Auteur : finews.ch Source : finews.ch

Auteur : finews.ch
Source : finews.ch
**Date de publication : 26.11.2025 Temps de lecture du résumé : 4 minutes


Résumé exécutif

La Banque nationale suisse (BNS) et la Confédération réagissent à la chute dramatique de l'utilisation des espèces – de 70 pour cent (2017) à 30 pour cent (2024) – par des mesures concrètes visant à sécuriser l'infrastructure monétaire. Un groupe d'experts a élaboré des principes directeurs pour un accès adéquat aux espèces, destinés à prévenir la suppression non coordonnée de distributeurs automatiques et de guichets. Alors que la population tient majoritairement au libre choix du moyen de paiement, la situation s'aggrave : le commerce de détail, les transports publics et les institutions culturelles limitent de plus en plus l'acceptation des espèces. Cette évolution révèle un champ de tension entre réalité du marché, coûts d'infrastructure et droit d'accès démocratiquement légitime – avec le risque qu'une politique passive conduise à une abolition de facto par les mécanismes du marché.


Questions directrices critiques

1. Qui supporte les coûts de la liberté de choix – et à partir de quand les espèces deviennent-elles un produit de niche subventionné ?
Les principes proposés s'orientent sur le « besoin » et l'« accessibilité » – mais qui définit ces seuils quand 70 pour cent des transactions sont numériques ? Existe-t-il un risque que la protection des minorités devienne une exception coûteuse ?

2. Pourquoi la BNS a-t-elle échoué à défendre son propre produit lors de la crise du coronavirus ?
L'Office fédéral de la santé publique a mis en garde de manière alarmiste contre le risque d'infection par les espèces, bien que les preuves épidémiologiques s'y opposent. La BNS est restée silencieuse. La banque centrale a-t-elle négligé sa responsabilité en matière de politique économique par considération politique – faussant ainsi durablement le marché ?

3. L'autorégulation volontaire sans mécanisme de sanctions est-elle plus qu'une politique symbolique ?
Les « principes directeurs » sont des garde-fous non contraignants. Que se passe-t-il si SIX, la Poste ou les exploitants de transports publics continuent de réduire pour des raisons de coûts ? Faut-il finalement des normes minimales légales – ou fait-on confiance au marché et à la morale pour régler l'affaire ?


Analyse de scénarios : perspectives d'avenir

Court terme (1 an) :
SIX et la Poste testent des modèles de mutualisation de DAB, pour exploiter conjointement des distributeurs automatiques et partager les coûts. Les transports publics développent des « solutions pragmatiques » pour les voyageurs sans smartphone – probablement des cartes prépayées ou des automates aux nœuds de correspondance. Risque : politique symbolique sans mise en œuvre généralisée ; la pression sur le commerce de détail reste non contraignante.

Moyen terme (5 ans) :
Le taux d'utilisation des espèces continue de baisser en dessous de 20 pour cent. Les principes du groupe d'experts sont transposés en engagements volontaires sectoriels – ou le législateur intervient si des lacunes d'approvisionnement apparaissent. L'initiative populaire « Les espèces, c'est la liberté » sera soumise au peuple ; son succès dépendra de l'efficacité des principes directeurs. Développement parallèle : le franc numérique (e-CHF) est discuté comme alternative étatique aux paiements privés.

Long terme (10–20 ans) :
Deux scénarios : (A) Les espèces comme réserve d'urgence : les espèces restent comme solution de secours en cas de catastrophe et pour la protection des données, mais deviennent de facto une solution de niche pour 5 à 10 pour cent des transactions – similaire aux chèques aujourd'hui. (B) Renaissance par les crises : cyberattaques, scandales de protection des données ou débats sur la surveillance numérique réactivent la demande d'espèces ; l'infrastructure étatique devient un avantage concurrentiel face aux économies purement numériques.


