loués, mais Richli documente que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) jouera un rôle décisif sans que cela ne soit mentionné. Dans le domaine de l'immigration, les clauses de sauvegarde sont mises en évidence, tandis que l'on passe sous silence le fait que la Suisse doit introduire un droit de séjour permanent pour les citoyens de l'UE après cinq ans. Dans la collaboration en matière de recherche, le Conseil fédéral affirme une « base solide », bien que la Suisse n'ait obtenu aucune garantie permanente pour les futurs programmes Horizon.

Richli met en garde contre les faiblesses institutionnelles du tribunal arbitral : le Comité mixte Suisse-UE établit une liste de candidats à partir de laquelle sont choisis les arbitres. Des personnes pourraient être sélectionnées qui suivraient plutôt les intérêts administratifs que les intérêts économiques. Pour l'économie suisse, cela crée des pièges – par exemple la question de savoir si les entreprises suisses ont une influence notable sur les actes juridiques de l'UE que la Suisse doit reprendre tel quel. Un autre risque réside dans la politique de la recherche : en ne sécurisant pas la participation aux futurs programmes Horizon, l'UE pourrait les utiliser comme moyen de pression et forcer la Suisse à faire des concessions sur d'autres questions – comme ce fut le cas avec les demandes antérieures de dynamisation de l'accord de libre-échange de 1972.

Points clés

  • L'avis de l'IWP documente que les nouveaux accords avec l'UE équivalent constitutionnellement à un accord d'intégration, et non à une solution bilatérale
  • Le Conseil fédéral présente les traités de manière unilatérale dans ses « vidéos explicatives » et omet les conséquences essentielles
  • La Suisse perd des compétences législatives et sera liée par la jurisprudence de la CJUE dans l'interprétation du droit de l'UE
  • Les faiblesses institutionnelles du tribunal arbitral et l'absence de garanties dans le domaine de la recherche comportent des risques économiques et politiques

Questions critiques

  1. Qualité des données/Preuves : Quels passages textuels concrets des traités étayent la thèse de Richli selon laquelle la Suisse n'a pratiquement aucune initiative en matière de nouveaux actes juridiques ? Ses interprétations sont-elles partagées par d'autres juristes constitutionnalistes ?

  2. Conflits d'intérêts : Quelles incitations politiques ou institutionnelles le Conseil fédéral a-t-il pour présenter les traités de manière flatteuse dans les « vidéos explicatives » ? Les vidéos ont-elles été soumises à un contrôle de qualité interne ?

  3. Causalité/Alternatives : Peut-on démontrer empiriquement que les arbitres suisses dans les tribunaux arbitraux de l'UE ont auparavant plutôt poursuivi les intérêts de l'UE ? Y a-t-il des exemples d'autres pays qui soutiennent cette préoccupation ?

  4. Faisabilité/Effets secondaires : Comment l'exigence d'une double majorité pour les accords se déroulerait-elle en pratique ? Quels scénarios émergeraient si le peuple ou les cantons rejetaient les accords ?

  5. Risque de matérialisation : Richli a-t-il esquissé des scénarios concrets dans lesquels les actes juridiques de l'UE pourraient effectivement mener à des collisions insurmontables avec le droit suisse ?

  6. Effet de levier de la recherche : Quels mécanismes de sanction concrets l'UE pourrait-elle utiliser si la Suisse était exclue des programmes Horizon pour exercer une pression politique ?


Répertoire des sources

Source primaire : Katharina Fontana: « Avis sur les traités avec l'UE : le Conseil fédéral « minimise » les conséquences » – Neue Zürcher Zeitung, 09.04.2026 https://www.nzz.ch/schweiz/gutachten-zu-den-eu-vertraegen-der-bundesrat-verniedlicht-die-folgen-ld.1932937

Statut de vérification : ✓ 09.04.2026


Ce texte a été élaboré avec l'aide d'un modèle d'IA. Responsabilité éditoriale : clarus.news | Vérification des faits : 09.04.2026