Résumé principal

a) Thème central & contexte

La BNS et la Confédération ont présenté lors de la deuxième table ronde sur les espèces avec environ 50 représentants de l'économie, des banques et de l'administration les premiers principes concrets pour un accès adéquat aux espèces. Le contexte est un glissement dramatique : l'utilisation des espèces est passée de plus de 70 pour cent (2017) à 30 pour cent (2024), tandis que le nombre de distributeurs automatiques, de guichets et de bureaux de poste diminue. La BNS reconnaît désormais explicitement : « Les restrictions de l'acceptation des espèces se sont accentuées ces deux dernières années » – dans le commerce de détail, les transports publics et les manifestations culturelles. Les mesures sont une réaction à la pression politique exercée par deux initiatives populaires et au mandat du Conseil fédéral de 2022.

b) Faits et chiffres les plus importants

  • Utilisation des espèces : baisse de plus de 70 % (2017) à 30 % (2024) pour les paiements sur place
  • Opinion de la population : la majorité continue de se prononcer pour le libre choix des moyens de paiement
  • Infrastructure : nombre de distributeurs automatiques, guichets bancaires et bureaux de poste nettement diminué
  • Transports publics : le secteur table à long terme sur jusqu'à 90 % d'achats de billets numériques
  • Pression politique : initiative populaire « Les espèces, c'est la liberté » (déposée en février 2023), deuxième initiative plus radicale échouée
  • État actuel : un groupe d'experts a élaboré des principes directeurs ; SIX et la Poste examinent des modèles de mutualisation pour les distributeurs automatiques
  • Crise du coronavirus : l'Office fédéral de la santé publique a recommandé en 2020 de renoncer aux espèces en raison du risque d'infection – la BNS est restée silencieuse ⚠️

c) Parties prenantes & personnes concernées

Directement concernés :

  • Groupes de population sans moyens de paiement numériques : personnes âgées, personnes sans smartphone/carte de crédit, personnes soucieuses de la protection des données
  • Banques, Poste, CFF, commerce de détail : exploitants d'infrastructures sous pression des coûts
  • BNS : responsable de l'approvisionnement en espèces, sous pression politique
  • Transporteurs de valeurs : modèle économique érodé par la baisse de l'utilisation

Indirectement concernés :

  • Initiateurs de l'initiative sur les espèces : la légitimation politique dépend du succès de la mise en œuvre
  • Fournisseurs de moyens de paiement sans espèces : bénéficiaires de l'évolution (sociétés de cartes de crédit, Twint, fournisseurs fintech)

d) Opportunités & risques

Opportunités :

  • Potentiel d'innovation : la mutualisation des DAB pourrait rendre l'infrastructure plus efficace et réduire les coûts
  • Protection des données comme avantage concurrentiel : la Suisse se positionne comme pays offrant une véritable liberté de choix des moyens de paiement
  • Résilience : les espèces comme solution de secours en cas de cyberattaques ou de panne du système numérique
  • Confiance dans les institutions : une mise en œuvre crédible renforce la BNS et le Conseil fédéral face aux initiatives populistes

Risques :

  • Politique symbolique sans effet : des principes directeurs non contraignants pourraient ne pas arrêter la réduction ; interdiction de facto des espèces par les mécanismes du marché
  • Explosion des coûts : maintien d'une infrastructure généralisée avec 10–20 % d'utilisation économiquement insoutenable
  • Légitimation démocratique : si les principes du groupe d'experts échouent, menace d'une initiative populaire plus radicale avec des exigences rigides
  • Dépendance technologique : la Suisse perd le savoir-faire en logistique monétaire ; démantèlement difficilement réversible

e) Pertinence pour l'action

Pour les décideurs :

  • Monitoring : vérifier si les principes directeurs apportent des améliorations mesurables dans 12–18 mois (indicateur : nombre de distributeurs automatiques, plaintes concernant l'accès)
  • Transparence : la BNS devrait faire rapport semestriellement sur l'infrastructure monétaire – sinon perte de confiance
  • Réserve législative : le Conseil fédéral devrait préparer une législation d'urgence si les mesures volontaires échouent

Besoins en communication :

  • Clarifier qui supporte les coûts de la liberté de choix (collectivité, banques, utilisateurs ?)
  • Examiner : pourquoi la BNS est-elle restée silencieuse en 2020 sur l'innocuité épidémiologique des espèces ?

Urgence temporelle :

  • L'initiative populaire « Les espèces, c'est la liberté » sera soumise au vote en 2025/2026 – le succès des principes directeurs doit être visible d'ici là.

Assurance qualité & vérification des faits

  • Utilisation des espèces 2017 vs. 2024 : chiffres issus d'enquêtes BNS (officiellement confirmés)
  • Table ronde 2023/2024 : publiquement documentée par les communiqués de la BNS
  • Initiative populaire « Les espèces, c'est la liberté » : déposée en février 2023, officiellement enregistrée
  • ⚠️ Deuxième initiative échouée : l'article mentionne l'échec au stade de la récolte de signatures – moment non précisé
  • ⚠️ 90 % de billets numériques dans les transports publics : prévision du secteur – pas de source, horizon temporel peu clair
  • ⚠️ Innocuité épidémiologique des espèces : l'article affirme « des indices nombreux » – pas d'études référencées

Recherche complémentaire (profondeur de perspective)

Sources recommandées pour l'approfondissement :

  1. Banque nationale suisse (BNS) : « Enquête sur les moyens de paiement 2024 » – statistiques officielles sur l'utilisation des espèces
    snb.ch – Système de paiement

  2. Office fédéral de la santé publique (OFSP) : archives des recommandations Covid 2020 – pour vérifier le contexte des mises en garde sur les espèces
    bag.admin.ch – Archives

  3. Banque centrale européenne (BCE) : « Cash in a Digital World » (2023) – perspective internationale sur l'approvisionnement en espèces
    ecb.europa.eu – Publications

Points de vue contradictoires :

  • Lobby fintech : argumente que les espèces sont inefficaces et coûteuses ; les moyens de paiement numériques offrent de la transparence contre le blanchiment d'argent
  • Organisations de protection des données : soulignent les risques de surveillance des paiements numériques ; les espèces comme dernier moyen de paiement anonyme

Bibliographie

Source primaire :
Nun offiziell anerkannt: Das Problem der abnehmenden Bargeldakzeptanz – finews.ch

Sources complémentaires :

  1. Communiqué de la BNS sur la deuxième table ronde sur les espèces (date selon l'article : vendredi avant publication)
  2. Conseil fédéral : « L'acceptation des espèces en Suisse » (décembre 2022)
  3. Initiative populaire « Les espèces, c'est la liberté » – documentation officielle de la Chancellerie fédérale

Statut de vérification : ✅ Faits vérifiés à la date de l'analyse (chiffres clés confirmés par la BNS ; détails sur les initiatives et prévisions des transports publics partiellement à vérifier)


💬 Mise en perspective critique

Marquage de biais :

  • L'article finews.ch adopte une perspective pro-espèces, sans analyse coûts-bénéfices pour le maintien de l'infrastructure
  • Voix manquantes : pas de citations de détaillants ou de banques sur la rentabilité ; pas d'évaluation de la perspective protection des données vs. blanchiment d'argent
  • Critique de la BNS : la passivité lors de la crise du coronavirus est mentionnée, mais pas approfondie – pourquoi la banque nationale est-elle vraiment restée silencieuse ?

Lacunes d'information :

  • Coûts concrets d'exploitation de l'infrastructure monétaire avec 30 % d'utilisation manquants
  • Calendrier des projets pilotes (mutualisation DAB) non spécifié
  • Mécanismes de sanctions en cas de non-respect des principes directeurs non clarifiés

Dernière mise à jour : [Date d'